à lire ... poèmes, textes ... EN Y REFLECHISSANT, LES MOTS NE SONT-ILS PAS DES NOTES ? TIENS, TIENS ... °°°°°°CLUB LECTURE°°°°°°

samedi, 20 juin 2009

Il te regarde

Picture 14.jpgIl te regarde, pas très sûr,
De la glace coule sur son corps,
Où devant tes yeux qui voient son corps,
Sous le voile, magique,
Tu devines ce qu’il dirait s’il te voyait.

Déjà, il regarde ailleurs.
Déjà il ne t’a pas vu, encore,
Il doit être sûr que tu n’existes pas,
Un jour il écrira que tu n’existes pas,
Il mettra en bas de la page qu’il faudrait t’inventer.

Il s’imagine des choses à mille lieux,
Il ne peut pas mieux t’ignorer,
Déjà, la défaite, apprivoisée, murmure,
Tu ne peux plus regarder ce soleil,
Même ces mains, quand tu le regarde de biais te font du mal,
Ces mains te battent jusqu’aux larmes invisibles.

Tu es invisible, et c’est ton drame,
C’est peut-être ton seul lien à lui,
Il consent à tes silences,
Il s’approche maintenant doucement de la table,
Il est au comble de ce qui pourrait briser ton silence,
Et c’est toujours trop court, il passe,
Demain, encore, à seize heures,
Tu viendras peut-être.

Il est toujours trop loin,
Il est toujours trop court,
Il sourit toujours,
Il s’échappe pour le demain,
C’est ta définition de l’amour,
Il, toujours dommage, encore,
Il, comme un port, toi, un bateau.

ML

vendredi, 19 juin 2009

Bzzz

DSC02061.JPGJuste un petit peu, encore, à se dire juste un peu n'importe quoi. Comme si le but n'existait plus. Les, petits mots, se collent encore sur ma bouche. Ne décollent pas, ce qui est beau c'est bien leurs inutilités.

Juste un moment mièvre, instantané, bon à téléviser. Petite parodie de nous même, reste à porter aux vents ce qui nous reste de solitude. Me reste t-il seulement un gramme de suffisance aux vents mouillés ?

Les vents veillent, s'essouflent, peut-être...

A y croire encore un peu, je dirais. Je dirais, même seul, même si tu n'existais pas, que les soleils sont mauves, amères mais piquants à êtres touchés. Ils nous suent, entêtent se pâment encore et encore.

Quand ils laissent place à la nuit, un jour. Elle s'étire de tous son long, comme toi finalement; glisse doucement sur la chaleur pour devenir chaleur à son tour, comme toi. S'insinuer à nos corps, lentement puis rapide et encore et encore jusqu'à la nuit totale. Comme nous. 

ml

lundi, 25 août 2008

Canular mortel

Il était là posé sur le petit bureau en bois, là sur la terrasse. Ce à quoi se résume un été. Ce qui allait se passer entre ces lignes. La chaleur était moite, comme l'était les pins épicéas, comme je l'étais moi-même exténué du soleil qui n'arrêtait pas de pousser. Il soupirait jusque dans la nuit.

Le "canular mortel", acheté tout exprès pour se faire caresser par l'été. Tout un programme, la maison faite de pierres de taille, le silence continue des vagues qui viennent se casser. Tout commençait à la page trois...

vendredi, 01 août 2008

Revenir

Ecrire à nouveau il le faut.

Bientôt... 

jeudi, 17 juillet 2008

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre X


 

Chère Maman,

Je vous écris sûrement pour la première fois selon les termes du contrat. La mer est belle, la solitude est un plaisir qui me convainc tant et plus chaque jour. Parfois je me repais du silence comme s’il était encore plus plaisant que le doux bruit du babil de moi suçotant votre sein. A la bonne heure ! Sont-ce souvenirs bien lointains déjà. Je m’en souviens ou je ne m’en souviens pas, peu importe, il m’est à chaque fois comme un retour dans la lessiveuse matricielle quand j’observe la scène de la mère à l’enfant. Où il est question de machine à laver. D’aucuns et d’autres diront que ça est obscène, j’y vois là peut-être un Seurat de mauvaise facture, couleurs pâles et passées, la mère et l’enfant, dada, dada, hue ! Le nec plus ultra de ce que l’on pourrait appeler la petite, tranquille et fade saveur qui fait le sel de notre existence. Arrêtons-là avec ces souvenirs de couche. A quoi bon mâchonner des images. Je ressasse comme si j’étais sur le pot. Et puis ce style avachi. Quoi d’autre ? Je sors, je rentre, parfois je m’étale un peu de tout mon long morbide et flasque sur le sol pour en sentir la raideur, quelque chose qui n’existerait pas plus, le sol, simple et posé, quatrième étage porte de gauche, un gisant regarde le plafond les yeux débiles et rieurs. Une petite méduse ou un Munch. Epuisette. Que celui qui a inventé les murs repose en paix comme je roule ma tête sur sa bosse de la gauche vers la droite en me demandant pourquoi elle n’est pas plus ronde. Avec l’effet de ressac, ma tête serait comme un bac à sable. Qu’est-ce que ça veut dire marcher sur la tête ? Peut-être finira-t-elle par se polir contre le bois du parquet ; c’est tout ce que je me souhaite en ce jour béni de fascination adolescente du rien.

 

Les journées sont longues, souvent rythmées par des bancs et des rives que je m’imagine histoire de penser au dehors. Je n’ai pas dit qu’il était question de barque, passez-moi vos conneries lacaniennes. Il m’arrive de ne pas très bien comprendre ou tout cela voudrait en venir. Mais ça vient, ça vient, ça tourne. J’ai mis un miroir en face de la fenêtre pour ne plus avoir à pencher la tête vers le modèle original. C’est une sorte de rétroviseur dans ma voiture rocambolesque, parfois je caresse plutôt l’idée que c’est un bateau, beaucoup de transport, locomotive et tête dans le guidon du plaisir de ne pas nous déplacer. Voilà que je double mon énonciation, sûrement suis-si vaste par ces instants que je me croirais multiple. Ca va, la cuistrerie de toutes ces références policées, ça flatte votre ego de professeur à la petite semaine. J’espère que vous comprenez de quoi je veux parler. Le gouffre, ah oui. Pas tellement non : je me félicite de n’avoir jamais eu de période faste en la matière. Il devient tant et plus facile de s’en passer de ce même fait : j’habite des lieux qui en sont dépourvus. Autre chose : il faudrait changer l’ampoule. Oui da, je cherche à vous distraire, tromper l’attente du spectateur en dépit de la faible teneur de ces informations. C’est-à-dire dans quels draps je m’embarrasse. Je me prends pour un seigneur, comme quand on me déguisait en César pour certaines occasions. Drapé tel un Bachir, l’épée à la main, ergo sum animal post nihil nostrum triste. Vous sentez que ça colle aux parois un peu ? La pensée circonvolutoire rend les choses assez compliquées. C’est un peu l’effet de la paraffine sur mes tempes ou quelque chose de cet ordre. Je cherche un détail qui viendrait asserter le caractère informatif et bienveillant de ma lettre qui se doit de renouveler notre amitié. Les dents, c’est ça, les dents. Je mords la vie sûrement en des soirs au couchant : ceci m’est tout droit venu de notre petite âme slave. La bonne blague. Vous allez me faire le coup des datchas et de la petite eau. J’ai quelques doutes quant à l’influence des peuples décadents par transfusion borderline. Sur le mélange des couleurs il y a le sang bleu ou le russe blanc, quoique je préfère m’en tenir à la boisson. Je voudrais tant que vous me pardonniez pour tout ça, mais je sais bien que vous ne pouvez pas. Aimer quelqu’un plus que soi-même. Ca vous rappelle à la raison, pas vrai ? Mes hommages.

 Elsa O. - 2008

dimanche, 13 juillet 2008

Complot, comptines et autres sauts d'été

Tous s'égare et on craint bientôt de ne plus rien y comprendre. S. Royal, la si bien nommée,  se sent traquée par des forces occultes. Oui c'est bien un cambriolage, hich politic cooomplot. A peine croyable, on s'attendrait presque à entendre Raffarin parler anglais ou VGE nous faire une petite leçon de choses. Pendant ce temps là à l'Elysée nul n'est question de complot mais de petit sourdine. Carla et sa came, Carla orpheline d'une tournée qui sans avoir lieu fait pourtant tant parler. Tapie revient à ses milliards (non à ses millions, il faut bien re-commencer par quelques chose).

Tout ça sent bien l'été, tout est ivres, les trente-cinq heures font des bulles avant de se transformer en pure eau plate. Le 12 juillet 2008 est officiellement devenu un souvenir et Bachar aime bien finalement Paris.

On regrettera peut-être Marc ô, Ruquier ou plus consensuellement PPD, mais que voulez-vous tous va trop vite tout passe trop vite... Les manifs n'interressent plus personne !!! Bref c'est le bordel silencieux à la française, une seule question se pose alors : Pastis ou Ricard ?

jeudi, 10 juillet 2008

Anthologie des correspondances névrotiques Chapitre VII

Cher Lucilius,

 

Il semblerait que je n’écrive à personne d’autre ces temps-ci qu’à moi-même. Plus la force de parler ou de rire à vos blagues, mon petit moi intrinsèque qui me dégoûte cette fois et tant d’autres plus que d’habitude. Mécréants sommes nous. J’aurais voulu faire l’éloge de ces quelques fois si doux où nous fumes descendus dans les profondeurs de nos âmes intérieures. Je me traîne ça et là comme un marasme délicat, champagne et vodka, vins succédanés nous égarent tant de fois. Il avait semblé ce soir-là qu’il existât des âmes fortes, esclaves ou mortes. Elle faisait sûrement la poésie plus en parlant tellement elle ne voulait pas l’écrire. Les faiblesses elle savait les écrire le mieux. Des faiblesses qui vous gagnent, des angoisses qui vous mangent comme un suc. On aurait presque vécu avec ce cher Woody parfois, quand on se racontait avec délectation nos délires nocturnes et défenestrés. In that dream, you know, suddenly there was smoke in the washing machine and I felt myself losing my head over and over again like a plastic ball dismantling over and over against broken dishes, I mean, really losing it, you know ?

 

De ces soirs où je ne murmurerai rien à personne. Qu’on me demande de me taire. C’est ma tête qui vous revient pas sûrement c’est ça. On me l’a déjà dit en entretien d’embauche. Bonne frimousse, loin, longue alléchante et fine, c’est ça. Pas d’ennuis, pas de problèmes et surtout jamais de soucis. Les larmes vous font horreur, la vue du tremblement d’une lèvre inférieure vous angoisse plus que si c’était la vôtre. Quelle faiblesse ! Il aurait fallu tuer en l’homme pour qu’il ne soit pas juste tripes et boyaux congruents en décomposition qui pleure chie et se morfond sur son triste sort. Maîtrisez-vous deux minutes. C’est pour la décence. La grandeur de l’homme et de la femme ne vaut que pour sa misère, on s’en souvient trop peu. Il me vient à l’esprit quand je comprends cette désaffection soudaine pour l’empreinte moindre de sentiment que c’est peut-être ça qui nous relie, ça entre vous et moi. Chacun décide de son malheur comme il l’entend, peut-être ils auraient eu le droit de s’asseoir à leur propre fenêtre, boire et fumer, manger si mal et baiser sans envie pour ne pas en dormir par suite. Etre imparfait qui vous soulage en rien, ne pas y être à temps, rater la messe et se disputer avec son analyste. Deux petites minutes. Je me contrôle, c’est par écrit, ça ne salit rien dans votre estime, écoutez-moi encore un peu. Je disais que c’est bien compliqué là ; la propreté et l’indigence ou l’indulgence, bref des histoires de qualités à prendre ou à laisser. Bon, je m’égare. C’est aussi le problème quand on essaie de mettre à l’horizontale une pensée ronde et charnue. J’ai le même ennui avec de délicieuses demoiselles, cela posé. N’y voyez là aucune goujaterie, ce sont encore bien des choses de la vie. Comme une odeur qu’on aurait laissé sortir. Taquin, va.

 

Peut-être je serai resté encore des heures à me bouffir de larmes en attendant l’ascenseur, gênant mais si peu finalement, de vous savoir intraitable. Ou alors ce sentiment doux de procrastination qui aurait permis de résoudre les marches d’escalier entre moi et mon petit walter ego de devoir être. Sais pas. Ca vous semble bête, pas vrai ? J’étais juste en train de rédiger quelques notes pour ce devoir-être imparfait qui me fait défaut. C’est idiot de manquer son existence de si peu, comme le train, vous me suivez ? Si on part de là, Freud et la symbolique des trains vaudrait d’être revue sous d’autres cosmogonies. Voilà que j’ai encore perdu mon idée. Vous voyez, ce serait pourtant pas compliqué vous et moi et un petit jeu de cartes à la terrasse d’une station balnéaire un peu zone, on aurait pu surveiller la voiture de loin et finir le Vermouth le sourire en coin en attendant l'orage. Quelque chose de modeste pour faire passer le temps pour les deux êtres égayés que nous sommes. Du moins je l’espère ! Egayés c’est un peu fort de café, j’en conviens. Drôlatiques irait sûrement mieux, à la va-comme-je-te-pousse, un peu clownesques, farfadets tant qu’on y est. Voilà que j’enrobe encore ma pensée d’adjectifs inutiles. Je sens que vous perdez patience. Ca va, ça va, le coin inférieur gauche de votre lèvre tremble sensiblement, mais pas pour les mêmes raisons que moi. Reconnaissez que c’est effrayant, le mécanique plaqué sur du vivant ; pas du tout drôle, n’en déplaise à. Je pense néanmoins que vous n’être pas plus enclin à la survie dans cette blague futile - nos existences – c’est moi qui souligne malgré vos velléités et dispositions pour un destin plus au fait des convenances. Ne vous croyez pas tout permis.

 

Elsa O.

 

mercredi, 09 juillet 2008

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre VIII

 For what it’s worth, Buffalo Springfield - mp3  

                                                          

 Lettre à ma Blonde.

A quelques mètres de la californienne so hot et surtout so cliché, pas loin.

Auprès de ma blonde, celle qui s’en souviendra, la blonde diaphane, pulpeuse ou tout simplement celle qui laisserait sourdre un peu de folie, briser la glace entre deux verres, ma blonde que je voudrais encore plus folle, plus esseulée et dépressive, celle qui trempe un prozac en pousse-café dans son whisky en éclatant de son rire insupportable, celle qui aura su faire voler en éclats ce qui restait de la blonde ficelée au cadre, étouffée par sa triste image de baby doll pré-Marilyn post-péroxydée. Ma blonde glaciale effrontée et brûlante suffoque sous le plastique du linceul vicié, la marque de son lipstick deep red souffreteux bave gentiment au contact de la buée just for fun, elle s’étouffe de plaisir                    end of the trip.

C’est aussi ce que j’ai pensé en revoyant ma blonde préférée, plus hitchockienne que californienne, ma blonde à moi s’appelle un flash photographique comme une épreuve surexposée au babyliss, lapsus d’un œil trop lustré d’avoir halluciné le clair obscur de ses attentes lascives, postures et impostures de my classic, dirty and so convenient blonde, petit nez mutin et pommettes blushées strass, so gorgeous                                     end of the strip

Je voudrais qu’elle se souvienne comment elle est arrivée ici, ma blonde épurée, l’allure défaite et dégingandée, les cernes bistres et le rimmel roulé sous les cils, valise à la main, un mégot fumant entre deux doigts, l’allure et fine et détruite, ma blonde chétive et désaxée, un râle en guise de réponse histoire d’enterrer les pin up and down, elle évase sa démarche volontairement pour n’être plus que dans les à peu près, émaciée et gracile , peau translucide et maladive, son vernis comme une tache de sang constellé, elle, dont le rire grave me rend si pauvre et laid et cruel de n’atteindre pas sa grâce de pétasse indomptée.

Il faisait une chaleur à crever quand elle est arrivée, on était tous là, accoudés à la voiture à tenir les murs, on a entendu ses talons noirs qui crissaient sur le bitume brûlant, on était épatés, même qu’elle est passée sans nous voir, dans un moment d’inconscience, goguenard, j’ai lancé « Light my fire Kelly » alors elle s’est retournée, comme ça, juste ses yeux mais merde, j’avais pas l’air malin, comme qui dirait j’en menais pas large, elle m’a jeté un regard ça voulait dire right here right now, un regard comme ça à un chic type comme moi, j’en aurais pleuré.

Diaphane, la blonde, qu’on se le dise et redise, elle voudra qu’on lui rende ce qu’on lui a volé, lunettes noires et vernis rouge, dents blanches et clefs sur le contact, elle me regarde et piaille de sa voix de ripaille, Honey, what the hell are u doing ? et tout pétri et crétin de fierté sous mon chapeau, Ray ban sur le nez, j’ai pensé : I am such a lucky man.

Elsa O. 2006

jeudi, 12 juin 2008

Dom-dom sous la pluie

11 mai            Ce soir la nuit est morte

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Essai – post scriptum -  de l’ennui du dépit amoureux

La nouvelle est tombée par SMS ou MMS je ne sais plus, je ne sais pas. « Ce soir la nuit est morte ». Première remarque : le message est expédié à 15h22, l’identité, j’ai envie de dire « ton identité » n’est pas masqué.

Aux alentours de 15h00, rien n’existe plus, je crois que c’est ce qu’il faut comprendre. Le téléphone affiche ces six mots. Je passerai un temps fou à les décortiquer. Triste et drôle pour moi-même, je passerai un temps fou à les segmenter comme l’aurai fait, peut-être l’ami Luchini.

15 mai            Chaque fois qu’elle pleure

Où l’on peut dire « un seul être vous manque »

En même temps que les larmes, acryliques, ruissellent. C’est souvent, voir toujours la même chose. J’ai envie que nous soyons nus dans ces moments là. Pas pour nous jeter l’un sur l’autre. Mais j’ai l’impression que nous approcherions le moment de remettre les choses à plat. Je ne suis vraiment qu’un con de mauvais romantique. Chaque fois qu’elle pleure et puis après… Longue, longiligne et belle plante à sa rosée magnifique.

Il arriva que nous pleurions ensemble, mais c’est une autre histoire.

 

15 mai            Huit heure à la fin du jour

Nous partîmes, pas à dix mille, jusqu’au bout de la nuit, mais pas celle de Céline. Juste les yeux rougis de fatigue pour s’endormir un peu plus qu’après huit heure. C’est forcément un jour de soleil, il fait doux, forcément. Rien n’est comme d’habitude, la journée est prise à contre pied. C’est juste comme le matin sans la nuit avant. Ces jours là comme il est facile de te dire « je t’aime »

31 mai            Le mécréant courtois

Je n’ai tout simplement rien dit. Collègues de travail, amis (sauf ceux qui devaient savoir par la force des choses). Je crois qu’au fond il s’agit juste de croire que la situation est temporaire. Il faut être bien urbain pour dire « oui … elle va bien », « nous avons fait … »  et blablabli et blablabla. Je devrais tous raconter et en profiter pour dire, par exemple, à Jean-Paul qu’il m’emmerde. Mais bon je crois encore que rien n’est éternel.

2 juin              Le principe de l’amant

Ready made Sophie Cale, cherchez pour voir.

Grand livre rose. Sophie Cale qui me raconte sous toutes les coutures l’analyse (post-mortem ?) d’une rupture. Je lis le mail qu’elle reçoit de lui pour envoyer à eux et nous faire lire à nous. Là est notre rupture, petite, définitive, bavée sur le tirage de luxe de Sophie C. J’ai bien évidemment envie de prendre des photos mais c’est un peu tard pour des photos de toi. Je décide de communiquer ton SMS (ou MMS) à Sophie C. Un peu tard pour son livre mais bon…

 

3 juin              La lune n’a rien dit

Merci de comprendre que sa présence me manque autant que je pense à son absence et à son ancienne présence. Bref, j’ai du mal à dormir depuis quelque temps. Une certitude s’impose à moi : la lune n’a rien dit.

10 juin                        Le bout du lac

Sortie entre collègues – j’en reviens à l’instant- Chiffres : deux jours, dix-neuf personnes, dix canoës ou kayaks (j’ai jamais sût …) L’idée d’une relation m’excite à nouveau. Je ne peux ignorer le sens de mon corps quand C me parlait à la veillée. Sans la présence de  D dans la tente je crois que j’aurais prolongé la sensation. Superbe deux jours, fraternels, on est léger parfois.

P.S : j’ai dévoilé la vérité, tout le monde déjà au courant, sujet apparemment banal, déçu.

10 juin                        Ne dites plus qu’il vous aime

Où l’on craque comme pour une cigarette

Sauf qu’il n’est pas écrit « rappeler votre ex nuit à votre santé » sur le mobile. Les sonneries me parlent me disent « puisqu’on vous dit que c’est non ». Puis la boite vocale, nouveau message, voie détendue, agréable. Je me surprends à penser « tu ne ferai pas ça pour moi ». Onomatopées type « grou grou », « eemm ». Pas de message. Y a pas à dire qu’en on reprend à fumer on se trouve vraiment con.

22 juin                        La logique des cerises

C’est ton anniversaire aujourd’hui. Je ne pense pas continuellement à toi. Mais bon. Je décide de ne pas t’appeler. Geste sans conséquence, ridicule, n’atteignant même pas le stade du premier battement d’aile du papillon. Il faut bien que j’y pense, ton anniversaire, notre premier baiser aussi. Le jour –un- après l’été. Moi qui suis si cartésien je n’ai jamais été aussi mystique. Je suis sauvé : soirée par hasard, nombreux coups à boire je n’émergerai que le vingt-trois. Ouf.

30 juin                        N’oublie que ton désir

Quand il convient de redevenir un macho, un vrai avec juste une bi..e

Suite de la soirée du vingt-deux, même personne mais avec une lyonnaise en plus. Jamais vécu ça. Elle en veut à mon corps, juste celui-là. Aucun autre ce soir là. Soirée – bar – ivres – chez moi – lyonnaise – chaud et puis s’en va. Je ne met pas plus d’une heure (une fois  que P est partie) à réaliser que je ne suis ni Rocco Siffredi ni Sean Pen.

 14 juillet          Le mot « oublie »

Quand le jour férié s’en mêle. Jour pataugeoire où même la tapisserie des chiottes me fait penser à toi. Idéalisation maximum, spleen maximum avec de surcroît une chaleur … Ok je sors boire un café au soleil, las… Re-ok je me matte un bon film, las, encore. Même Charles Villeneuve et le défilé ne me dérident pas. Attendre pour aller se coucher. Ce mot oublie veut-il dire quelque chose ?

15 juillet          Une nuit sans mon corps

A quatorze juillet pourri, quinze heu c’est fini…

Envie de sexe toute la matinée, même en déjeunant avec les amis. J’ai l’impression que ça se voit, que ma voie transmet cette excitation qui me colle à la peau. Je suis « bête » aujourd’hui. Après le repas une érection ne me lâche pas. Une copine me propose d’aller jouer aux cartes, ok mais il faut se lever, marcher et je suis en bermuda. J’ai envie de lui proposer autre chose… Pour finir je fini dernier et ivre à la contrée.

P.S : je m’endors sans bander

16 juillet          Le dernier verre

Re-soirée carte, on prend les mêmes et on recommence. On dirait bien que c’est Marine cette fois qui est dans en état de manque. J’ai en tout cas cette impression. Longue soirée chez ami ayant grande maison et grand jardin. Rhums arrangés plus cartes égal dernier verre refusé. Au moment ou je met ma clef dans ma serrure je réalise que j’ai laissé filer l’occasion.

20 juillet          La nécessité des corps

Delirium absurdus ecritus

Je me permets de livrer ici ce que je me trouve à écrire vers vingt-deux heures ce 20 juillet. « Je restes à me contempler moi et moi seul ici en ce corps là. J’ai éteint mon téléphone. Honte absolu, je dois bien dire que je me sens seul. Physique et affective, pensées tout à la fois lubriques et affectueuses m’assaillent. J’irais bien à Lacoste ou à Vaison la Romaine voir si du cœur quelqu’un m’attire ou si j’attire quelqu’un. Coincé à la torpeur d’une terrasse elle arrive… »  J’enregistre sur l’ordinateur, s’il s’était agit d’un papier j’aurai déchiré.

23 juillet          Une nuit blanche

Il s’agit d’un petit village à une vingtaine de kilomètres de Dax, dans les Landes. Nous sommes arrivés depuis deux jours. La maison est vaste et le jardin hyper agréable. Soirée féria dans petit village. A l’ancienne, nous nous retrouvons à toute la bande à prendre le petit dej à sept heures du matin. Envie de changer de vie, il fait doux et bon. L’été me fait toujours autant d’effet et l’alcool aussi…

24 juillet         La fin du jour

Ambiance fin de siècle, le jour ne finit pas de venir à bout de moi. Midi tous le monde dort sur les miettes de pins. Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle… Je m’endors en contemplant les fesses de Natacha, à moins que ce ne soit elle qui ne s’endorme en contemplant les miennes. Tiens, tiens …

jeudi, 17 avril 2008

Marguerite.

Tandis qu’il écrit sur sa machine la nuit continue son tour du temps. Les gens doivent dormir tranquille. Chez eux. Ils partagent la pluie qui tombe de plus en plus fort. Drôle de temps pour un rendez-vous. Drôle de temps, drôle d’heure. Un rendez-vous lunaire. Quand il n’a pas rendez-vous avec elle, elle occupe son sommeil.
Il tape toujours sur sa machine que la faible lumière de la petite lampe rend informe. En vérité il attend sur sa petite machine informe que les tympans de ses oreilles entendent grésiller la sonnette. La nuit a fini de s’étendre, à présent elle couve pour faire éclore, dans longtemps, le début du jour. La pluie rend plus tangible son impatience de cette sonnette toujours muette, indicible. Il tape de plus en plus fort sur sa machine informe. Pour tromper cette attente qui peut-être ne s’achèvera jamais. A moins qu’elle  ne vienne, a moins qu’il ne décide à l’explosion du jour, que c’est fini. Des pas raisonnent dans la rue, il est une heure dix à présent et les pas ont raisonnés au maximum il y a déjà quelques secondes. Le temps qu’il perçoive ce paroxysme et ils s’éloignent déjà. Sûrement hâtés par la pluie, dégoûtés par la blancheur morbide de la lune toujours voilée par les nuages.


Une petite troupe de jeune gens prend le relais du silence de la pluie. Leur vacarme est remarquable dans son angoisse de ne jamais entendre cette sonnette cette nuit. Si le bruit se fait entendre il oubliera instantanément la torpeur qu’il ressent. Ces hormones n’attendent plus que cette écorchure dans le silence. La troupe a du s’immobiliser en bas de la rue, ils jurent, s’esclaffent. Ils ignorent le drame auditif qui est en train de se produire. Eux se contentent de leurs sons entourés du bruit de l’eau qui rampe sur les toits, comble les ornières du bitume.
Il les imagine plein de parapluies, protégés et spectateurs du déluge qui entoure son drame.
Deux heures et tout s’est tû, c'est-à-dire que plus rien n’est remarquable que son propre silence. Il ne saurait faire un son qui puisse voiler ce bruit tant attendu.
Tandis qu’une troupe fait de nouveau irruption dans la rue il perçoit entre les gouttelettes de pluie un son plus connu que les autres. Elle déflore par son pas le stress de la sonnette.


Il est deux heures trente et la sonnette retentie. Il reste figé un long moment comme anéanti par le bruit strident. Il faut pourtant qu’il marche jusqu’à l’interphone pour ouvrir la porte. Il faut qu’il se lève pour faire monter Hélène, la pluie danse toujours avec la nuit, elle se joue des toits de la ville. Elle rend sonore ces formes plates et courbées. Il a appuyé sur le bouton d’entrée et ne pense plus qu’à Hélène. L’image d’Hélène l’envahie comme si elle était déjà dans la pièce. Le temps qui le sépare ségmenté par ces quatre étages semble se dissoudre. Il rêve toutes les nuits des seins d’Hélène, les seins d’Hélène son rêve, puis son visage continue son rêve.
Hélène rentre doucement et lui est assit sur une chaise. Elle se penche sur lui et l’embrasse rapidement. Il la serre tout aussi doucement, sent son souffle.
A cinq heure Hélène est partie, la pluie dégouline toujours sur les fenêtres des cours, des rues. Elle tape à ses carreaux et Hélène est partie. Comme sa présence était remarquable, essentielle au silence pluvieux de cette nuit. L’été si orageux remplit le ciel d’éclairs. Bientôt le jour éclatera sous la verrière céleste.
Il peut s’endormir sans Hélène, il l'a fait des tas de fois. Tandis qu’il s’endort le jour perce doucement. La pluie s’est retirée discrètement. Il s’endort un sourire béat, Hélène est venue.

M.L

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dimanche, 23 mars 2008

Pouf

5b5498dc061706d0b390e0ca0958fb6b.jpgPresque touché, encore, pouf tu tombes. Et puis les larmes, dernières les petites filles en fleurs, tombent, pouf ... voilà. Un aurevoir doux, plus sec encore que l'amer. A se revoir encore, pour se dire que même « à quoi bon » ne rime plus.

Le soir. La nuit est tombée. Raide. A vomir comme il s'est écroulé ce jour la sur cette nuit la. J'entend encore nos rires tombés à la marre et plus loin encore ce soleil qui crisse. S'étire, n'arrête plus jamais de s'étirer. Il croît comme s'il allait s'évanouir à tous jamais. Eternelle reculade pour ne jamais sauter. La nuit pas claire et moi qui rêve de ce soleil, encore un peu sublime. Juste endiablés les cris d'avant que l'ont ne chutent. Pouf.

 

Aller voir la mer. Seule solution, pousse un peu contre le tue l'amour. Désir secret de moi qui tombe dans l'hytpnotique ressac, dormir à jamais ou ne plus jamais dormir. Encore ces rêves d' « à quoi bon ». Ont les auraient fait rire nous deux, là, sur cette plage. Ont auraient piaffés. Faient rire encore, pour montrer rien. Pouf.

 

La mer n'a rien dit comme si je n'avais rien à dire, rien à voir avec elle. Rien de ce que j'aurais pù amener n'aurai pû se conjuguer à elle. Mortels ressacs. Eaux sombres. Se punir pour demain la maudire, laisser passer la mer. Flop.

 

Ecrire, j'aurai pû, mais comment aurai-je pû savoir. La mer n'a rien dit, je n'ai rien à écrire.

 

vendredi, 04 janvier 2008

deuxmilluix

d7107e68669ea27237be83960e8be30c.jpgAmis de la poésie, de l’autodérision, de la charcuterie et du saucisson,

 

Bonjour,

Je vous souhaite à tous une année sans hic même si 2008 s’annonce (dans un accès lyrique et sur un air « Borique » )
l’année :

De la pensée unique

Et de l’esprit inique,

Des fumeurs hystériques

Et des opportuniques,

 

De la graisse dans le moteur

De tous les promoteurs

Et des contrats joufflus

Pour quelques corrompus

  

De la carlabrunique

Et son amant toxique,

Du port de la francisque

Et de la rhétorique

(HïenfinHic)

  

Quelques délicatesses

Trois petits tours de fesse

Un ou deux p’tits bonbons

Et emballé l’torchon

 

 

Sans-papiers hygiéniques,

Virés à coups de trique,

Retour sur Air Afrique

Pour un voyage unique !

(Assurancetoutrisque)

 

 

Bienvenue chez les champions

De l’humanisation

Au pays des droits de l’homme

De Gomorrhe et Sodome

 

Celle du règne du fric

Et des apparatchiks

Sous le signe apostolique,

De Saint Bigard d’Utique

(Authentique !)

 

 

Tintin et le colonel

Tintin en Israël

Tintin revient de Chine

Tintin reçoit Poutine

 

 

Univers fantastique

Totalement mirifique

Aux valeurs métalliques

Juridico-éthiques

(Tactictactic)

 

 

Tintin aime les bijoux

C’est un vrai touche à tout

Les yachts et les patrons

Tintin c’est pas Tonton

 

Pendant que nous, lombrics

Travaillons tous au SMIC

Pour gagner quelques briques

Pour une retraite merdique

(T’as qu’à voir Derrick)

 

 

Tintin fait son jogging

Se croyant à Palm Springs

Sourire aux journalistes

Regardez-moi l’artiste

 

 

Pendant que les smicards

Dorment dans leurs placards

Se levant à 5 heures

Pour engraisser « Môssieur »

 

 

Tintin aime la musique

Le ciné et les frites

Et entre quelques tics

Il nous dicte not’conduite

 

 

Bénie par Oncle Dick

Ton pote d’Amérique

L’année sera mythique

Voire pharaonique

 

Amateurs de Kubrick,

Soyez pas nostalgiques,

Restons surtout critiques

Et totalement cyniques

(Crotte de bique)

 

Pour plus de réalisme,

Et d’anticonformisme

Pour moins de paludisme,

Et moins de botulisme

(Santé publique obligsme)

 

 

Cet air fantaisiste,

Un brin surréaliste

Un soupçon subversif

Mais très inoffensif

(Sapristif !)

 

 

Je vous le laisse en bouche

Vous jugerez à la louche

Le talent du conteur

Et du conspirateur.

 

 

Une tourniquette

Pour faire la vinaigrette

Un bel aérateur…

 

 

vendredi, 14 décembre 2007

Enfonce le clou cow boy (pour rappel et bis repetita)

medium_CAB74U5N.jpgNous sommes un matin dans une de nos petites banlieues pourries française. Pourquoi pourrie ? Parce que c’est ici que se tisse l’image de l’insécurité. Là que l’on filme des visages floutés, qui, de leurs voix déformées cris qu’ils niquent la France. Là que, las, brûlent des voitures, les soirs de fièvre. Là que le mythe du petit nombre qui entraine la masse devient une réalité. C’est dans cette vie, qui est aussi celle du quotidien de nos contemporains que le jeune ministre harangue la foule. Il voscifère, propose « 46 emplois » pour ceux qui ont envie de travailler, promet les sanctions les plus lourdes pour les délinquants.
Alors qu’est-ce qui est choquant, que faut-il voir sur ce qui pourrait être la photo de Libération « attendez voir », l’absurdité de celui qui par sa seule présence propose 46 emplois dans une ville qui en demanderait des millliers. Ou bien que la « survie » des habitants harcelés ne puissent être défendu de manière moins spectaculaire. Attendez voir et vous verrez que ce monsieur Sarkozy ne nous renvoie qu’à nos fantasme de Kalahan ou autre inspecteur Harris qui prétendent eux aussi, mais seulement en fiction, qu’ils vont nettoyer la ville. Et oui, n’en déplaise à la volonté du ministre de parler « vrai » certains mots sont choquant et ont une sonorité quelque peu sombres. Le poids des mots n’est pas qu’une aparthé intellectuelle compris par la seule élite. Au karcher le quartier, pourquoi pas, mais avec d’autres mots, sans annonces ni miettes d’emplois.

Surclassés les supers-héros, mis au rebut tous ces attentistes voilà notre nouveau prince urbain à qui pousse des idées comme des champignons. Mais la cité n’est pas une carcasse roulant à vive allure qui pourrait se faire flascher au moindre faux pas. Elle est une somme de logiques, de vies dont certaines font « chier le monde », elle est une somme de toutes les peurs comme dirait l’ami Tom Clancy. Entre l’attentisme sociologique et la démagogie de bazar il n’y a pas à choisir mais à rechercher. On peux tromper une fois mille personnes mais pas mille fois mille personnes…

ml

mercredi, 14 novembre 2007

Perdus dans notre nuit

6a4ee2a8ce1fc8edca4cf47ac954431d.jpgEn avançant dans la nuit, tout devenait érotique. Flou, rubans, douceurs emportées, pas tremblants. Déjà le crépuscule un peu doux, un peu violent. Puis je parvint à te toucher, à effleurer ta peau. C'est à cet instant que tout devint éléctrique. Chaque seconde, un gramme de ouatte parvenir à nous deux, repartir, revenir.

Me jeter dans tes bras, nous sommes partis ailleurs. Le temps reviendra bien un jour...

jeudi, 11 octobre 2007

Un si doux hivers

39f970a01355b293b82f94f23f0598b8.jpgIl s'agissait d'un désert triste. Une sorte de romance jamais achevée. Là où des routes sinueuses se carraissaient sans fin. Certain marchaient, on eu dit même depuis le début. A force ils frôlaient même des points où il semblait que deux chemins puissent se croiser. En attendant ils attendaient encore, passionnés par leur quête, oubliant à jamais comme dans leur paysage que des lignes parallèles ne se croisent jamais.

vendredi, 07 septembre 2007

Registres de langue.

"Je vais vous parler cash Monsieur le président, la glandouille des jeunes en banlieue, c'est fini." Diantre. On n'est pas choqués que quelqu'une s'adresse au président bien nommé de cette manière, faut croire qu'elle sait lui en dire Amara, des choses comme il les comprend. Dans la saison 1, il allait nous débarrasser de toute cette bande de racailles, Comment ? en les passant au kärcher. D'accord.  Paroles assénées entre deux affichettes qu'il aura collées lui-même, "le respect ça change l'école." Et ce n'est pas être irrespectueux des gens que de parler comme cela. Pour sûr, M'sieur l'président. Heureusement que les élèves demandent de l'autorité maintenant, ça oui, ça tombe bien, avec moins de profs sûrement qu'il y en aura plus. Question de principe. A part ça, ça va, il marche Monsieur le président, il marche et il arpente des rues avec son baise-en-ville, il tape le bitume, entouré de ses hommes de main et de ses faire-valoir, les envoyés spécial Sarko, nouveau métier de l'année 2007, on en a plein les yeux, mais que ça donne pas beaucoup de boulot aux gratte-papier, pour ce qui s'y passe. En somme, on espère qu'un président qui respecte autant les gens saura faire respecter sa loi, parce que c'est un homme de loi, oui m'dame, il sait même faire sa loi quand ça l'arrange et poursuivre les voleurs de mobylette du fiston. Peut-être quelqu'un lui expliquera qu'un président élu ne bat plus la campagne. "Faut leur faire voir que tout ne se passe pas à Paris". C'est qu'il nous prendrait pas pour des jambons, s't'homme là en marchant dans les rues, il aura vite fait de mettre Paris en bouteille, le président du petit peuple en goguette, ah ça, pour sûr, on en aura vu des écoles, des commissariats et des agences immobilières. Quand viendra le temps où il se préoccupera de l'économie, pour parler cash, peut-être il marchera sur Wall Street, ou peut-être il finira par marcher sur la tête. En attendant, il faudra leur dire, tout de même, qu'on a beau parler jeune à l'Elysée, parler cash parce que sinon les gens en province y comprennent pas, on parle des gens quand même, et non, bordel, Madame Fadela Amara, même quand on s'adresse à Sarkozy, on n'est pas chez Mémé... on n'est pas chez Mémé.

Elsa F.

lundi, 20 août 2007

Lac amère

b6b0504db2196a88e454616860bf3a59.jpgAlors, comme une revanche amer, toutes les amantes de quitter à l'unisson. Ainsi la mer se retire, encore un peu avant de ne plus entendre leurs pas. Perdre le nous comme dirais l'autre.

Dans le noir au silence glacial, celui où la nuit t'entoure à peine en milliers de souvenirs. Bientôt viendra l'écriture mièvre un peu trop assurée. Glisserons comme sur des lèvres des mots à peine bien écorchés. Celà avant que les mots s'épuisent, juste ou moment où tu aurais eu le ton juste ... je crois.

Ils auraient glissés comme des paupières, suspendus au temps qui courent toujours un peu en eux. Sous l'effluve noir, des papillottes de plume, leur en donner à voir au cas ou, pour ensuite quelque part s'épencher; lac amère qui coule sans ne plus retenir son souffle.

ml

vendredi, 17 août 2007

Rencontre

2004f487f2af3c1220ee977b52353104.jpgLorsqu'elle t'enveloppe. Impuissant au charme, peu de sel. Avance encore, l'air est alors aussi léger que cette eau claire. Pour savoir, plus tard, encore, à se replonger en soit même.

La Mer Noire, est là, doucement irresistible comme une ombre, presque au limite de ta latance. Même, en se penchant un peu, en avancant un peu, pour une seconde ne plus savoir qu'elle est là.

Manifeste doucement en millions de clapotis, s'irrisent à l'infinis sur la mer lasse. Quant soudain le grognement d'un cargo qui va souffler le lisse jusque contre tes jambes. Puis l'on relève la tête, déjà changé, déjà un peu plus tard dans le temps dissous en ondée. La pluie viendra plus tard, juste après que les nuages aient touché l'eau.

Elle, peu de sel, attend encore et toujours, sa rencontre, celle de la pluie, celle de toujours celle de toute sa vie. Reculera ce soir jusqu'à se blottir. Voir toujours au matin comme une tristesse infinie de retour après le rendez-vous : la pluie n'est pas venue.

ml

 

dimanche, 08 juillet 2007

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre I

 

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                         Se jeter nu dans les draps d’une chambre d’ hôtel. Bien vite, surtout. J’ai plongé dedans, ça sentait quelque chose comme la fraîcheur, ça sentait des images qu’on a mis dans ma tête alors que je ne me souviens pas les avoir vécues, le grand drap blanc qui met du temps à retomber, gonflé par l’air pur, inconsumable. De grands draps blancs dans une grande chambre lumineuse, peut-être une tasse de café Grand-Mère vient parasiter le décor mais pour une fois je ne m’en souviens pas. La béatitude, quoi. Voilà bien longtemps que je suis là. Jeté dans les draps de l’hôtel, je sais qu’il ne faut pas attendre. J’ai précisé que je ne voulais pas qu’on sache la nature du lieu ou je me rendais pour la bonne raison que j’ai décidé une fois pour toutes de m’ériger en homme romanesque. Cela de  plus pour ma postérité. Car il faut bien que j’y travaille.  Des gens qui partent tous les jours pour diverses raisons dans des lieux obscurs, d’autres moins. Pas de quoi se jeter contre les murs. Moi je me jette juste dans les draps soyeux d’un hôtel luxueux, ça oui, j’en suis presque gâteux, longtemps j’ai conspué le retour aux choses simples, maintenant je me régale avec des draps vides, j’en bégaye de béatitude, vides et frais c’est ça surtout,  libérés de ta chaleur moite, dieu m’en garde ,bien loin, voilà : c’est comme ça que je voyais les choses. Je folâtre dans des draps quand tout le monde me croit mort, ou pire, échoué sur une plage, marchant seul sous une pluie battante , des questions terribles me crevant le cœur, parti réfléchir. Je ne me lasse pas de cette dernière fantaisie. Car je suis fantasque aussi. J’ai bien joué le drame, je suis un sombre plaisantin, c’est pourquoi ajouté aux draps la jouissance de savoir orchestré mon petit départ comme un chef, j’ai laissé ma trace comme il fallait, là où je ne suis plus on parle encore de moi, voilà qui n’a de cesse de me réjouir. J’adore peaufiner les préparatifs. Je suis un homme du détail. Qu’on s’en souvienne.

         Il pleut dehors, ce qui me procure toujours une sensation  plus agréable, encore une image imprimée qui me fait croire que j’ai toujours adoré ou rêvé d’y être,  me blottir dans les draps avec le spectacle de l’orage, je suis béat comme un toucan, tu m’en diras tant. De toute façon j’ai bien fait de ne pas t’emmener, tu n’aimais rien, jamais,  sauf moi , c’était justement l’ennui. Me voilà content. Tout à l’heure peut-être j’irai boire un verre, ce sera différent enfin, je ne connaîtrais rien, je regarderai la porte qui existe en me disant « une porte »,  tout sera simple , et je me verrai en train d’ouvrir la porte pour savoir ce qu’il y a derrière, je serai vraiment moi, un homme qui ouvre une porte,  une fois, tu te souviens de ça,  petite bécasse. Il me vient parfois quand je te regarde que je suis né fatigué. C’est sinistre ou non plutôt ça me rappelle que je sais pourquoi nous ne vieillirons pas ensemble,  de toute façon tu ne relèves pas la référence , ça c’est sûr, je ne sais pas pourquoi je persiste à faire dans la dentelle pour instiller une once de subtilité dans nos conversations, finalement il n’y a que moi qui y crois, tu ne fais que passer à côté de tout, c’est pire ; en fait le meilleur c’est  encore que tu n’en ai pas conscience. Ca ajoute au comique que je suis . Mon premier credo : Bonheur à l’imbécile, béatitude à l’homme libre. Ca nous résume tous deux, je sais, n’applaudis pas, j’ai toujours été un homme à formules. Un grand homme.

        Aussi je me félicite : voilà qui est heureux. Les draps blancs, mon esprit gâteux qui savoure le moelleux du tissu, je suis enveloppé, je pense que tout à l’heure en allant boire un verre il fera froid, il pleuvra encore, et cela me fait aimer ce drap et cette chaleur  plus que tout. Tu te souviens Elise,  ta manière sournoise de confiner à l’empêchement :  trop tard pour dormir,  trop tôt pour manger,  ma petite tarte.  Je pense à faire un gâteau. Je veillerai bien à engloutir goulûment toute la pâte et à n’en laisser rien surtout, tu n’es pas là pour le faire cuire, de toute façon avec toi tout est trop cuit,  consumé, en fait rien n’a de saveur, tu es comme le saladier du gâteau que je lèche avec échec :  c’est toujours trop peu. Mon petit chou, je t’ai laissé de quoi  te morfondre, je n’en peux plus de rire en imaginant ta tête boursouflée et ton nez retroussé à la lecture de ma lettre. Ta laideur sournoise de femme sèche te va aussi bien au naturel. Surtout je vais veiller à bien faire tout ce dont j’ai envie,  je bénis ce silence et la fraîcheur des draps encore une fois. Qu’il est bon de goûter à ton absence, un vrai délice, une bouffée délirante. Ce soir dans ma chambre je poserai sûrement mes nouveaux effets que j’ai acheté tout à l’heure,   que j’ai mis deux bonnes heures à  choisir pour ma petite personne, brosse à dent et serviette, la couleur, la texture, le bonheur du choix, dépareillés bien sûr . Je n’en pouvais plus de penser à leur utilisation future, ce choix au préalable, je voyais déjà la brosse à dents pastel sur le rebord de l’évier, je suis un homme comblé. Je me fais l’effet à présent d’un hédoniste éclairé. Je crois qu’il faudra un temps d’adaptation, tu sais, je pisserai sagement dans mon bain en pensant à toi, une fois ces diableries faites, peut-être alors je serai de nouveau un homme. Un homme qui assume ses désirs et n’éprouve pas le sentiment épais et amer de n’être plus avant d’avoir été. Surtout ne t’en fais pas, te savoir encore vernie de moisissure m’assure d’avoir  longtemps ce goût dans la bouche,  qu’on en reprendrait bien encore : celui du rescapé. Je ne m’inquiète pas pour toi si c’est cela qui te mortifie le plus,. Ne t’en fais pas. Souviens-toi : Bonheur à l’imbécile, béatitude à l’homme libre. J’aurais voulu trouver quelque chose de plus intelligent à dire pour bien marquer ce qui nous sépare, mais je suis un peu las, ou plutôt non : je n’aime pas offrir ma confiture à un petit cochon comme toi. C’en est trop pour une fois. N’oublie surtout pas de signifier avec ardeur ton désarroi, de porter le deuil aussi, je sais que tu n’y manqueras pas. Car  voilà enfin que viennent poindre mes lettres de noblesse... je suis un bon salaud, ne l’oublie pas.

Elsa O.

mercredi, 13 juin 2007

UN BLOG A LIRE D'URGENCE

 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy remporte la présidentielle. Romain, 29 ans, manifeste sa sa déception. Il est arrêté un pavé à la main. Et condamné à quatre mois de prison ferme. Carnet de bord depuis Fleury-Mérogis.

LIBERATION.FR : mardi 12 juin 2007         J’ai tout fait ici, sauf le mitard

Ça va bientôt faire un mois que je suis dans cette galère. J’ai traversé un peu toutes les phases, sans aller jusqu’au bonheur, faut pas déconner non plus. La garde à vue, c’était pas le plus dur. Peut-être d’être promené avec des menottes pendant trois jours, peut-être la première nuit ici, peut-être la semaine dernière dans un bruit infernal. Mes nerfs ont été mis à rude épreuve. (…)

J’ai un peu tout fait ici, sauf le mitard. J’ai assisté à des bastons entre détenus, entre détenus et surveillants, j’ai vu un psychiatre, un psychologue, j’ai changé trois fois de cellule, j’ai fait des promenades tout seul avec les autres qui me regardent bizarrement (c’est louche un mec à lunettes), j’ai vu des gars échanger du tabac contre du subutex, j’ai entendu deux mecs parler en anglais des opéras de Prokofiev, j’ai filé des cours d’orthographe, j’ai frôlé la fouille anale, j’ai côtoyé des voleurs, des violeurs, des assassins, des dealers au kilo. Y’a de quoi raconter…

Voilà mon expérience de la vie enrichie. La prison m’a permis de remettre les compteurs à zéro et de retrouver en moi celui que j’avais enfumé et qui voulait être journaliste pour fréquenter l’inconnu des autres et leur faire partager, de retrouver peut-être aussi un truc que dans les sixties on appelait «la fureur de vivre». Bref que du positif. Et puis je ne me suis pas effondré parce que je n’ai pas de regret. Je n’ai pas retourné mille fois dans ma tête les causes de mon arrestation avec des «j’aurais dû». Par contre, je ne crois plus en la justice, en l’Etat de droit, et ma conception de la démocratie française s’est complètement cassée la gueule. Je vais sortir plus anar que jamais. Ceux qui voulaient me donner une leçon en seront pour leurs frais. Je suis plus fort qu’eux. Et en même temps, je les remercie de m’avoir réveillé.

Romain

Las suite sur : http://prison.blogs.liberation.fr/romain

samedi, 02 juin 2007

Du verbe partir.

C’estmedium_Zaventemsalle.2.jpg arrivé un matin. Trouver comment partir, faire ses bagages, le choix d’une destination, le sommaire d’une valise. Prendre son sac à son cou, son envie à deux mains, vite, avant que la raison ne revienne, avant l’assaut des formalités du phantasme. Prendre une douche, remplir un sac. Comment ce serait de transférer froidement de petites économies, vers quel billet d’avion se diriger. Se demander à quoi l’on rêve d’abord. La musique devient trop essentielle pour n’être que le souvenir d’un passé révolu. Retrouver une musique qui soit celle du présent, au mieux, remettre quelques images sur la bande. Mentir, fuir, ne rien dire, se créer sa propre blague, qui ne surprendra personne. Il y a bien longtemps que cette image fantasque se balade. Penser aux discussions interminables quant aux vertus du voyage, un naufrage organisé, le trou dans le cv, la fin des cotisations sociales. A celle qui aura su m’y faire rêver d’être quelqu’un d’autre ailleurs, changer de nom et puis le reste. N’être plus qu’un corps nu et écorché, en attente, dans la nécessité.

Peut-être est-ce arrivé un soir, quand la ville encore ne savait plus tourner sous mes pieds. J’essayais de refaire le film de la chienlit urbaine sans n’y voir aucune trace. Les saltimbanques y sont sédentaires, les figures sont sales de connaissance qu’il faudrait savoir se changer. Promener son chien imaginaire, tourner à n’en plus finir dans les mêmes rues et n’en savoir que trop les moindres subtilités. Est-ce encore La Ville , çà et là, où tout m’attend au tournant. Sûrement ai-je aussi pensé à toutes les conneries que l’on dit sur les chemins à prendre ou à laisser, à suivre ou à passer, ce qui berce secrètement tout esprit asphyxié.

Peut-être est-ce arrivé encore plus tôt. Le départ ne devrait exister que sur des malentendus, se faire appeler Jules ou prendre le Pérou. J’ai pensé Caracas pour le nom, pour la chaleur et puis le reste. On finit par se perdre quand on ne sait plus où chercher. J’ai pensé à tous ceux qui partent raisonnablement, ceux qui embrassent sur les quais de gare, ceux qui laissent de quoi les savoir quelque part. Le romantisme anglais m’a rappelé à l’ordre en regardant les arbres battant sous le vent, mon dieu quelle tristesse encore il aurait fallu épuiser. J’ai pensé à tout ce que l’on garde pour soi, aux regrets sitôt acceptés, aux excuses que l’on se profère parfois comme pour soi-même, à la mort. J’ai laissé la clef sous le paillasson, pas la peine de s’embarrasser d’autres formalités, le soleil n’est jamais plus beau qu’un matin où l’on se met en route.

Elsa O.

 

 

Sandaïa DANSE AVEC LA MORT AINSI SOIT LE DARFOUR

medium_images.14.jpgOn cour, du bleu sur du jaune. Le soleil assome toujours un peu plus, un peu plus bas. Des cavaliers, des colonnes de feu. Ils placent du coton dans leurs bouches puis y mettent le feu. Là, déjà, dans leur décor poussé un peu plus dans la misère. Pour qu'au matin s'épende leur sang.

Ton nom Sandaïa, sonne déjà comme une disparition. Sept lettres prémonitoires. Toujours elles s'effacent. Un explorateur. Là-bas en plein désert, belles et larges plaines du Darfour. Massacrés dans les dunes, ont leur arrache le coeur. Solitude blanche, presque lunaire se noie dans l'affligente indiférence.

Ont les brûle, je répête ont leur arrache le coeur.

Sandaïa arrête de courir, pour qu'il puisse laisser son corps pourrir au soleil. Qu'il le laisse lui pourrir au soleil. Ils arriveront trop tard. N'auront qu'un corps mort à brûler. Ils ne seront alors que des charognards.

Sandaïa, avant qu'il pleure, avant que tout ne s'arrête; il était un homme.

ml

mercredi, 30 mai 2007

Travil, civisme mais rien que pour moi

medium_RK31CA8TYE5LCATDIB2FCAKZXGZMCAWZ8BLVCAB1V59VCA7ARAQYCAX56UU4CASYCLJXCA8UZ16ECAGWUC7ICAYABETXCAZUBV2TCAM0JQ2KCAFFKV6LCA2JTULQCAOL7472CAAGUCGDCA2ZD78JCAJDKLUH.jpgIl est des mois où l'on ferait mieux de rester couché, ou de travailler plus ou bien de ...  Sûr qu'en bon républicain je ne peux que me réjouir de la possible embauche d'agents verbalisateurs privés, de la sauvegarde du patrimoine intergénérationnel ou bien encore de la (partielle) defiscalisation des heures supplémentaires. Liste exhaustive des premières orientations pour que vive ou revive la République. L'Etat au secours de la Nation. L'Etat qui va à coup sur réinsuffler un civisme décadant, s'il existe encore. D'ailleurs, autant regrouper le sports, la jeunesse et la santé qui n'ont d'autres buts que de maintenir le citoyen en forme pour qu'il ... puisse accomplir son devoir le ... travail.

Prenons donc les heures supplémentaires partiellement (en fait très partiellement) défiscalisées, et faisons un calcul simple purement théorique. Bon Eric viens ici, tu es donc ouvrier dans une scierie, tu gagnes 9.00 euros brut de l'heure (soit 73 centimes de plus que le SMIG), bien, donc tu vas travailler plus et ce mois scie tu as une heure supplémentaire donc majorée à 25% (soit 1 des 8 premières heures supplémentaires engendrée sur 1 semaine). Je vais donc (et là c'est totalement théorique puisque la plupart des charges ne sont pas réductibles) payer : 11.25. Mais, Eric, ne vas-tu pas m'empêcher d'embaucher puisque ce pauvre chomeur (qui va le rester d'ailleurs) me coûterait lui : 15.12 euros de l'heure (68% de charges). Eric le civisme se perd...

Bon Eric, je te rappelles que les agents privés qui vont verbaliser dans quelques minutes ton véhicule dont le reçu d'horodateur a expiré il y a 2 minutes sont payés à la tache (voir le noble modèle anglais), mais bon, la prochaine fois tu le sauras et tu introduiras : 9.60 (soit 8h à 1.20) avant d'embaucher.

Au fait Eric, tu fais du jogging ??? ...

ml

dimanche, 13 mai 2007

Pour que ne meure ce réveil...

medium_08H7CA7U6AV4CA3RJIA9CA4MQG1ACAY2X67DCA6PW40YCAM17KNOCA00G7CVCADK4QLJCAJQ731GCA12SBD3CAL0BVA9CA2IP0L4CACGDMZSCAPL7LMVCAFH28T8CAH7DMUZCANYRWY1CA8LPI2OCA7EOWZS.jpgD’un pas nonchalant et non pas moins  sur, il creusait l’écart. Encore quelque seconde et tu ne le verrait plus. Alors tout deviendrait vert. Tout deviendrait fixe, surtout le lointain. Presque, encore, le soleil qui tombe sur la mer. Dans la chaleur immense, son corps a maintenant disparu à ton regard. La mer continue à se noyer dans ton regard. La course est si mélancolique. Si proche de ce que peut être ta plus infime solitude. Mécanique, un bras puis l’autre, une jambe, puis l’autre. Ton cerveau qui fait le vide au rythme de ces balanciers. Seule tu l’attend maintenant au détour de ce virage où l’horizon semble plus grand. Personne, rien d’autre que toi, comme déserté par tout ce qui n’est pas la terre ici et maintenant. Le soleil plonge de plus en plus. Magnifique dans sa prochaine disparition. Ces dans ces moments que viennent, furtives, les idées les plus envahissantes. Comment ne pas s’imaginer que là, tu es peut-être la dernière personne vivante sur terre.

C’est bien au détour de ces pensées que tu croises toutes tes solitudes. Puis il y a cette montre, qui t’indique maintenant deux kilomètres et demi. Le tour de cette petite colline qui va te priver pour quelque seconde de la mer protectrice. Elle semble t’empêcher de sombrer dans des pensées trop mélancoliques.

Le corps, le corps premier, tu n’y pense même plus, il a arithmétiquement disparu.  Juste une ballade de solitude. La chaleur ne semble pas s’atténuer avec le coucher du soleil. Ton esprit s’égard en dehors de ton action. Comme si tu ne courrais pas, comme si tu mourais, comme si ce moment était le plus particulier de toute ton existence. Vide de l’effort du sportif dirait l’ami sportif. Rencontre particulière avec soi même pour le non-initié, c’est presque terrifiant, peut-être dangereux. Comme de se découvrir en écrivant des lignes. Qu’il serait bon de se laisser mourir par l’apparition d’un promeneur. Qu’il serait moins excitant mais tellement rassurant de s’arrêter de courir.

Tu sais déjà le spleen qui naît jusqu’à quelques minutes après l’arrêt. Jusqu’à ce que tu découvres que dans ces courses tu savais voir, conclure et agir.

Je crois que je peux dire que c’est bien ce jour là. Ce jour où tu croyais avoir été un peu plus dans la chute de n’être plus qu’une ombre à moi-même que tu as découvert que ce que tu voulais tu le pouvais. A vrai dire il est bien ironique de penser que je t’y est conduite. Parce que je m’étais arrêté croyant reconnaître les voiles sur la mer d’une lointaine connaissance tu as dû revenir d’un coup dans ta réalité.

Tu t’es mise à la course depuis ce jour. Et après aujourd’hui j’aurais juste voulu savoir si tu allais continuer. Les suppliques sont finalement des aspirations simples.

Dès le lendemain, la colline n’était  plus la même. La maison non plus, ni rien du tout. Mon univers devint rétrécit, presque vide. L’abus de nous même n’existe pas. Notre amour n’existe pas.

 

Ensuite il a fallu que tu nous devines, il a fallu que tu voies que tu n’existais pas. Au moins que tu ne t’existais plus. Tu avais oublié, tu t’étais oublié. En soit, et jusqu’à ce que cela te fasse vraiment souffrir. Peux-tu me dire que j’étais dans la violence. As-tu jamais existé ?

 

 

Et puis...

 

 

Et si j'avais été poète, j'aurais écris "et il y a eu la mer". Mais le passé ne valait plus rien, tu n'allais plus t'arrêter de courrir. A la longue, tu t'en étais épuisé de m'aimer bêtement. Tu avais préféré mieux regarder, au moins tu n'avais pas peur du vide. Tu devais m'appeller la falaise, le gouffre, peut-être.

C'est bien à cette époque que tu as commencé à te moquer de moi. Ouvertement, directement. Comme une grande en somme.

 

Tu avais dû courrir, encore. Pour le faire toujours à mes yeux. Tu es devenue insolente en même temps que toujours plus belle. Invivable autant que plus désirable. Tu n'étais plus que superlatif et superlatif à répétition. Tu t'étires encore, jamais moins que ce que l'on peut voir. Comme quand je te regardes, désespérante, autour de la colline.

 

ml 

 

à suivre ...

 

dimanche, 06 mai 2007

A PARTIR DU 16 MAI

5 ANS FERME

 A la une, à la deux, à la trois ...

...

Larmes à gauche

Droite au but ... droite aux putes ?

mais surtout CINQ ANS FERME

Monsieur Loyal

C'était la France

Politique : année zéro

le Tsar'kozy Nicolas 1er

Année Xanax

Haro Génie

Basta' Kozy

samedi, 05 mai 2007

Ombrelles et Larmes à gauche

L'électeur et l'amer 

T'as voulu voir la mer, et t'auras vu la mer,

T'as voulu voir Paris et on a vu Paris,

T'as voulu voir Sedan, et on a vu Sedan.

 Et puis soudain il y aura eu ce dimanche 6 mai, il faisait un temps gris et puis c'était les trente ans de quelqu'une aussi, c'était joli. Sûrement sous la pluie d'été les gens seront allés voter comme pour un enterrement.

 T'as voulu voir Sarko et on a eu Sarko.

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E. F-O.

mercredi, 02 mai 2007

LES UNES DE LUNDI

medium_DDCXCAFUSWP2CALV2R0QCAAMU4HCCAAZ09S0CAG89V0ACAVR067NCARBMH6CCAXXAFI8CATYP03GCAT6JJ47CAAQ2XSJCAPRDKPICA6B931MCAUS1UEZCAQNSROLCAK1D9CUCAM3JTRJCAV6Q9S7CAO5GL63_copie.jpgmedium_sa_copie.jpgTous les jours de nouvelles unes...

dimanche, 29 avril 2007

Absolution mélancolique.

 Un rendez-vous fortuit. Au cours de la journée, l’idée même du rendez-vous reviendrait plusieurs fois pour oublier d’attendre. On ferait une chose et l’autre. Il ferait calme et la chaleur travaillerait au dehors. Elle travaille le ciel et la pierre de l’autre côté, elle travaille les rues et la ville tout entière abasourdie et désertée. La raison fait qu’on la devine de l’intérieur et qu’on ne lui fait pas face. Il y a le silence de la chaleur, plus probablement. Ce qu'elle mortifie, aussi. Quelque chose de palpable. Plus tard alors, l’apéritif aux heures raisonnables où la chaleur se disperse, de ces soleils mourants d’autant plus pourpres et persistants qu’ils ont travaillé la surface, la fraîcheur estivale, une petite terrasse sous le soleil frémissant vient combler la mélancolie.

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D’autres fois il y aurait eu des journées pleines, des journées que l’on traverse sans les laisser nous parvenir, marcher au-delà, parcourir l’espace plus vite qu’il ne passe, ces journées où le soleil aura travaillé sur la peau, échaudé les esprits par le savant mélange de l’eau et des cris, ferveur futile et estivale, le parcours de la distance. il y aurait alors le moment de retour à soi, solitude essentielle d’une douche salvatrice et rituelle pour laver le sel de la peau quand la chaleur décline, un apéritif sur la terrasse parmi les gens lustrés aux yeux brillants, un martini frais et la chaleur encore présente, parfois quelques moments d’absence à regarder le soleil disparaître, sous fond de musique brésilienne, mourir un peu, quand on aura si vite cuit au soleil. Il faudra après avoir mis tant d'espoir au matin  laisser respirer çà et là pour tout ce que, la tristesse, le regret, les remords, l'apaisement après la futilité ?  comme l'expérience après l'innocence, le siècle meurtri, une fois de plus, cela était palpable, tout souffrait l’été maladivement au plus haut.

Elsa O.

vendredi, 20 avril 2007

Mon show sarko ou chaud Sarko

medium_route_de_base.jpgComme un café, bien serré, bien chaud. Trivial à la tribune comme à la parade. Il en parle encore des 15 pages, et il pense sûrement que c'est prémonitoire, dans Marianne.

Il nous amène aux équations impossibles. Ainsi, mettons je suis de gauche et j'ai peur de Sarko, je DOIS voter Bayrou??? Je suis de droite et, j'ai PEUR, je dois voter Bayrou? Je pratique les manifs en rangers mais mes idées ne sont-elles pas mieux défendus par Sarko? (re-peur).

De manière plus simple, les électeurs du dit candidat n'ont-il pas eux mêmes peurs? N'est-ce pas là, le problème, le doute qui ouvre la porte à une insécurité démocratique. Certe, comme le disent nombre de journaux, le français voteur est timoré, il fantasme. Pratique abusivement le principe de précaution lui même pratiqué abusivement dans notre société (pléonoasme?).

Mais au delà du programme, du parti, de l'idéologie il y a bien la personnalité du recquérant. Sans ressasser les "sorties" de Monsieur Sarkosy, on ne peut s'empêcher de penser à quelqu'un: carchër, ministère de l'immigration, gène de la criminalité...

Dans le tableau on peine à voir certains détails, et c'est peut-être ce qui fait le plus peur, des chomeurs, des jeunes désoeuvrés, une politique vers les minorités... Le flou n'est pas artistique, il n'existe pas. La peur, celle de l'inconnue, c'est bien que l'on ne peut s'empêcher de penser que ce qui n'est pas dit n'est pas forcément avouable.

Un café bien serré, pas une noisette, un allongé... Brrr, il est froid maintenant...

mercredi, 04 avril 2007

La suite tous les jours: Croisées... textes pas à pas... le texte grandit un peu plus tous les jours...

Dernier épisode:

Votre dernier épisode est ici, pour l'aventure entière c'est un peu plus bas.

 Comment choisir un psy ? J’ai cherché sur Google mais il n’y a pas de site d'évaluation de psy. Dommage, j’ai peut être trouvé là l’idée du siècle, la future start’up cotée en bourse, je me vois déjà au lancement du site « www.trouvetoutpsy.com », une grosse fête dans une boîte branchée, avec pleins de psy tendances qui me draguent. Je finis le nez dans les pages jaunes, un bon vieux bottin avec du papier sur les genoux. Une femme ou un homme. Le risque de transfert est plus grand avec un homme ? Quoique. J’en sais rien. Parler à une femme sera plus simple peut être. Quoique. J’en sais rien. Merde ! C’est le mot qui me vient. Encore une fois j’ai la sensation d’être une cruche d’un mètre soixante dix avec un annuaire dans les mains. Je n’arrive même pas à trouver un psy, je vais avoir du mal à trouver un avenir. (Elle)

medium_EEEJCAH4RQ71CAS5DKQSCA17CHC8CA71MEHMCAGLA2M9CAJFS1AQCAR2KAURCA52M0WKCAMJXTV8CANEYRLRCAWQFES3CAVJ6LUYCAFTDOWQCA5A21KZCAVSUTT2CALPW0CBCASZ1SZFCA6804B1CAMI4H0R.jpgCe soir je marche dans l’hôtel, peu de clients, ils dorment, tout est silence. J’ai quitté l’accueil pour ma balade nocturne. Il est quatre heures du matin, peut être le moment de la nuit ou le sommeil est le plus fort. Les noctambules s’endorment au son des travailleurs qui se lèvent. Moi je marche dans les couloirs, rien de plus, pour le plaisir. La chambre 29 est occupée par une jeune fille, VRP dans les cosmétiques, belle, intensément. J’écoute sa porte, le silence de son sommeil. Quelques secondes d’imagination, je rentre avec mon passe, j’avance dans le noir jusqu’à son lit, je m’habitue à l’obscurité, je devine sa silhouette sous les draps, je me déshabille, je colle mon corps tiède à son corps chaud, elle m’embrasse, nous faisons l’amour. J’ai toujours mon oreille collée à la porte et je bande. Pauvre fantasme d’un veilleur de nuit. Je retourne à ma place, l’accueil de l’hôtel Marande, il est quatre vingt maintenant. (Lui)

Bon alors c'est quoi qui fait la difference. Il est clair que là j'ai le temps de devenir exceptionnel, crédible, essentiel. Trouver une cible: mon futur boulot. C'est là que je vais dérouler le fil. A ce stade, je suis une petite pelote rouge. Séance d'entrainement, de documentation tous les soirs de boulot. En direct du Marande. Un, connecter ce putain d'ordinateur à internet. Tant pis pour le patron, avec mes restes d'adolecence de piratage je dois bien pouvoir arranger ça. Deux, les rondes nocturnes ne servent à rien. Trois, se masturber devant une porte de chambre d'hôtel n'élève pas la spiritualité. (lui)

 

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DEBUT
Je dis: "Nous ne sommes plus le reflet de nous-même, même nos étreintes fières sont tièdes". Encore un moment. Je susurre: "Le temps nous fera l'outrage de son poids, il est venu perfide, le temps de la renonciation".

Tu dis, calme, douce, presque sensuelle: "Acculées au bord du gouffre tes lèvres sont des poèmes...elles auraient tôt fait d'engloutir le gouffre lui-même". Tu dis, encore: "La passion n'existe t-elle pas que dans son éphémère, nous sommes revenus, nous sommes de l'air."

Je murmure et remurmure doucement: "Asseyons nous ensemble avant la douce chute, prêtons serment d'y aller doucement"

Tu es belle et tu dis: "J'y vais, il faut bien que quelqu'un commence". Tu part, ne te retournes pas, tu dis "Souhaite moi au moins bonne chance!"


Je dis: "Nous sommes beau, bonne chance et à bientôt".

Maintenant tu n’es plus là, proche dedans seulement. Je reste immobile, je pense « où es-tu maintenant ?». Te parler encore, pour que tu m’expliques, pour que tu dises que toi aussi tu ne voulais pas. Mais plus rien.

Alors je me lève. Flou. J’ai n’ai pas envie, même de faire un pas.

Je suis chez moi, dans une ambiance de nausée, la télé vomit, les meubles se recouvrent de vomi, le sol est couvert de morceaux, rien n’y échappe et je suis au milieu, un morceau parmi les autres.

Il me faut du temps, sûrement, beaucoup. De toute façon, je ne vois rien d’autre…

Le téléphone sonne, je suis encore dans mon songe, comme un ange dans cet écoeurement. Bien sur c'était beau, bien sur, encore, le passé ne s'obscurcit pas avec le temps qui passe. Le téléphone crisse, la sonnerie me tire de cette torpeur.

Plus tard. Nous continuons à ne pas marcher ensemble. Ne pas courber l'échine dans l'abîme de la disparition. Tu m'appelles. Je dis: "Méfions nous de ce que nous voulons le bonheur de l'autre, la fièvre se répand surtout par cette fleur la.

Tu dis, intrépide, forte: "Vas-tu bien? Pense comme ces soirs sur la mer qu'il est bon, parfois, de se laisser porter". Tu dis, plus douce, "Il le fallait bien, nous n'avons pas perdu, nous sommes des anges abrutis par le vide de l'autre".

Je dis: "Il faut être fort, parfois, pour appréhender le bien du présent", je bafouille, rougis, sûrement, "A bientôt, nous serons demain la madeleine de l'autre, il faut un long soupire, allons y".

Peut-être pour la première fois nous raccrochons simultanément, il est déjà 16h00, je passe la main au destin.

Plus tard, il n'est qu'à constater que l'histoire s'est partagée, dissoute, peut-être, plus simplement envolée. La mer est toujours là et avec elle les premières chaleurs de Juin. Dans le souffre, la mer paraît plus sereine, presque dangereuse.
Je ne parviens pas à savoir si je viens là pour penser à toi ou pour t'oublier. Au fond je suis comme le ressac que je viens contempler. (lui)

J'ai parfois cette impression de m'adresser à toi quand, je me surprends, à ne pas t'oublier. Il fait chaud, tout va devenir moite puis sec par habitude. Je vais voir ma nouvelle mer, plus loin, par peur de te croiser. Je sais, parfois, que nos pensées se fondent dans le bleu. Un moment de plus en plus rare. La mer fait oublier. (elle)

De nouveau seul. Des mois que je n’ai pas entendu ta voix, je regarde mon téléphone, je vois ce lien vers toi qui m’attire et m’avale. Je me dis « t’appeler pour te dire que peut être… ». Je compose ton numéro comme je l’ai fait si souvent, mais j’ai peur, peur de tes mots qui vont répéter l’absence et le vide, la fin à nouveau. Je reste dans l’instant.

Il faut vivre maintenant, commencer à retrouver la sensibilité du réel. J’ouvre la fenêtre. La rue me regarde, bruyante et vive au pied des immeubles. Un peu d’air et je décide de descendre pour voir. Reprendre les escaliers, l’alibi sportif, ils s’enroulent autour de moi, je pense « la dernière fois que je suis passé là j’étais avec toi, je voyais ton corps aimable descendre », tu disais « nous devrions partir en week-end, deux ou trois jours loin de la ville, pour se changer les idées et fuir un peu la routine ». Je n’ai pas compris, j’ai perdu le nous.

Je sors, la rue m’agresse et me tombe dessus comme je tombe dans elle. Tu vas quitter peu à peu cette réalité, comme tu en seras bien inspiré!

Un peu plus tard. Les chaleurs se font rares ou plus lourdes, ou les deux. La lune croise les nuages. Plus au dessus de nous deux. Je sais à présent où j'habite mais plus où tu habites. Encore un peu pour avoir envie de. Pour faire, peut-être, avec...Les premiers orages ne me rendent pas triste, je cherche... (lui)

L'été gronde déjà et c'est la fin qui n'en finie plus de commencer. La foule folle du sable chaud se dérobe à mon état. Déjà les briques craquent et rien n'a rompu le sort. Trop d'essais peut-être, de distance peut-être. Le froid, trop grand, peut-être. C'est en des soirs d'averse comme celui-ci que mon rêve se patine, avec, sous la dune, du rien et du toi. Hiver à venir rude, doute, doucement, durement. (elle)

Je décide de t’oublier, de ne plus rester dans cet état de manque du passé. La réalité est dans quelques minutes, je vis dans les quelques minutes qui arrivent, pas avant, pas beaucoup après.

Je suis moi sans toi, je veux pisser, face au vent, seul et stupide, sur ce silence et cette distance qui m’accroche encore à toi. Je veux être un être unique, indépendant de ma douleur de t’avoir perdu.

Je me sens fort, invincible, capable de baiser la moitié féminine de l’humanité, les femmes rêvent de moi… désirent mon corps et mon sexe infatigable… Tu n’es qu’un moment insignifiant de ma vie, j’ai été faible mais heureusement tu m’as quitté, merci, merci, encore merci… je suis si bien maintenant…

Je pleure… je compose ton numéro doucement pour que personne ne m’entende… tu décroches.

Je repense en une fraction de seconde à des passages de l'Amant de Duras, de la Maladie de Sachs de Winckler, tu dis: "allo" au milieu de cette brume mélancolique. Je suis ému, très ému, au bord de ne pouvoir te répondre ce pratique "allo". Je dis: "c'est moi". Tu sais, évidemment, déjà que je suis là au bout du fil.

Tu dis: "Je suis contente de t'entendre, tu sais, je suis contente d'entendre ta voix", ton souffle est calme, presque mélodieux, je suis perdu ne sachant pas, ou n'ayant jamais su la raison de mon appel. Au fond je veux surtout savoir que tu existes toujours, que tu as toujours existé. Tu n'es pas un rêve, bel ange au fond de ta voix. Je dis: "je viens un peu aux nouvelles. Comment vas tu espèce de triste méduse silencieuse". Tu ris et je sais maintenant que je ne t'ai pas rêvé, tu n'es pas qu'une tristesse de ma mémoire. Au fond la mer est toujours là et toi tu ris.

Elle est déjà changée, ou un peu, pas trop encore. Juste comme ça, une rainure, frange amère entre elle et moi. Je peux bien renoncer à mon idéal qui, c'est latent, commence à disparaître. Brume silencieuse, presque mate, qui sous le prétexte d'ensevelir mes souvenirs fait office de cape de magicien. Nous parlons beaucoup, et d'humeur joyeuse. Je raccroche tu existes bel et bien mais plus comme je me l'imaginais. (lui)

Tu es surgi du lointain, encore brûlant, prêt à dévaster mes rêves encore naissants. Tu me caresses de toute ta candeur, animal suave et brillant. Encore un peu pour que je plonge en toi, retrouve toute les mers que j'avais oubliées, dénaturées, vidées. Tu me parles doucement et je rêve (magnifique) à ce que nous pourrions nous aimer. A l'aube de raccrocher, je sais qu'il faudra que je t'écrive, que peut-être, un jour, je devrais venir voir au creux de ta bataille. Tout n'est pas fini, peut-être, après de l'eau coulée sous nos ponts peut-être. Je mets de côté pour l'au revoir. Je raccroche. (elle)

Alors, dans l’attirance de la séparation, j’ai envie de toi. J’ai la sensation de ton corps sur le mien, de notre jouissance intime, de ces quelques secondes après le plaisir où tu te collais à moi, petite et tendre, si près.

medium_images.9.jpgLe désir s’installe, lâchement. Partir à la recherche d’une autre toi, d’un autre corps. J’y pense face au mur. Que faire de cette envie de toi, ne pas l’abîmer, ne pas écorcher cette dernière réalité de nous. J’ai mal, mes mains tremblent de ta peau, de ton sexe humide. Je m’en veux de ne pas avoir à chaque instant près de toi collé mon corps au tien, de ne pas avoir suffisamment touché tes mains et léché ta peau. J’ai raté l’évidence de toi, pénible sensation d’avoir oublié qui tu étais, ce que tu envahissais en moi.

Je t’imagine et mon esprit pénètre ce que mon corps ne peut plus faire, j’accouche de ton absence, inexorablement. Comme le temps avance, je t’oublie un peu plus. Ta voix a révélé la présence de ta présence, encore en moi sans que j’en ai conscience. Encore quelques heures de plaisir honteux et tu seras loin, près de mes souvenirs, dissimulée dans le raisonnable de la séparation. T’oublier, t’oublier sans cesse t’oublier, c’est encore trop penser à toi, c’est encore trop vivre avec toi…

J'en ai déjà assez des "permettez mademoiselle", ou encore, "nous nous connaissons si peu". Et pour cause c'est parce que nous nous connaissons si peu que je me permets, monsieur, de vous dire que je vous trouve laid et con, moche et pas drôle. Tout simplement repoussant dans votre corps que l'exercice physique a fini par rendre informe ou trop en forme mais en tous cas inadéquat à mon propos.
J'ai croisé ce contraire de ça, pas toi pourtant. Une autre chose, un nouveau songe. Son image me rend encore plus véhémente face à cette drague que, pourtant, je souhaitais il y a encore quelque temps voir pratiquer sur moi. Voila que je suis prête et que tous cela me répugne, ne me semble bon qu'à tromper une naïve virginale endormie par la découverte de sa non-pudeure.
Ce type sur le marché me va si bien à la place de cela. Je me lève tôt pour faire la veille entre les laitues et les tomates. Le voir encore une fois de plus, un peu plus. (elle)

La nuit est douce, il pleut légèrement. Dans cette banalité romantique je n'ai pas envie de toi. Il est trop tard pour aller chasser, peut-être trop tôt en vérité. A moins qu'une fille m'aperçoive, me surveille, guette, peut-être l'amour en douce. Il ne faut pas tomber dans cette glissade épileptique. Re-exercer son regard, sa sensibilité. D'autre amours me reviennent en tête, passer la tentation de leur téléphoner, de tomber dans le banal affligeant. Le série B, sitcom même pas diffusable, je décide de regarder autour de moi. Il y a au moins une évidence, si prêt peut-être que l'on ose la toucher. Il faudrait que je discute avec Anna.... (lui)

Il est là ce matin, impénétrable mystère de l’homme au panier d’osier. Comme à chaque fois il se promène serein, impérial entre les tomates et les olives. Moi, fillette à l’âge certain je le regarde passer, d’un regard évasif et tremblant. Il passe, je le regarde.
Pourquoi cet homme si peu différent des autres est-il si unique pour moi. Pourquoi je ne ressens plus cette sensation avec toi ; j’ai perdu cet émoi enfantin. Aucune réponse malgré les années et les histoires à la fin certaine.
Pas le temps de réfléchir encore, j’ai envie d’action, de toucher, de mains et d’odeur, rien d’autre, même pas un mot ou deux. Je pense à toi encore, à mon corps avec un autre corps que le tien, à mes mains brusquant un autre sexe que le tien, un autre plaisir que le tien. Je traîne avec plaisir les restes de toi, étrange perversion de l’être. (elle).

J’ouvre les yeux sur un plafond inconnu et bleu. Un mot posé sur l’oreiller au parfum sucré « délicieux, j’espère à bientôt ». Serais-je délicieux ? Moi ? L’homme qui se larve dans le passé depuis des mois ? Moi, qui traîne dans le sillage d’elle (dont le nom m’échappe si peu) ?
Il me faut quelques minutes pour sortir de là. Intransigeant réveil.
La rue m’accompagne, j’ai laissé mon numéro à coté de son mot, rien d’autre, pour voir si je peux encore être plus. Elle m’appellera peut être, je serai désiré, attendu, elle fera des efforts pour moi, choisira une robe en pensant à moi, je deviendrai l’objet de son attente, celui qu’elle désire peut être. Je repense à toi, à la sensation que j'avais de te gêner parfois, d'encombrer ta vie, une sorte de boulet amoureux. Je note, bon titre pour mon futur roman de dépressif post séparation « Le boulet amoureux ». (lui)

Maman m'a invité à manger ce week-end, nous serons mes deux frères et moi au bord de l'eau. Mes belles soeurs seront là, aussi. Je n'ai pas honte de ta non présence mais ton adoption par la famille me rappelera, ce week-end, ta délicatesse superbe, insaisissable. Je crois que c'est cette perspective qui me poussa à composer le numéro de Charlotte, belle fille aux draps bleus. Charlotte eu l'air contente de cet appel, elle m'invita le dimanche
suivant... (lui)

medium_images.7.jpgJ’attends mon inconnu sur une table qui jouxte les cageots de tomates. Pourvu qu'il ne me confonde pas avec ceux-ci. Si j'ai bien regardé c'est bien le seul endroit ou il passe à chaque fois. Je me prépare à l'improvisation, à, peut-être lui renverser mon café chaud sur le pull. Ou bien à lui faire un croche patte. Ca me fait déjà moins peur que devoir l'aborder. Comme s'il faisait partie de ce que j'avais prévu de prendre au marché. Il est un peu mur, c'est vrai, mais bien ferme à la fois. C'est un fruit d'été ça, bien pulpeux et tout. Ce que je peux être poire parfois. Je regrette déjà qu'Eugénie ne m’ait pas accompagnée. Eugénie aurait pu créer l'incident, ou bien, au moins m'encourager à distance. En plus son absence m'autorise à plus de ridicule. La tête frisé se dessine déjà à l'horizon, il est parfaitement reconnaissable sous la grande bâche bleu. Il vient vers moi, comme s'il m'avait reconnu, vu ou senti. C'est une fraise, un demi citron, une orange amer. A quatre pas je me lève, à deux je me baisse, à zéro je remonte ma tête et le renverse. Je lui dit "je ne sais pas ce qui m'a pris", d'ailleurs je ne sais pas ce qui m'a pris. Quand il se relève, avant que l'incident soit clos, et puis plus rien, aujourd'hui, sur ce marché, je lui dit que j'ai envie de boire un café avec lui... (elle)

Repas en famille clos, pas de questions sur toi, sur les raisons de ton départ. Chacun sait en évitant l’apparition de ton souvenir. J’en parlerai plus tard, quand penser à toi ne me touchera plus au fond de moi. J’ouvre la porte de l’appartement. Il y a quelques jours maintenant que toute trace de ta vie ici a disparu. Ca ne change rien, mais ça m’aide à croire que ça va mieux.
J’allume les lumières, toutes, sans exception, un peu de présence musicale, j’allume mon PC et je commence mon premier romain « Le boulet amoureux ».

Chapitre 1

Tu m’as quitté il y a longtemps déjà…
J’efface, trop larmoyant.

Je tente :
Je pense encore à toi…
Non, trop pénible.

Tu es encore là…
Trop adolescent.

Je suis seul…
Trop évident.

Tu te dresses dans mon souvenir…
A chier.

J’écris pour te dire…
Re à chier.

Je reste perplexe devant mon écran, mes mains suspendues devant mon impuissance à traduire l’intérieur de moi par écrit. Noble torture que d’écrire… Deux heures à effacer des mots pour terminer avec une page blanche. Serais-je l’inverse d’un écrivain ?

Il me reste à aller chez Charlotte. Je n’avais pas envie, puis finalement, mes débuts d’écrivain m’incitent à retourner rapidement dans le réel. (lui)

Je suis désolé mais je suis pressé, ma femme m’attend. Puis il me regarde avec un grand sourire et reprend son chemin potager.
Je suis humilié, à l’extérieur et à l’intérieur, tout à l’intérieur, au creux de chacune des molécules de mon corps. Je reste debout, immobile entre les courgettes et les navets, dont je me sens soudain très proche. La sensation d’être Blanche neige réveillée par un nain. Je marche discrètement, peut-être que si je suis transparente ce qu’il vient de se passer s’effacera… (elle).

Sa femme l'attend, évidemment. Et, donc, honnête avec ça. C'était vraiment la promo du mois. Eugénie va bien rigoler. (elle)

Charlotte a préparé un bon repas, et des bougies. Elle a enfermé son chien qui, la dernière fois, a particulièrement aimé ma jambe. Charlotte me fait pénétrer dans un rêve, dans son rêve. Je rentre dans le salon et elle me guide. Je l'aperçois finalement dans l'obscurité. Les bougies dessinent à peine son corps peu vêtu. Mais comment!
Elle m'intime au silence, fait les règles. Bientôt j'arrive contre elle, je sens son corps de dentelles. Elle me dévisage douce et sublime dans son insolence. Dire que je suis excité est évidemment assez faible.
Une musique d'opéra envahi petit à petit la pièce. Mais, elle aurait une télécommande! Je trouve mon rôle dans sa mise en scène, je l'embrasse doucement. Presque juste en la frôlant.
Déjà je pars, autre part, comme pendant l'amour. Seuls, elle, les lumière et la musique existent. Encore un peu et j'attrape sa main. Je lui dis doucement: tu es mon supplice. Les lumières viennent de s'éteindre. (lui)

Eugénie n'en revient pas, elle est déçue pour moi, ne se moque pas. Elle n'est pas ou plus taquine, là maintenant avec moi. C'est même moi qui la pousse à en rire. Nous nous retrouvons une fois de plus, on parle de lui et de l'ancien lui, qui déjà et c'est manifeste n'existe plus que dans de beaux souvenirs. Je suis libre au moins pour moi. Demain au marché je cueillerais, peut-être un nouveau petit légume. (elle)

Le noir m’apaise, je sens son corps, et le doux mouvement de son cul mais je n’affronte plus son visage à sa nouveauté fébrile.
Tu n’es plus là et je découvre un corps qui n’est pas le tien, je caresse une peau différente, plus douce peut être, mais moins tendre, moins tremblante, moins toi. Mon cerveau malhabile se lance dans l’imaginaire. Mon esprit s’éloigne et te rejoint, je me perds dans cet être que je désire si peu, sauf à travers toi peut être. Je respire et je m’excite à nouveau, je te chasse, te pousse au-delà de Charlotte, si belle et si tendre, disponible et qui attend que je la pénètre. Je te hais à cet instant, je te banni de moi, tu reviens si intensément face à ce corps, ton souvenir a peur que je le trompe, je suis victime d’adultère spirituel. Ma conscience imbécile se dresse entre Charlotte et mon sexe, j’enrage de ma bêtise et embrasse tendrement Charlotte, comme si je l’aimais, comme si elle était celle qui guide mon évidence, qui apaise l’envahissante solitude de la recherche d’un corps. (Lui)

Eugénie doit partir, son mari l’attend en bas. Elle claque la porte et je reste assise. Elle est mariée depuis si longtemps. Une chance ? J’y pense, sûrement, je ne sais pas vraiment, je ne me sens pas concernée.
Tout à l’heure au marché, je me suis senti humiliée, pour de bon, entièrement. Je n’avais pas ressenti ça depuis le deuxième trimestre de sixième, quand Laurent Badin avait dit à toute la classe qu’il m’avait embrassée. Quand j’y repense, quel précoce salaud celui-là. Il m’avait pourtant juré de ne rien dire. Ca m’a poursuivi jusqu’en seconde, jusqu’à ce que des choses plus importantes se passent. Il s’appelait Sylvain je crois, mais j’ai complètement oublié son nom… c’est étrange comme on se souvient mieux des salauds finalement… (elle)

medium_images.10.jpgCharlotte est tendre, attentionnée, intéressante...je pourrais certainement en noircir des pages de compliments. Mais c'est juste, au fond, ce coup de fil que j'attends, cette douce inquiétude de savoir que tu vas bien. Je crois que j'ai du mal à parler de "toi" sans voir ton visage. Il est difficile en dehors des moments de tendresse d'y glisser le visage de Charlotte. Quand je suis seul et que je veux penser à elle, je pense à toi. Mais bon on y va et c'est heureux. Je suis surpris moi même par mon pouvoir de séduction. Charlotte tendres excuses, je persistes et je signes pour, un peu plus, s'en redonner des baisers. Je crois que je vais être capable de t'aimer.

Le rituel du marché avec Eugénie est toujours aussi amusant. Surtout quand ce matin là nous croisons mon potier. Je l'appelle comme ça à cause de sa tête ronde, douce et faussement fragile. Il boit un café avec nous. Jacques à trente trois ans, deux filles et une femme charmante. Je crois que c'est finalement plus extraordinaire que ce matin là, il écoute ma passion spontanée, plus extraordinaire que si nous nous étions embrassés. Jacques comprend, m'interroge, il est un bon ami. Il est attentif, ponctue mes phrases de "mmm". Plus un père qu'une éventuelle aventure. Même, un jour, il vient s'asseoir avec sa femme et sa plus petite. Il me redonne confiance, comble, au fond, un vide que je ne cherchais plus à combler. Il est ma confiance. Mon petit potier à moi, je t’aime toujours. Je me sens plus désirable, et femme et dans l'envie d'attendre une drôle de rencontre. Tu vas au marché chercher un mec tu en reviens avec un copain, amusant non?

Charlotte sera là dans quelques minutes, je l’attends animé d’impatience, heureux comme j’avais oublié pouvoir l’être, vibrant du manque de son corps. Je savoure, je vis, j’intensifie ces minutes d’attente, je t’imagine sortir de chez toi, prendre ta voiture et démarrer. Tu viens ici, chez moi, dans mon immeuble, mon escalier, devant ma porte, derrière ma porte, contre ma peau. Charlotte, tu me donnes envie de respirer deux fois plus, d’avaler l’air qui m’entoure, de vider la pièce et de t’aspirer toute entière. L’euphorie de toi me guette parfois, je le sens depuis quelques jours, elle monte vite, d’un coup, sans que je comprenne comment je suis passé de l’indifférence polie à l’avidité amoureuse. J’aime tant cette tension nerveuse qui m’anime, un peu comme pendant mon année de CM1, quand je croisais Hélène, la si jolie fille de CM2. La voir suffisait à provoquer chez moi un émoi certain, pour la journée et même plus. Je pense que si elle m’avait simplement parlé, j’aurais eu une érection jusqu’à mes dix-huit ans. Mais heureusement pour moi et mon adolescence, elle s’est contentée de m’ignorer superbement. Je regarde ma montre et ton retard m’interpelle. (Lui)

Mon ami du marché m’a appelé hier soir, pour discuter un peu, sans raison. Nous avons parlé de l’originalité de notre rencontre, du fait qu’aujourd’hui je continue à regarder les courgettes avec tendresse et amitié. Nous avons ri, nous avons été complices, nous avons aimé nos voix et nos souffles retenus.
J’ai raccroché perplexe et heureuse, d’un bonheur volé et un peu honteux, puis ton regard lorsque nous nous sommes quittés hier m’est revenu. Quelque chose avait changé, tes yeux sont restés sur moi, un peu plus longtemps, un peu trop peut être. Tu semblais maladroit au moment de m’embrasser avant de rejoindre ta famille, comme si tu allais trébucher, tomber de ta vie. Je suis resté longtemps près de mon téléphone ce soir là. (Elle)

Ma montre est à l'heure et de plus en plus retard avec toi. Les bougies fondent petit à petit tandis que moi aussi je me répands en question. Je suis en pleine colère de toi qui n'es pas là. Même pas après Charlotte mais après toi. Charlotte arrive deux heures après l'heure du rendez-vous, Charlotte pleure, Charlotte s'assoit et ne dis rien. Charlotte attend maintenant, et je cherche comme un con à deviner quoi. Elle est belle, comme ça à pleurer. Elle t'a rencontrée. T'a connu en quelque sorte. Elle dit ton nom et je dis "rien qu'à t'en parler je t'aurais fait fuir, disparaître avant même d'avoir pu t'aimer". Cela suffit, c'est doux, net, emprunt de ce que la sincérité peut elle seule donner. Je l'ai dit comme ça ce mot aimer. Tu m'embrasses, mon nouveau tu, c'est toi. (Lui)

Je pense à lui, sensuel comme au marché. Il me pousse au plaisir, celui que l'on a seule. Il m'entraîne dans ce que je me donne. Encore, je le vis, il est en moi, comme un torrent. J’entends sa voie douce, il est directif, je suis en âge et le téléphone sonne. J'ai honte de décrocher de dire "oui" et de l'entendre, lui, que j'imaginais la minute d'avant dans mon corps. Est-ce parce qu'il le sent, est-ce pour ça qu'il à une voie suave, plus suave que dans mon absence. Il promène sa voie érotique contre mes tympans, il prolonge mon songe. Il sent bien que nous sommes une somme animale. Il me propose de passer me voir. Sait qu'il se corrompt, qu'il me corrompt. Je dis oui à tous comme déjà partie en nos corps. Je n'ai jamais vécu une telle expérience, je me sens comme enivré dans nos vagues. Je n'attend plus devant mon téléphone mais je l'attend tout court. (Elle)

Alors je t’appelle, toi et tout ce que tu as été. Ton « allo » est froid et ta jalousie m’amuse. Une revanche un peu minable sur mes soirées passées à apaiser le toi en moi. Je te demande ce qu’il s’est passé en bas de chez moi avec Charlotte. Tu me dis gênée être passée par hasard, avoir vu cette fille devant ma porte et l’avoir abordée. Après tu t’excuses, tu ne voulais pas, tu t’es emportée, que c’est une jolie fille, que c’est très bien pour moi, que c’est une bonne chose de tourner la page, que tu t’étonnes juste que cela se fasse si vite. A cet instant je prends la parole et je raccroche, le téléphone clos je crie, je hurle ma colère contre toi, stupide femme idéale qui revient et se plaint aujourd’hui de ma non souffrance. Tu rappelles, je regarde ton nom sur mon téléphone et je laisse sonner, longtemps, pour toutes les fois où j’espérais ça, ces quelques lettres affichées sur ce petit écran, et que je n’ai pas eu. Tu rappelles encore et encore, et je ris, je savoure, longuement cette demande de toi, cette attente soudaine, si lointaine de ces derniers mois sans toi…
Puis à nouveau le silence, tu es lasse sans doute, je t’imagine en colère peut être. Tout à coup je me sens bien, intensément bien, paisible même, comme si ta vie m’importait peu maintenant, tu es devenu une étape, un moment, une période, un début et une fin à ajouter autres éléments de ma vie. Je prends mon téléphone, efface tes appels un à un, puis compose le numéro de Charlotte. (Lui)

Tu étais loin pourtant, puis ce quartier, cette rue, ce chemin que je connais tant m’a amené à toi. Alors elle était là, devant ta porte qui m’appartient, sur ce trottoir où je suis la seule à marcher, devant ton appartement où aucun être humain de sexe féminin ne peu s’approcher. Voir sa beauté et son sourire monter chez toi a brûlé l’intérieur de moi, l'intérieur de mon sexe, là où tu es le dernier à t’être répandu. Un seconde s’écoule et le pire de moi me contrôle, je n’ai pu m’empêcher de m’approcher de la petite pute ébahie pour lui rappeler que c’est moi que tu aimes, et qu’elle ne pourra avoir que ta bite, au mieux !
Un instant d’égarement comme on dit, je m’excuse d’avoir essayer d’achever ta vie. Seule face à ton silence je suis envahi de morceaux de honte qui passent et repasse en moi, l’impression d’un caprice de trop, de jalouser la liberté que je t’ai donné d’être heureux. Parfois, pendant quelques secondes insalubres, je suis fatiguée, si fatiguée d’être celle qu’on ne plaint pas, celle qui a choisi, organisé et formulé sa douleur de te perdre.
Dans moins d’une heure mon ami du marché sera là. (Elle)

J'ai envie de partir et pourtant je suis de retour, débarrassé de l'image de toi. Que c'est reposant de pouvoir t'appeler ma petite Charlotte. Tu glisses doucement vers moi, même au téléphone je sens ta chaleur et mes joues devenir roses. J'ai envie de plein de choses, tellement réveillé que je suis. Attention toute fois à ne pas avoir envie de trop de choses...
Et voila le travail n'est plus un travail, fut-il le même, fut-il une somme de signets informatiques. C'est fou ce que l'on peut changer en passant à la douce Charlotte aux poires. Je te propose un petit week end ailleurs, nous partons dans cinq jours. C'est oui et je rêve. (lui)

Du marché aux marches devant chez toi je crois que je me suis perdue, égarée entre les poivrons et ce que je pensais que nous pourrions toujours, à tous moments, nous retrouver. Et si le potier avait voulu, au delà de sa simple envie pour mon corps, eu une vrai passion pour moi. Et bien je crois que je n'aurais pas été voir du côté de ton toi. Je cumule donc entre l'égoïsme et le désir, je suis une prune ambiguë. En tous les cas pas une prune assez poire pour devenir le fruit défendu de ce potier qui, et cela devient clair, ne veut qu'à l'occasion manger la petite poire. Allez dès...demain je deviens "aware", "the new positv girl". Je pars ce soir avec Eugénie retrouver ma petite ville d'enfance. Je reviens dans huit jours. Ce n'est pas sept ans de réflexion, mais bon, on fait ce qu'on peut...
(elle)

Je suis à coté de Charlotte maintenant, elle vit près de moi, elle est réelle et palpable, sa peau touche la mienne dans nos mouvements du quotidien. Nous sommes partis depuis trois jours, un voyage improvisé pour ne pas trop prévoir, penser ni anticiper ce qu’il peut arriver. Je réalise que je n’ai pas quitté une seconde Charlotte depuis trois jours, plus de soixante dix heures même, sans que rien d’autres ne se passe que du plaisir et du bonheur. Le bonheur n’est-il naïf que pour ceux qui ne le connaissent pas ? Je suis bien, simplement, intérieurement, j’aime regarder Charlotte avec des yeux gluants de tendresse, caresser sa main, petite, bêtement étonné de sa douceur. J’aime la regarder quand elle dort, comme dans les plus belles pages de la collection Arlequin. Je me complets dans mon romantisme, me répands dans le rose et le sucré des ces quelques jours auprès de Charlotte. Parfois, je me surprends à penser « nous », je n’ai finalement pas tellement évolué depuis la fameuse Hélène du CM2.
Plus que deux jours avant la descente programmée, le retour à la réalité de ma vie, à proximité de toi, que je n’oublie que part moment, toi, mon amnésie partielle, qui te rapprochera sûrement une fois ma colère dissipée. Reste loin de moi… (lui)

medium_images.8.jpgJ’ai grandi, la ville de mon enfance non. Je la retrouve toute petite. La place du village, que je trouvais immense quand mes yeux frôlaient le sol est aujourd’hui minuscule. Je me sens bien dans ces lieux, mon enfance est si proche. Eugénie est là aussi, nous ne sommes que deux petites filles devenues grandes, rien de plus. Puis je passe devant mon école. Tant je choses ici. Je m’assoie un instant, envie d’un enfant que je n’ai pas eu avec toi. La période est vraiment défavorable à une élévation, même minime, de mon moral. Tout ce traîne autour de moi. Je me retrouve maintenant avec une douleur de maternité dans mon ventre. Je ris, Eugénie me regarde surprise et me demande l’origine de ma soudaine hilarité. Je la regarde et lui réponds simplement que je vais avoir un enfant, je ne sais pas encore avec qui, mais je le veux. (elle)

Nous roulons les vitres ouvertes, Charlotte conduit et je ressens la proximité de demain. Ces quelques jours ont été si simples. Nous avons vécu l’un près de l’autre sans réfléchir, sans ce demander la signification de chaque geste, chaque phrase que l’on accompagne d’ambiguïté malsaine. Vivre à coté de quelqu’un, rien de plus. Le temps passe et nous ne parlons pas, nous pensons l’un à coté de l’autre, déjà séparé peut être, nous anticipons un au revoir qui sera rapide et gêné, simple et bref, puisqu’il ne sera qu’une parenthèse d’absence, une séparation provisoire. Je veux revoir Charlotte et la toucher encore. Je sens cette envie de la découvrir encore, de la regarder. Je pense à ce qu’elle pense, je cherche dans ce week-end ce qui pourrait me laisser deviner si à cet instant, elle réfléchi à la manière de m’annoncer qu’il est « préférable de prendre un peu de distance », formule naïve à la douleur soudaine, ou si comme moi, elle pense déjà à notre prochaine nuit. Je mets au point différents stratagèmes en prévision de notre au revoir. J’hésite finalement entre la distance protectrice ou la déclaration apparemment spontanée. A cinquante kilomètres du point de chute je décide finalement d’adopter une solution médiane appelée « le regard ». Je décide de séparer l’attitude de mon corps qui sera distante, à la limite de la froideur, et mon regard, qui aura la lourde tache de faire passer toute la tendresse et les sensations intimes que je ressens pour Charlotte. J’admets le plan risqué, d’une naïveté incroyable, tout droit sorti des courriers du cœur d’un magasine pour ado, mais c’est toujours moins difficile que de dire je t’aime à Charlotte. (Lui)

Eugénie a tenté de me dissuader de « l’enfant réparateur », elle m’a longuement expliqué que c’était la pire chose à faire, que je devais d’abord me soigner de ma séparation, qu’il était inconscient et égoïste d’avoir un enfant seule et encore des dizaines d’autres arguments convaincants. Je l’ai écouté, avec patience tout en cherchant son prénom. A la fin de son long monologue, j’avais une liste de presque dix prénoms. Eugénie a fini par se lasser de mon silence. Elle est partie et je suis restée sur mon banc, face à mon école, perdue dans ma grossesse mentale. (Elle)

Il est 23h12, la télé moisit des phrases au fond de la pièce et je bois du Jack Daniel’s. Quitte à gérer ma vie comme un ado, j’ai pris la décision de me prendre une cuite à l’ancienne seul dans ma chambre afin d’oublier mon « chagrin d’amour ». Le privilège de l’âge m’a juste permis d’éviter le mauvais alcool. « On verra », voilà la seule réponse que j’ai eu après avoir demandé à Charlotte de la revoir. Pourtant j’avais parfaitement réalisé mon plan, la distance, le regard tout s’était bien passé, j’étais en confiance. « On verra ». Pas un mot de plus, un regard flou et voilà, Charlotte disparaît puis plus rien, plus rien sauf moi comme un con sur le trottoir. Moi avec mon sac de voyage, posé au bord de la route, bien étalé sur ma longueur, resplendissant sous le soleil couchant, je suis une belle merde chiée par Charlotte, avec grâce et légèreté, en souriant… on pousse au signal : « on verra ».
Après ce retour express dans la réalité fécale, l’évidence de la cuite m’est apparue. Certain rencontre Jésus dans la souffrance, moi je n’ai pas eu cette chance. Accablé par ce rendez-vous manqué je me suis consolé avec 70 centilitres d’alcool à 40 degré. (Lui)

Je retrouve Eugénie au bar de l’église. Elle est assise avec sa tronche des mauvais jours. Je sais ce qu’elle pense, je sais qu’elle a raison et que c’est moi qui me trompe. J’avoue qu’en m’éloignant de mon ancienne école, j’ai un peu perdu de ma fibre maternelle. Je réalise la justesse de la colère d’Eugénie. Serais-je qu’une conne trentenaire finalement ? Rien de plus, capricieuse et malheureuse par une suite de non choix. Je m’assoie près d’une école et je veux un enfant. Pathétique. Ce week-end n’a rien changé au brouillage intense que je constate depuis des mois. Rien n’est droit ce soir. Je glisse doucement, j’en ai conscience mais je glisse, le long de toi. (Elle)

Forcément le réveil a été rugueux. Forcément j’ai mis la tête au fond des chiottes pour voir si au fond, tout au fond la vie était plus belle. Forcément j’ai traîné mon estomac dans l’appartement toute la journée. Forcément mon ego n’a pas résisté à ce réveil vide des restes d’alcool. Forcément j’ai réfléchi à tout ça, tous ces trucs, ces machins qui s’enchaînent heure après heure, se collent, s’étirent, et qui mis bout à bout sont ma vie. J’ai bien essayé, consciencieusement, avec vigueur de clarifier cette situation établie depuis plus de trente ans. Et puis enfin, après des heures de lutte contre les restes de Jack Daniel’s je suis parvenu à un bilan de moi, à préciser ce que je suis peut être.
Trente ans et un peu plus, chercheur d’emploi à mi-temps voir moins, écrivain de chapitre 1 uniquement, largué sans prévenir, en tout cas sans le voir.
Ou peut être. Trentenaire assumé, brillant écrivain en devenir au style qui s’affirme, finalisant son premier roman, séducteur infatigable.
A ce moment de ma réflexion, je cesse. Je cesse ce loisir malsain de chercher ce que je suis, puisque je sais qui je suis. Juste un mec qui s’est pris une cuite et qui se retrouve dilué dans son appartement un lundi après-midi. C’est déjà bien. J’ai déjà franchi des étapes, j’ai survécu jusque là. Je décide de continuer un peu comme ça, avec moi, en tant que compagnon de route, pour voir ce qu’il y a juste après. (Lui).

Les voyages forment la jeunesse, là il faut vraiement que je revienne à la vraie vie. Les patines émoussées des rêves de toi, et puis tout ça. Dans des caisses, direction le musée. J'aurais du m'envoyer en l'air avec mon potier. J'ai bien fait de l'interpeller ta Charlotte au trottoir. Il fait bon, il fait chaud. Je veux ma nuit d'amour avec le potier. (elle).

Bon, j’ai l’immense privilège de pouvoir cuver tranquille un lundi après-midi, chez moi seul et relaxe, juste accompagné de quelques restes d’alcool au fond de ma bouche, juste derrière mes dents. Le parfais rêve d’étudiant. Certes, j’ai plus de trente ans, certes mon banquier me harcèle et je ne sais pas ce que je ferai demain, voir même dans cinq minutes. Et alors ? Je m’en tape complètement, je suis un rebelle moi, j’emmerde le monde et la société de consommation avec toutes ces injustices injustes et pas toujours très justes !!! Je resterai donc à jamais bloqué en CM1… A ce degré de bêtise j’hésite à retourner boire ou à retourner boire. Je décide finalement de m’allonger et de pleurer, longuement, calmement, de laisser sortir tout, de toi à Charlotte, de votre beauté à l’absence certaine et vivante, aux années dépassées et à tout cette gentille mais si présente merde du quotidien. Une bonne heure de larme dans le silence de ma chambre, toujours comme en CM1 finalement, échappe-t-on un jour à son année de CM1. J'aurais peut être dû redoubler, je comprendrais peut être mieux aujourd'hui ce que je fais ici. Je m’écoute pleurer et mon corps réagit à cette séance de thérapie lacrymale, si simple finalement. Je m’endors loin de tout. (Lui)

  medium_DSC_0101.JPGLe potier est en famille ce soir, il a promis à ces enfants de les emmener au cinéma et d’aller manger au resto après. Crétin ! Bâtard ! Putain de connard de père attentionné !!!! Je fais quoi moi ce soir avec mon désir de potier ! J’ai envie de toi ! Lâche ta famille idéale et vient chez moi tu ne le regretteras pas !!! Abandonne tes enfants au Mac Do et viens me baiser!! Je raccroche. Le message a bien été enregistré et moi je sais que je n’irai plus me balader au marché avant une ou deux guerres mondiales… Comment ai-je pu en arriver là? Je ris. (Elle)

C'est vrai que les lendemains de lendemain de cuite sont comment dirais-je, légèrement mélancoliques. J'emmerde déjà moins le monde. Peut-être qu'en marchant la tête moins courbée? Peut-être qu'en allant boire un café à mon café préféré. Certes, c'est pas tous les jours qu'on croise le destin au coin de la rue ou qu'il (elle) vient s'asseoir au "café de Paris", enfin bon, la mélancolie est en train de devenir grisante. Bon, ok, un, je serais souriant au boulot, deux j'appellerais mon pote Maxime que j'ai snobé lamentablement depuis au moins deux mois. Trois j'appellerais Charlotte pour lui dire ... ce que je pense. Quatre et conclusion aujourd'hui je serai moins con. (lui)

Depuis mon suicide téléphonique j'ai aggravé mon cas en effaçant systématiquement tous les messages téléphoniques avant lecture. De toute façon, et finalement la poterie c'est à chier. Je me sens plutôt légos, voir duplos. Bien, donc, m'engueuler avec Eugénie et passer pour une débile profonde c'est fait. Insulter la personne avec qui j'ai envie de coucher, c'est fait. Avec une mention spéciale pour l'effaçage supplémentaire. Il ne me reste plus qu'à accepter le week-end famille pour m'engueuler avec ma mère et la mission: t'es trop conne ma fille sera achevée.

J'essaye de me souvenir le message laissé au potier, je tente le texto. "désolé, trop de passion = insultes = re-désolé et gros bisous". J'envois. Après une heure à attendre une réponse, j'éteins le téléphone. Là je crois que j'ai touché, heu, comment dirai-je, ce qu'il y a sous le fond. Allez, un peu de Ricoré et la journée va bien commencer. (elle) 

Alors dans l’ordre, pour être souriant au boulot il faut en avoir un. C’est donc décidé, dans l’attente du succès de mon premier roman, et afin de régler mon problème de loyer qui ne cesse de ne pas se payer, je vais trouver un travail. Mais avant de trouver, il faut décider quoi chercher. Après une heure assis en phase de réflexion intense. En ce moment je fonctionne par cycle d’une heure, j’ai d’ailleurs mis une heure à faire ce constat. Tout me prend une heure, me lever, déjeuner, prendre une douche, me décider à sortir, chier, dîner, bref, il va falloir que j’accélère ou je vais être condamner à ne faire au mieux qu’une quinzaine de choses par jour, sommeil déduit. Donc, après une heure de réflexion, j’ai conclu que j’étais trop intelligent pour faire un boulot de merde (enfin je l’espère) et pas assez qualifié pour un boulot digne d’intérêt. Face à cette impasse, j’ai mis une heure avant de réaliser l’étape deux de ma journée et appeler Maxime afin de vérifier s’il a lui aussi cédé à la mode actuelle en rejoignant le club des « ex », en qualité d’ « ex »pote. (lui)

Envisager un week-end en famille ? Trop difficile. Deux jours, et surtout une soirée et la terrible nuit qui suit, dans la chambre de petite fille à peine modernisée malgré mon grand âge. L’ambiance rose sucrée qui m’empêche de dormir dans le noir, les souvenirs d’enfance dont je n’ai en ce moment rien à foutre, les bruits de la maison encore si proches… J’ai négocié et je ne passerai que le dimanche, c’est déjà bien et ça permet de sauver l’intégrité de ma santé morale. Ma mère est déçue, je le sais, je le sens à sa voix, à la seconde de trop avant son « comme tu veux », mais tant pis, je deviendrai la fille idéale dans quelques mois, quand tout ira mieux, puisque tout ira mieux, puisqu’il le faut. (elle)

medium_images.13.jpgAh qu'il est bon de se réveiller tôt, dans un appartement rangé. Opération restructuration: plan orsec pour mon compte en banque, mission spéciale nettoyage de la salle bain menée de onze à une heure du matin. La mission d'interim commence à quatorze heure pour se terminer à ving-deux heure trente. Il s'agit d'assurer la réception d'un petit hôtel. Le système de cartes pour l'entrée dans les chambres ne marche plus. Heureusement Zorro est là pour que tous le monde puisse aller baiser. Miss interim pense que j'en ai au moins pour une semaine. Bon avec les 10% de congé payé, les 10% de précarité plus un taux horaire, m'a préciser miss interim, supèrieur de 8% au SMIC je serais bientôt un jeune premier plein de fric et de classe. Il fait beau, j'ai cinq heures devant moi, hôtel quand tu nous tiens. (lui)

Maman est seule à la grande table quand je rentre dans la maison. C'est toujours curieux de se remémorer qu'il y a un endroit sur la planète où on rentre sans frapper. Tiens ça fait longtemps qu'elle ne m'avait pas couvé du regard comme ça. Elle est belle ma mère, même si elle est chiante. Ou c'est moi qui suis la plupart du temps du chiante à voir de la mièvrerie partout. On refait le monde, on parle de moi, moi et les autres, puis moi et les garçons puis, enfin, moi et toi. La vie est belle assise sous les yeux de ma mère. Moi qui déteste les dimanches je suis servi. De toute façon je n'ai jamis aimé la poterie.

Je vais passer voir Maxime puisqu’il a dénié répondre à mon appel. Pourquoi je ne lui ai pas donné de nouvelles depuis six mois ? Est-ce que je me lance dans la longue complainte dégoulinante des six derniers mois de ma vie ? Recommencer à ressasser tout ça encore une fois…Recommencer à me répandre sur la sinistre suite de semaines qui vient de passer… Pas envie, trop chiant, trop larmoyant. Je vais voir Maxime, je discute, je plaisante, je ris, je simplifie ma vie. Je lui dirai juste que j’ai eu un passage à vide, qu’elle est partie, que ça arrive à tout le monde et qu’on y survit. Que je vais mieux, que je repars sur des bases saines et pleins d’autres conneries optimistes, pour faire croire. Il ouvre la porte et j’embrasse Maxime. (lui)

medium_cd.2.jpgLe temps passe et la nuit tombe. Je suis toujours avec ma mère, je suis bien, j’ai cinq ans, j’ai huit ans, douze, je tombe de mon vélo et j’ai mal, je pleure, j’ai quinze ans, j’ai mon bac, la fac, la vie et aujourd’hui, je suis toutes ces filles et tu es ma mère, la seule. Je vais resté dîner finalement, encore quelques heures avec toi. Je vais laisser ma mère s’occuper de moi, m’envelopper et me nourrir, je ne serai pas une adulte ce soir, je serai petite, toute petite et fragile. (elle).

Finalement le passage en hors-zone "tout est nul" se fait assez facilement. C'est sûr qu'en partant boire des coups, c'est sûr que ces bières. Et Max qui n'arrête plus. "Mais t'as rien compris, la vie c'est maintenant et un peu demain". "Et une colocation, ça te changerais de ton trou pourri !!!". Oui Max l'a croisé, pas plus tard qu'il y a six jours, non elle n'avait pas l'air malheureuse. "Et alors ???". Et puis d'après lui je ne suis pas si con que ça. Bon un peu quand même, mais dans une bonne moyenne. Finalement, il me demande "mais tu fais quoi demain ???" (Lui)

medium_imagesCARHTEI9.jpgUne bonne nuit près de ma mère. Je le répéterai pas trop, je le garderai pour moi, ça va mieux. Bon, les phases d’euphories et de déprimes se succèdent tranquillement, j’y suis, bien dedans, impliquée dans ma dépression. Quel manque d’originalité, une dépression post-rupture pendant la trentaine, je n’ai plus qu’à écrire un journal intime et à lire Glamour pour être totalement dans le cliché… Que faire, m’impliquer dans mon boulot ? Trop fatiguant. Chercher un mec ? Trop risqué. Se couper les cheveux ? Trop classique. Non, puisque je suis dans le cliché, autant y aller franchement, se donner à fond, je vais aller voir un psy. Je vais raconter ma vie en détail, expliquer qui je suis, ce que j’attends, me confier, détailler mes peurs… et payer pour être écoutée !!! 

Demain, je fais quoi ? Je cherche un appart avec Maxime dans les traces de bière tiède avec une haleine d’ado rebelle… Suis-je le seul à reculer dans la vie ? Plus je vieillis moins je grandis… J’ai peut être trouvé le secret de l’immortalité ? Maxime fait des bons de joie. Je pense que son boulot de merde et le fait que sa dernière copine se soit tirée sans un mot il y a deux mois l’aide à monter plus haut. Moi, la motivation s’évapore avec les restes de bière, toujours plus tièdes. Hier, la colloc était la solution à notre malheur commun, on allait faire la fête, voir du monde, ramener des filles, bref la vie rêvée de tout ado attardé. Aujourd’hui en voyant la gueule de Maxime j’ai des doutes… tout cela ne va-t-il pas se terminer comme deux losers additionnant leur lose ? Complétant leurs vides réciproques sans imagination. L’hôtel la nuit et Maxime dans la même pièce le reste du temps… J’hésite.

Comment choisir un psy ? J’ai cherché sur Google mais il n’y a pas de site d'évaluation de psy. Dommage, j’ai peut être trouvé là l’idée du siècle, la future start’up cotée en bourse, je me vois déjà au lancement du site « www.trouvetoutpsy.com », une grosse fête dans une boîte branchée, avec pleins de psy tendances qui me draguent. Je finis le nez dans les pages jaunes, un bon vieux bottin avec du papier sur les genoux. Une femme ou un homme. Le risque de transfert est plus grand avec un homme ? Quoique. J’en sais rien. Parler à une femme sera plus simple peut être. Quoique. J’en sais rien. Merde ! C’est le mot qui me vient. Encore une fois j’ai la sensation d’être une cruche d’un mètre soixante dix avec un annuaire dans les mains. Je n’arrive même pas à trouver un psy, je vais avoir du mal à trouver un avenir. (Elle)

medium_EEEJCAH4RQ71CAS5DKQSCA17CHC8CA71MEHMCAGLA2M9CAJFS1AQCAR2KAURCA52M0WKCAMJXTV8CANEYRLRCAWQFES3CAVJ6LUYCAFTDOWQCA5A21KZCAVSUTT2CALPW0CBCASZ1SZFCA6804B1CAMI4H0R.jpgCe soir je marche dans l’hôtel, peu de clients, ils dorment, tout est silence. J’ai quitté l’accueil pour ma balade nocturne. Il est quatre heures du matin, peut être le moment de la nuit ou le sommeil est le plus fort. Les noctambules s’endorment au son des travailleurs qui se lèvent. Moi je marche dans les couloirs, rien de plus, pour le plaisir. La chambre 29 est occupée par une jeune fille, VRP dans les cosmétiques, belle, intensément. J’écoute sa porte, le silence de son sommeil. Quelques secondes d’imagination, je rentre avec mon passe, j’avance dans le noir jusqu’à son lit, je m’habitue à l’obscurité, je devine sa silhouette sous les draps, je me déshabille, je colle mon corps tiède à son corps chaud, elle m’embrasse, nous faisons l’amour. J’ai toujours mon oreille collée à la porte et je bande. Pauvre fantasme d’un veilleur de nuit. Je retourne à ma place, l’accueil de l’hôtel Marande, il est quatre vingt maintenant. (Lui)

 

Bon alors c'est quoi qui fait la difference. Il est clair que là j'ai le temps de devenir exceptionnel, crédible, essentiel. Trouver une cible: mon futur boulot. C'est là que je vais dérouler le fil. A ce stade, je suis une petite pelote rouge. Séance d'entrainement, de documentation tous les soirs de boulot. En direct du Marande. Un, connecter ce putain d'ordinateur à internet. Tant pis pour le patron, avec mes restes d'adolecence de piratage je dois bien pouvoir arranger ça. Deux, les rondes nocturnes ne servent à rien. Trois, se masturber devant une porte de chambre d'hôtel n'élève pas la spiritualité. (lui)

 A suivre...

ml et Julien Brousse.

lundi, 26 mars 2007

Six heures

medium_M8X0CAP31CO4CAEWABCDCAWNUZQRCAB9MJ2JCA66HKNYCARJX2NACAQMG660CATQJRNVCAL64YZ1CA94SZXHCAS4V1K6CA4YGMU3CAG3NAO2CA57NIMACACLP85BCAJQTZ15CAKCBOORCAM9MRFQCATUQ196.jpgDans la pénombre, je crois encore entendre un murmure. Petite voix qui grésille, tu titubes. Rien d'autre en fait que tes yeux fixes. Noir. Embués dans ton silence. Appels, au confin de l'imaginaire. Solution pour te faire mourir. S'éteindre, arrêter de voir. Arrêter de te voir, je les entends déjà sur les bancs de chaines.

Las, juste un fond de vie au fond de ces yeux là. Position clairicale, facile. Intengible bastion de ceux qui prêchent le sacerdoce absolu. S'attendre mourir. Encore, le soleil perçe maintenant au creux de la chambre. Six heure, tu as sans doute perdu à tout jamais ces notions que ceux qui nous jugerons guident encore.

Scandale, battemements de paupières et yeux ouverts qui signifient pour toi, je veux dire légalement, le droit de souffrir pour ce qui doit te paraître une éternité. Ton éternité. Cloches suisses, Mairies belges, droits d'ailleurs qui hantes des nuits que tu n'as plus. Tu n'as plus rien du tout d'ailleurs.

Ma petite pénitence, ombre blanche. Deuil irréel. Tu attends en vain que le soleil se couche. Il y a un ailleurs, un autre part. Juste une infime tension entre ton regard vide et le mien. La honte tu ne connais plus, l'humiliation tu ne connais plus. Il ne nous reste, ma chère, que deux existences. C'est moi qui regarde toi en train de ne pas mourir et toi qui rien du tout.

Il est sept heures. Je pars. Je pleures, il ne te restes même pas ça.

 Plus tard,

encore un matin jaune et bleu. Rien à voir pour tes yeux, là. Ils sont trop fragiles, trops faibles. La chambre est ton habitude. Celle que je te propose. Aujourd'hui je change l'abat-jour. Attention folle, je construit du peut-être ... à ton corps défendant?

Tu me dis qu'il est des jours qui sont trop pâles, qui peinent à fuir vers leurs ombres. Télépathe, sans "s" peut-être. Nos rites, ceux qui nous appartiennent. Ou bien je suis seul, et toi aussi. Ta veste est posée là depuis si longtemps. C'est toi qui l'a repassée, tu le sais. Bienséance tranquille, ma petite cendrillon. J'ai bien pensé à un chien: trop dangereux, à la mer: trop chaud, un oiseau peut-être, trop sale...

Je vais te laisser quelques heures. Il est sept heures, tu ne trembles pas sous ton armure.

 

ml

vendredi, 16 mars 2007

Douleurs intestines

medium_imagesd.jpgMinuscule despote de mes entrailles un jour ce sera toi. Je te rêve prisonnier de mes intestins, te hissant le long de mon œsophage. A ces douleurs intestines tu réponds qu’on est toujours prisonnier de quelqu’un.
Une bouchée, ne faire de moi qu’une bouchée. C’est fait. Avalée, toute petite coincée dans ta gorge. M’extraire, chimère. J’attends, que tu me recraches. Tu me sens à peine, dissimulée entre tes parois.
Un morceau de travers, ça passera.
Je m’étouffe alors, à flotter dans ta bouche. Pleinement lorsque tu te mets à rire, je t’investis, comme c’est drôle, toi qui ne sens rien, ou par soubresauts. Je parviendrais presque à t’étrangler.
Avec ton air de ne pas y toucher, tu te gorges de moi .C’est un peu comme un haut le cœur, un léger malaise. Viendra le temps où tu déglutiras.
Florence C.T

lundi, 12 mars 2007

La lune n'a rien dit

medium_ges.jpgUne année en hiver il devait être huit heures à la fin du jour, de l’autre côté du lac.
D’où vient le jour, je ne sais. A force du blanc des nuits à chercher la hauteur des girafes, ils se sont retrouvés nus sur le toit du monde. Assister à la logique du double aveu : son éthique des amoureux équivaut à sa logique des cerises. Lui, ne pourra répondre que par une esquisse, que la loi des amoureux aboutit invariablement à la nécessité des corps. Elle comprendra « la nuit sans mon corps, je rêve de moi, florence et les sept mains ».
Plus loin : « et s’il nous était donné la nuit du triangle quand bien même, ne dites plus qu’il vous aime ».
Encore, elle se raccroche, un jour sans toi, ce jour du manège, je serai dénudée, tu seras mon prétexte amoureux. Encore revient dans ses songes le prix du jour, celui qui sonnerait le dernier verre, au bout du lac. Là où tu disais : il en est de la politesse de l’infidèle comme de l’éthique des amoureux : un jour sera le jour du silence.
A nos corps amoureux, tout redevient opaque, un jour sans toi, une vie sans toi, principes de tout amant. « Et tu verras le lac », sûr que tu ne le verras plus. Les lacs sont toujours trop courts, comme de l’ironie du singe, il faudrait s’en méfier. N’oublie que ton désir, je t’avais prévenue : la lune n’a rien dit.
Florence C.T

mercredi, 07 mars 2007

Comptines, Bayrou, et autres histoires (partie 1)

 A chantonner selon humeur.                  Le P'tit Bayrou 

medium_9S8QCAETHUTYCAWHEKYICA0Y1SMQCA2W7Y90CA0CE8OCCA0XEBHOCAHZ2U38CAAHQT5ZCAX7XDG5CADEDXRACAHT62XSCA9YCQJPCAJT5IV6CAEW6VD1CAQHSFKJCAU0N8B7CAKW8SMVCAEWTKTKCAGSPM7U.jpgMon p'tit Bayrou, et vlan il en reste maintant trois et l'ancien p'tit troisième sera t-il même bon quatrième? Mais ne va-tu pas faire monter les extrèmes ?

P'tit Bayrou, mon courou, sur la deux, sur la trois et hop sur toutes les chaines. N'occupes-tu pas toi maintenant un tout p'tit peu trop l'antenne?

P'tit Bayrou, p'tite peine, sur le centre, sur les bords, loin des rois, loin des reines. Les lier, rassembler, mais crois-tu pouvoir arbitrer le système?

Ha oui. Ha oui. Tu seras no't p'tit premier ministre...mais au pire,

Ha oui. Ha oui. Tu seras no't p'tit président...mais sûrement.

ml

dimanche, 04 mars 2007

Un si bel été

medium_h_3_ill_689087_gamma_602453_10.jpgQu'il est mièvre de se tenir au chaud derrière cet été la. Reste à regarder, voir les robes, à l'ombre des jeunes filles en fleur. Caresse, bon vent chaud. Quand un air froid devient le plus doux des moments. Reste encore pour ne rien se dire qu'à humer ce parfum de rien du tout. Pour passer et repasser derrière les brumes solaires, un moment se coucher laisser flaner l'air. La fin du début du moment court où j'ai conscience de ce temps qui passe au dessus de moi.

La ville sommeille encore comme je sommeille sur elle. Jamais submergée. Elle est pensive, s'évapore doucement, reste encore à s'attendrir jusque sous chacun de ses arbres. Après plus tard et surtout peut-être, des flocons blancs. Attendre la nouvelle couleur incongrue. Postume déjà, le blanc qui adore le bitume.

Le temps pour le moment s'arrête, reste gazeux. La chaleur créée son propre silence, insensible aux bruits de la ville. Grondement continue qui fini par ne plus éxister.

ml

mardi, 05 décembre 2006

Ouverture du bal de printemps

medium_images.15.jpgLe bal a trouvé son couple, mais ces doubles S ne sont pas sans agaçer F. Bah, oui nous dit F pourquoi qu'on parle que d'eux? Il l'a même dit à Claire, un soir, à 20h00 les yeux dans les yeux. Et JM P alors, il est en voyage? Je crois qu'une partie du camp de NS n'a pas aimé la symbolique du cèdre. Ils se taisent de plus en plus, c'est vrai que quand se sont des dirigeants mondiaux qui vous déjugent...

Enfin, à l'ombre des montagnes, en direct (presque live) du brasier du Moyen Orient, ou bien dans la ville lumière le bal ne fait que commencer.

ml

samedi, 28 octobre 2006

Ne dites pas enterrement

medium_tul.jpgMarche au soleil. Pas de mots prononcés. Juste des épines, murmures incompréhensibles. En somme, réflexions sur mon lit qui se noient en sanglots blancs. Peine. Et pour le lendemain penser à ce que l'on veut dire. Peut dire. Blanc, encore. Petite vie, passée en vitesse. Envie de pluie qui tombera ce jour là.

Alors il faudra plutôt que de la fulgurante peine, de la fierté d'avoir aimé.

Je t'en éclaterais de la pudeur. J'irais à voir plus loin que nos visages peinés. Je grandirais encore de toutes ces larmes. Pour les avoirs ces couteaux de peines. Un discours, mais ne vais-je pas voler ces moments de tristesse. Ou bien se sera juste moi. Mes travers que tu aimais aussi, je crois. Juste moi qui aime à montrer ce que je ressens. Il y aura trop de verve. Mais ce sera moi. Il y aura trop d'ego encore. Mais ce sera moi, là encore.

J'ai envie de dire. Tu nous quittes dans ton éclatante liberté. Tu restes le rouge et le piquant à la fois. J'ai aussi envie de m'interdire, de fermer ma gueule. Prémonitoires leçons du passé. Une main moite sur les touches grasses du clavier. Petitesse du requiem le coeur gros comme quoi?!

Enfin, car il en faut toujours une comme aujourd'hui, une volonté de dire des choses simplement. Chercher le "triste tropique", l’insoutenable légèreté du fait que même ce jour là est un jour de vingt quatre heures comme les autres. Que la terre tourne toujours. Petit recueil de ce que l'on va pouvoir me consoler.

Tu rêves toujours, oublie sûrement ce que je n’ai pu te dire. Aussi, quand j’imagine le silence du vent après que les « gens » soient parti, je file un grand sourire. Ma vie est repassée en avant puis en arrière.

Avant de tomber un peu dans l’abîme plus bas, il faut que j’écrive, on est que des vies du lendemain.

ml

vendredi, 27 octobre 2006

Des clameurs andalouses - L'échappée belle 4

medium_di53.2.jpgAu détour des rues nous marchons sur le côté, tu portes encore cette fichue robe impossible et rouge, bien sûr, toujours de circonstance la maudite inconstante, ton rire perle doucement cette fois, comme pour mentir le paisible du soir. Au loin vers le vieux village on entend pourtant percer quelques bruits festifs.

Ce matin nous avons marché longtemps, tu avais les cernes bistres et longs, prolongés sur tes joues, tu avais pleuré, tu ne savais plus, tu demandais encore, incessamment comme une longue complainte, comment pourquoi, qu’est-ce que nous sommes venues chercher, tu disais d’une voix qui tressaille mais enfin je ne comprends pas ce qui nous fait arriver ici, dans le silence, tout est si solennel, tout me rattrape et tu ne sais plus me faire fuir. J’ai pris ta main et nous avons couru vite, il fallait épuiser cette tristesse, celle qui s’arrêtait devait mourir pour l’autre aussi j’ai couru longtemps et tu vacillais derrière moi, je sentais ton souffle coupé mais aussi ta main serrée comme du défi. Enfin nous sommes arrivées dans la ville, il faisait une chaleur qui étouffe, tes yeux se plissaient sous les éclats de la route blanchie par le soleil insupportable, la terre battue se collait à nos jambes humides de sueur d’avoir couru jusqu’ici. Enfin, la petite boutique ; tu n’y crois plus qu’il y ait des gens ici, tu penses que c’est un village fantôme que tout est mort, que j’ai voulu trouver une Atlantide qui te fasse sentir ta seule présence comme un rêve, la petite boutique c’est une vieille femme dedans, tu essayes des chaussures de flamenco, la saveur première revient enfin, je suis apaisée et lasse de tes humeurs indociles, tu t’es jetée comme une gamine assoiffée par terre, tu as essayé des chaussures, des tas, des rouges et noires surtout au milieu du magasin, à même le sol poussiéreux, tu passais frénétiquement les boucles, tu faisais claquer par terre que ça fasse bien du bruit, que ça claque bien comme les danseuses, comme nous, tu disais. Je souriais un peu, nous sommes sorties avec ta robe rouge impossible et nos chaussures comme des imposteurs de fortune, adios senorita, tu marchais sur les trottoirs pour que ça claque bien fort, inlassablement tu faisais le bruit les chaussures encore, pour entendre l’écho. Le soir alors la gaîté revenue tu espérais que nous allions vers les lumières du vieux village dont on entendait sourdre la rumeur au fond, tu marchais vite, devant moi, tu trépignais d’impatience, bien sûr tu avais mal aux pieds d’avoir tant sauté, tu avais une faim de loup tu disais, une faim d’andalouse, une soif des hommes qu’il y avait là-haut, la robe rouge impossible ce n’était pas pour eux, bien sûr, c’était pour leur rire à la face leurs regards étranglés du désir sale et vil, sur la route encore tu te retournais vers ta complice, on claquait des mains ! hombre ! je ne pouvais que céder à toi, à tes regards de langueur facétieuse, tes œillades volées . Nous avons bu beaucoup là-haut dans le vieux village, je t’ai perdue dans les rues, tu courais en criant mon nom, parfois tu m’appelais Carmelita pour qu’on y soit encore un peu plus, tu passais dans les bras des uns, des autres sans jamais t’arrêter, l’alcool me rendait mélancolique et j’essayais de te suivre dans ta course folle, les yeux brillaient de plaisir innocent, tout souffrait encore maladivement l’été au plus haut, tu finis par te lasser de toutes ces mains prêtes à te saisir, c’était délicieux pourtant, ici et là des étreintes esquivées pour finir sur la route élancée à la mer je courais devant toi cette fois, sans nos chaussures dans la nuit. Nous avons dormi sur le bord, un instant nous sommes tombées d’épuisement, tu dormais dans mes bras, je grelottais un peu malgré ta frêle chaleur, je priais en moi-même pour que la pluie ne vint pas, pour que rien ne nous rattrape, personne ici, dérobée à ton ombre, à tes silences de quand nous étions encore dans le sale de l’habitude, ma petite précieuse convalescente, tu dormais enfin du sommeil du Juste après avoir exulté, vomi le monde qui t’avait trahi là-bas, tu avais craché tout dans la ville andalouse, la ville andalouse, juste au dessus de nous, de laquelle nous parvenaient encore le songe d’une berceuse, le long sanglot de la musique, presque le silence retrouvé après le vacarme des souliers claqués de part et d’autre qui faisaient comme fumée autour de nous, ta tignasse poussiéreuse, demain, à la mer.

Elsa O. 2005

 

 

 

jeudi, 26 octobre 2006

Tentative onirique

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 à F.C-T.

Florence Florence toujours Florence encore jamais toujours toi moi Florence une ronde endiablée quelque chose vient de se rompre je te rejoins je te perds encore je crois un tourbillon bizarre et déchiré qui me tient je ne sais plus j’ai couru puis je me suis endormie un soupçon m’a perdu au dessus du vide j’ai perdu les jours que j’avais dans la main je les tenais bien enserrés dans ma main et pourtant ils sont tombés c’est bête tout de même des jours qu’on avait précieusement mis de côté qui tombent par terre comme ça stupidement ils se brisent sur le carreau je passe le balai et tu ne m’attends pas-tu prends le premier train vers la gare ou plutôt le premier avion vers l’aéroport c’est plus absurde encore tu es toujours aussi longue toujours aussi volée et volage tu es toujours aussi dérobée comme à la folle allure rien ne traîne rien ne se suspend rien ne pèse rien ne se suspend je regarde une boîte de haricots verts devant une église quelle idée saugrenue le blasphème-liberté on partira un matin pour le soir on partira une semaine pour un mois Florence et moi eh regardez-nous sur le dos d’un plat on jouera les fugitives je porterai des clefs pour ouvrir les portes et elle portera autre chose Florence elle porte peut-être notre passé sur son dos ça fait déjà beaucoup ça fait déjà beaucoup sur un seul dos ou alors elle portera des projets comme un grand diable elle se faufilera dans le train je ferai diversion parce que je suis très distraite très sotte aussi alors je ferai diversion vers le tabac de la gare j’achèterai peut-être des réglisses ou ce genre d’article qu’on n’achète jamais, ou non ce serai trop suspect je veux dire Florence elle pensera que je veux qu’on échoue alors que c’est faux on m’a envoyé ici pour fuir, j’ai été volontaire pour fuir tout de suite fuir avec tout ça qui nous emporte loin après il faudra que je saute vers un autre train pour rattraper Florence parce qu’elle n’aura pas perdu son temps elle aura probablement trouvé des complices de la fuite dans le fichu train qui ne m’a pas attendu moi je serai sur le train comme une perdue comme un voyageur qui ne voulait pas vraiment partir ou qu’on n’a pas attendu je ne sais pas peut-être Florence elle aura pris soin de moi Florence elle prend toujours soin de ses affaires et je suis une bonne affaire, tout de même, à la petite semaine.

Elsa O. 2005

 

samedi, 21 octobre 2006

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre III

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Ou une lettre d'adieu pathétique 

 

 Il est des poésies d’un temps nouveau qu’on ne saurait oublier. Il est de ces rêves qui vous suivent à la trace, comme happé par le remords, dans l’impasse d’être réalisé. Mon petit rêve si cher à moi, une meurtrissure le long d’un fossé, souvent tu me reviens. De même, il est poésie rêvée au creux de ta peau affleurée, un souffle, quelque chose ne tient plus en moi. Dans la nuit vous m’emportez encore: je vous rêve c’est idiot à défaut de ne pouvoir plus vous saisir, évanescente, jamais atteinte, toujours dans la pause. Ailleurs cette fois il pleut je cours murmurant vos initiales. Des belles-de-jour relèvent les jardins pareils à certains de vos mots, elles jaillissent dans l’instant, c’est encore votre peau que je sens ici mieux: je voudrais la deviner. Plus tard, ailleurs sourdent les effluves d’un autre temps, souvent je pense à vous qui m’oubliez, je me souviens que vous m’oubliez, je me souviens que vous n’avez jamais su, ce que vous n’avez jamais su voir, voulu entendre. Je pense plus vite vous m’oublierez, plus longtemps je me souviendrai de vos mains blanches.

 

L’été à la lueur des phalènes, elle est toujours la même. Belle-de-nuit luminescente, quand bien même cliché éculé, souvent brune, insaisissable bien sûr, perspective fuyante toujours. Au début je m’attarde sur son regard, je creuse le contour de ses seins à peine dessinés sous sa robe, ses reins. Elle a la beauté blanche des anorexiques, ses formes graciles se devinent comme naissantes et mourrantes à la fois, ses os tracent des lignes droites et rigides qui voudraient se briser. Elle disparaît ensuite au détour d’un angle, au bord de la rupture où sa longueur s’étend, et je finis par ne faire que la chercher au détour des autres. Ils deviennent scandales de n’être pas elle, quand bientôt elle réapparaît, déjà elle sent mon regard qui la possède, à chaque fois comme la première fois, je lui parle de vodka-cerise et de Martini-olive, tout prétexte banal a sa grande cause. Elle finit par se départir d’un grand rire à faire pâlir mon cynisme de grand échalas, alors que je commence par croquer délicieusement sa gorge délicate du bout des lèvres, j’oublie de dire comment, combien, à quel point ses lèvres pomme-cannelle, je dis excusez-moi follement elle dit embrassez-moi du peu, la sentir trembler sous mes mains, tout va plus vite, je sais la réinventer tout en priant qu’elle ne sache pas qui je suis, elle ne veut pas savoir mes antécédents de jeune mécréant en chasse comme je ne veux pas connaître la marque de son pull ni l’odeur de son appartement, qu’elle se tienne là, céleste et violente. Il y a quelque chose de trouble, quelque chose de trop, un homme nous effleure tandis qu’elle voudrait nous cacher, enfin madame, le connaissez-vous ? Elle rit de mes formules obséquieuses, elle ne sait pas répondre, pourquoi revenir à de si basses considérations, elle concède qu’ils sont venus ensemble à demi-mot bien sûr le regard craintif encore plus délicieuse elle ne pourrait pas, à croire qu’elle sait y faire pour jouer le naturel virginal, être celle qu’on embrasse sur les yeux. Oisif et brutal, je me suis saisis d’elle comme on commet un casse.

 

Plus tard, d’autres matins, d’autres soirs, elle est là, elle ne porte plus sa robe blanche, elle a échappé ses deux yeux rapaces et rieurs loin de moi, elle s’est affadie, quelque chose s’est tu ; le silence contre tout ce qui pourrait l’atteindre. Elle dit qu’elle ne se souvient pas, qu’elle a oublié comment, combien à quel point, tout ça, elle a oublié. Je ne cherche plus à convaincre, convalescent, peut-être, con, certainement, je voudrais une dernière fois me confondre au devant d’elle, à travers elle, tout en dedans, nu, pour qu’elle me comprenne, mon cœur familier, ingrate, t’en souviens-tu ?

 

Elle a écouté patiemment puis je crois qu’elle a dit la vie est trop courte pour certains qui savent la saisir. Elle a dit ça en déchirant l’emballage du sucre, avant de faire prestement ses bagages cers celui qui l’avait porté à moi, elle a dit encore, une dernière fois, la vie est trop courte pour ces considérations-là. Je t’appelle, prends soin des enfants et puis c’est tout.

 

A toujours vouloir partir l’on s’épuise. De vous à moi vous avez mis quelques milliers de kilomètres, des correspondances, matérialisons la distance. Parfois bouffi de larmes je finis par sourire, je vous porte en moi, c’est comme cela, pas autrement. Que vous soyez ailleurs, certes, je ne pourrai m’en défendre. Que vous ne soyez plus, passons cela encore, vous serez à travers moi ce que vous m’avez laissé malgré vous, à votre corps défendant, vos miettes de reniement vivace, une trace. Encore vous réapparaissez, furtivement, vous m’épuisez encore de vos simples mots, vous tentez de plaire, soit. La fierté est sûrement le seul de nos chemins, tendre et leste, droit bien sûr parce que comme il se doit d’être, évident, nous n’irons pas jusque là, là où nous sommes jetés.

 

E O. 2004

vendredi, 20 octobre 2006

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre II

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Il me tarde l’exil. 22h16 à l’horodateur. Merde. Vite. A droite, à gauche, coup d’œil furtif, toujours plus ou moins la même histoire, le même cliquetis singulier dans ma poche qui trahit ma fuite nocturne. Je suis poursuivi par mon ombre, une poursuite qui jamais ne finira, je me poursuis ou plutôt une pulsion en moi me fait chercher plus loin encore, je suis toujours devant de moi. Talonné de près, je remonte le boulevard, je tombe sur toi qui rentres, je reviens sur mes pas 22h18. Il est encore temps, il est toujours temps, temps d’attendre à trop tard. Je recroise toi. Tu fais semblant de ne pas me voir cette fois, c’est beaucoup moins facile la deuxième fois, beaucoup moins la surprise, beaucoup moins naturelle et dupe, beaucoup moins hasardeux surtout, ça veut dire on erre pareil ici. Ça veut dire tu m’as menti aussi, tu ne rentres pas chez toi, en fait. Un certain goût pour l’échec me fait prendre la rue suivante pour te croiser encore. Je serai de face, bien face à toi seul et milieu, tu seras mon obligée, forcée de lever la tête. Une sorte de terrorisme psychologique. Je me sens sexuel, très sexuel, je te domine d’une tête. Tu t’arrêtes. Tu murmures Décidemment, puis tu cherches un détail à fixer, comment se heurter à l’objet. Tu vas dire encore quelque chose comme une excuse, je ne voulais pas rentrer tout de suite. Tu attends enfin, vile et lascive, hideuse presque, tellement romancée de toi-même. Que je te plaque contre le mur, que je t’embrasse infiniment et surtout avec fougue, oui surtout, tu attends ça. Ca m’amuse terriblement. Comme une ronde douce et débile, je suis concentrique, je me resserre autour de toi, je suis la circonvolution stupide prête à saisir, presque carnassier, le plaisir de la chair offerte et en souffrance de trop peu, de pas assez. Les bras devant, le chef fièrement dressé, fat, droit dans mes bottes. Finalement tu ne dis plus rien et tu vas pour murmurer encore. Je te torture de silence. Attends encore un peu. Attends que tu sois au bord de m’écoeurer, j’attends tant qu’il est possible, un peu plus de mépris jaillira de moi, ma première convulsion exhortée et déglutie pour toi, un baiser impulsif, guerrier. Tu résistes bien sûr, tu feins de résister toujours à ce petit jeu insidieux, insolent, odieux, à bout, toujours à bout de forces tu es dans mes bras, pour que je sois ton protecteur et celui qui t’emporte malgré toi, tu attends encore de céder pour la faiblesse incarnée sentir. Je te plaque contre le mur, c’est une surprise évidemment, tu murmures exultant encore comme pour toi-même. Non, non, pas encore. C’est là, dans la rue, c’est trop pour toi, petite, ce sont mes mains qui se faufilent, par souci de décence dans la folie je te porte jusqu’à l’appartement, tu es comme évanouie, mon contact t’épuise simplement. Là, je me saisis de toi, tu pleures, prostrée comme à chaque fois, je suis comme un voleur, comme un violeur, tu es violemment absente, là, allez va petite, au repos.

2004

Eternal vertigo - si échappée soit-elle.

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Ce serait déjà toi qu’il faudrait partir. On se presse, vite, il faut encore partir avant que tout soit enfin comme on l’aurait désiré, il faudrait encore attendre que cela redevienne comme on l’avait voulu, le bonheur ne dure jamais, il ne s’atteint pas, il faut quelque temps à l’esprit pour comprendre où il est. La volonté est maîtresse.

Tu n’as pas grandi, pas tellement, tu es toujours là, encore dans l’attente, comme moi, j’ouvre la porte et voici la sale et si sournoise - comme la vie est quotidienne- je la referme pour retrouver enfin le silence de l’appartement qui est selon moi la plus belle chose qui nous résume, voici que je deviens matérialiste enfin, tu n’en attendais pas moins sûrement, car il en faut des jeux et des déguisements, de l’outrage surtout pour croire à tant de folie. La question est toujours de savoir si je ressemble à un voyageur, la question est toujours de ressembler au flash que je me fais de la situation, on disait qu’on mettait nos habits du dimanche, on disait qu’on mettait nos gants blancs de communiantes, on protestait un peu parce que ça n’est pas vraiment nous, communier religieusement, c’est plutôt le silence qui communie pour nous, il s’en est suffit d’une journée, il faisait frais, certes, mais il fallait tout de même ressembler à ça, les marcheuses, comme si y était, parce qu’on y est toujours deux fois plus avec toi, ma planque et la tienne, ce serait presque honteux de la révéler, ils voudraient tous être là à déguster tes yeux et me couvrir d’envie et de compassion, ils phantasment une propriété ou des droits que j’aurais sur notre personne, comme si nous étions un concept, je suis là, tu es devant, on marche et dieu que c’est encore loin, c’est tout ce vent qui va nous épuiser à la fin, parce que tu es dure à la peine et moi je voudrais y être plus encore.

Je hais la photographie.

On y revient encore. Le même train, la même saleté, le rêve encore plein les yeux et c’est déjà le retour, je te suis parce que je ne sais pas où aller, alors je prends mes bagages de suiveuse et ma solitude dans la poche, les yeux crevés de certitude de ce qui nous attend, est-ce qu’on saura se noyer là bas pour n’être plus que nous-mêmes, ma petite utopie atemporelle.

A penser le départ je voudrais qu’il soit là pour te démontrer enfin qu’il existe si peu, regarde-nous, nos carcasses, nos ventres décharnés qui retournent au pays, là où il faudra savoir partir plus parce que la ville ne sait plus tourner, il faudra que tu tournes à sa place, encore une fois, il ne faudra pas vieillir trop vite, savoir se tenir fort les mains jusqu’à ce que tout passe.

On dirait le paradis atteint, c’est calme et clair comme un appartement peut-être avec une terrasse sinistre qui annonce la rupture, tu parlais et je regardais la mer qui allait avec moi, tu parlais encore après c’était la fixité frustrante de regarder la mer du dedans qui explose jusque dans moi, c’était aussi laisser partir mes yeux à l’intérieur, c’était aussi l’heure de la résignation, comme après le travail lancinant du soleil sur la peau, il faudra qu’on en finisse avec la mer, la mienne, la tristesse qu’on emmenait au loin, au aurait su mentir pour rester encore, un jour il faudra partir de toi, c’est comme une adolescence qui recommence, il y a toi et la vacance éternelle posément envolée, la mer qui résiste, qui laisse sourdre une certitude enfin, la mer, parfois, j’ai l’impression qu’elle respire à ma place.

Elsa O.

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre IV

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 Le raptus métro

 

Raptus : nm.masc. psychol : mouvement brusque issu d'une pulsion puissante, passage à l'acte. Moment durant lequel la conscience est fortement perturbée.

J’attends. J’attends qu’il arrive qu’il passe que ça se passe, une fois, encore une fois j’attends une dernière fois qu’il arrive ce putain de métro, je pense à tout ce qu’on aurait pu faire ensemble le métro et moi c’est un être simple et drôlatique en fait c’est plus une sorte d’explosante le bruit et la fureur quand il débarque sur le quai je suis emporté avec lui et juste alors la vitesse s’arrête c’est trop, assez peu finalement, je voudrais une station éteinte où il ne freine pas je me serai introduit subrepticement dans la station morte, comme ça le métro serait passé sans s’arrêter, une belle rencontre quelque part c’est un peu comme s’il m’attendait le métro, j’aurais juste glissé en passager souterrain et silencieux broyé aussi, incognito surtout pour finir jusqu’au bout j’aurais été une petite personne fantasque et magnétique attiré par le rail qui crisse la vitesse qui m’emporte qui m’avale comment c’était d’être avec toi dans le train de nuit ton visage et le mien qui se répondaient la même chose la nuit était claire assez finalement, comment c’est d’être encore sans toi d’attendre la rame une fois la dernière pour toutes les autres, tu as voulu disparaître moi je reste encore sous le métro stoïque le voilà qui arrive qui fracasse l’air flottant et nauséeux au dessus des rails comment c’était d’être dans le soleil de tes mains un centre centrifuge et mon être transpercé par ton corps c’est comme le métro ma chance s’arrête là vois-tu petite notre fin n’est pas si triste à le répéter comme une idiote naïve et capricieuse, la fin c’est moi et le métro et moi encore qui gît morcelé sûrement il y aura des cris des hurlements j’aurais tant aimé que tu sois là pour voir ça une dernière fois moi sous le métro et tout le monde qui hurle à mon corps peut-être qui prie à mon salut petite salope tu ne sais pas ce que tu as perdu moi je le sais c’est vrai les sensations le souffle d’un esprit qui se sent vivre encore de l’évanescence de deux corps je sais ce que ça vaut c’est comme le métro et moi qui ne feront qu’un lors de la fin dernière deux corps entrechoqués une dernière fois je serai là gisant et saisi par la rame, je ne peux résister à l’envie de tuer ta conscience par mon acte qui me coûte finalement si peu quelques secondes à moi trois pas et merde paix à mon âme et pardon au conducteur qui verra la tête d’horrifié vivant que je suis sautant sous le métro à pieds joints petite écervelée sais-tu ce que c’est que la souffrance que tu m’infliges tout mon geste sera comme le surgissement de la haine qui gronde en moi encore et sournoise et plaintive et autant de fois maladive je voudrais te vomir de mon cerveau mais il n’y a que le métro pour sortir de toi et moi qui croyait sentir enfin la plénitude je serai un Jonas moderne avec mon métro clac on entendra un bruit sourd et sinueux clac mon corps et âme et le métro et moi ne feront qu’un quand mon grand corps malade sera brisé en deux sais-tu ce que ça fait ingrate encore une fois de perdre la raison je t’implore et je te crache mes exhalations catharales n’y font rien tu es encore polype visqueux et senteur putride le métro le métro le métro arrive.


Elsa O.

 

samedi, 14 octobre 2006

Estelle.

 

medium_boubat2.jpg

 

 

 

 

 

Sombrement saccadé un piano un chat

Une omelette à

L’oeuf

Le soleil qui perce à travers la fenêtre de la

Cuisine

Le piano

Joue du jazz

Tout seul

C’est du jazz

Mélancolique

Quelle absurdité

Comment le jazz

Pourrait-il ne pas être

Mélancolique

Avec la lumière du soleil

Il y a la fumée

De la cigarette

Qui paraît épaisse

Le visage de la personne

Qui est là

Est en surexposition

Délicieuse

Il est granuleux

La poussière aussi

A l’air opaque

En suspension

Dans le rai de lumière

Le chat

Est poussiéreux

Aussi

Finalement

Bizarrement

Il fait froid

Bizarrement

Je ne me demande pas

Pourquoi le piano joue du jazz mélancolique

Tout seul

À cet instant

Je crois que je me demande

Pourquoi

Tu n’es pas là.

Elsa O.

mardi, 10 octobre 2006

Deux couleurs

medium_images.11.jpgMême sans se mentir au fond. Je dérape à ton ombre. Je suis envahi du rouge charnel que tu portes à moi. Il arrive à ce point qu'il est impossible de ne pas se laisser envahir. Doucement j'exile à mon regard ce qui n'est pas à cet instant une part de toi. Mon goût acide, délicieux poison, petit truc de trac qui toque sur mon tic-tac.

Ruse subtile tu es, une fumée douce, jolie et belle à ton coeur défendant. Quand même. Je m'invites à notre nous. Si magique fut-il. Alors, comme après le mirage, sous la patine nous devinons en nos yeux la pousssière de ce qui fait l'instant. Il est si rare, volatile. Drôle de moment suspendu à d'autres temps. Juste le temps de se laisser aller.

L'affiche est alors la plus belle. Comme à l'instant où il se lève celui que d'autres nomment le soleil. Au plus profond qui n'existe pas nous gagnons le soin de la couleur unie.

Comment ne pas la penser rouge.

ml

mercredi, 30 août 2006

Un peu

Allongé à contempler le plafond, accompagné d’un peu d’air à respirer. Peu de choses à penser en ce matin approchant. Juste attendre, regarder le début de la lumière par la fenêtre et compter ce qui n’a pas été au-delà. Tu, toi, ton visage et quelques mots glacent encore un peu plus, un peu trop. Les traces de ce que tu n’as pas été enlacent, plus distinctement que les quelques instants partagés. Les mots ne se collent pas. Etrange sensation que de regretter ce qui n’a pas été, ce qui aurait pu.

 

JB

Et encore

En mêlant les meilleurs moments il en reste un peu. Vestiges valeureux de vous, mes chers êtres croisés depuis. Vous avez écrit sur la peau, gratté les sensations et les saveurs des jours, parfois traversé l’intimité mêlée de plaisir. Tout est resté. Là. Tout, pour que respirent encore plus forts nos poumons. Pour grandir dans l’âge en sentant le présent.

 

JB

mercredi, 26 juillet 2006

Idéal Rodéo cherche good business

medium_IMG_0437.jpgCa n'arrive jamais que quelqu'un vienne expliquer à votre voisin qu'un réveil ne s'active pas quand on part en vacances, que le monsieur qui nettoie la rue n'est pas missionné pour le gravillonnage de votre voiture. Je n'ai plus qu'à chanter dans ma voiture crasseuse "je ne suis pas un héros", ou encore le plus contemporain "qui se soucie de moi".

Je chante sans me douter que dans quelques minutes je pourrais ponctuer ma petite litanie d'un très veillard "et si c'était que ça". J'aurais pû crever un pneu, tuer un passant, me foutre en l'air. Non. Le destin avait choisi ce jour là un sort plus funeste. L'éclaboussure de merde sur ma veste, juste avant la réunion. Déjà dix minutes de retard avant impact. Choix crucial, arrivée sans veste. Pourquoi avoir choisi ce tee-shirt mickey...

 

medium_images.6.jpgJe pose discrètement la veste dans les toilettes du hall, en réalité je la cache sous l'évier. Pour une fois le gardien à l'entrée avait le sourire. Le tee-shirt. Mauvais ou bon présage? Je dois maintenant, avec un quart d'heure de retard, rejoindre la salle de réunion au cinquième étage. Je sens bien que ma tenue me pousse un peu à l'euphorie. Il me faudrait un costume sombre, oui une bonne gabardine foncée. Plus que quelques pas jusqu'à la salle. La porte est fermée. Je retrouve le sentiment d'angoisse perdue d'arrivée en retard aux cours du collège. Ici la porte est solide, impossible de savoir ce qui se dit à côté. Pas de sonnette, je dois faire une entrée impromptue, pour le tee-shirt, aucune solution. Je vais ouvrir franchement la porte...

 

medium_CA3TPD0L.jpgNe dites jamais à quelqu'un que tout le monde vous emmerde. Vous vous sentirez bien vite, et bien logiquement seul. Comme moi devant cette porte. C'est con mais les secondes durent une éternité, je vois ma vie défiler. Peut-être suis-je en train de mourir devant cette porte. Trouvera t-on un jour ma veste? Quelqu'un arrivera t-il à démêler le fil. Il a taché sa veste, il l'a laissé là. Puis. Puis quoi. Je me remémore ce qui fait de ma vie une chose particulièrement singulière. Je suis à moi tout seul une terrible machination. Il faut dire que je me sens particulièrement mal. La porte est toujours close et le silence toujours pesant. Le couloir est plutôt illuminé et peu étroit. Je m'assois sur une chaise, postée à gauche de la porte. Je suis au bord de quelque chose à la vue de cette poignée. Le temps fait oeuvre paresseuse. Ou c'est moi qui contemple ma vie avec une extraordinaire rapidité. Je ne suis pas qu'un cadre en retard habillé comme pour un congrès des tops managers de chez Google. L'euphorie burlesque me cloue sur la chaise sur laquelle je me plonge en moi même. Ma vie ne se résume plus au fond qu'à une semaine. Mardi dernier...

 

J'avais posé mes mains sur les petites colline rondes. Il est sept heures trente, peut-être quarante. Tu dors légèrement.  

 

à suivre...

ml

 

samedi, 22 juillet 2006

Ma lune n'est pas noire

medium_images.5.jpgAssise, les jambes croisées. Je t'imagine, tu me regardes. Je dis "tu donnes à voir ton corps, rien n'est plus beau que notre temps à ce moment là". Je suis toujours surpris de ne pas te trouver embusquée un soir devant ma porte. Il est temps, et je te dis "un soir, au creux de cette porte, j'aimerais t'embrasser", tu sors à peine de l'ombre silencieuse. Tu t'animes, donnes encore à entendre ton silence magnifique. Un jour plus loin, et il serait trop tard. Je sais que tu n'as pas la patience de laisser mourir ces moments. A peine ce que je pourrais t'envahir. Juste à quelques souffles. Je sens à présent tes lèvres gonflées sur ma bouche. Il n'est rien de plus sensuel, de plus électrique. Joues, coups, mentons. On n'en avait oublié, en laissant mourir nos rêves, la sueur caline de nos peaux...

Les jambes croisées, tu me regardes. Assoupie de ces langueurs. J'ai le visage en feu, et le coeur et le tout de toi. Donne à voir, encore, comme je ne peut qu'être que ce que tu désir de l'être. Au fond du feu, de ce couloir entre nous. Laissons envahir nos peurs, comme en sommeil, je te sens comme la plus belle odeur de mer. Assise les jambes croisées, je crois que je rêve...

Il est encore temps de se languir sur nos peaux à peine affectées de la chaleur du temps qui passe. J'aime la mélancolie de ton regard. Ton souffle. Un peu de ta voie qui part dans nos nuages. Nos peines. Nos nos... De se languir. Encore un peu de temps. La chaleur qui passe, juste une petite douceur à peine subtile.

Assise les jambes croisées, j'ai rêvé, je crois. Tu peine pourtant à disparaître de mon regard. Je sais que tu es là.

ml

 

dimanche, 02 juillet 2006

Un si joli petit ballon...

medium_doc-128.jpgTomber les sombreros, nous ne sommes pas à Mexico; fini les rapides et zveltes matchs sous le soleil à l'ombre du premier empire. Bienvenue en Allemagne, bienvenue au Mundial. A l'ombre des jeune filles en fleurs (celles du super-bordel de Berlin), sommeille encore doucement une équipe tricolore. Et un, et deux, et trois on se lêve les petits gars. C'est pas la voie tonitruante du Père Jacquet, hé merde c'est ce con de Raymond qui nous fait sa blague.

Las, nos ving-trois, ils se lèvent (en direct sur Orange mobile), on a différé la sieste de Fabien et de Grégory, ils arrêtent pas de se chamailler ces deux là. De toute façon tant que Zinédine est là... Merde c'est vrai que déjà au Japon on avait testé cette formule, et...

Si seulement on pouvait gagner et se serait l'euphorie, le miracle de la "croissance mundial". A coup de matchs nuls et nuls peut-être que? De toute façon si on perd on aura trouvé une bonne raison à nos problèmes. Si si la France à de gros problèmes, je vous le jure. Elle est crispée (comme son équipe), s'enferre dans le principe de précaution (comme son équipe), donne des leçons (comme son équipe). On s'en fout de toute façon on ne change pas une équipe qui...

DERNIERE NOUVELLE  Bon c'est vrai que l'équipe arrive en quart, alors, avec tous les médias ont part pour le méa culpa. Je m'excuserais si ont est en demi-finale, c'est promis...

TOUTES NOS EXCUSES A L'EXCELLENTE EQUIPE DE FRANCE

Désolé pour l'erreur mon petit Pascal, mais est-tu le Pascal de la Cabanne?

ml

vendredi, 30 juin 2006

C'est dans le jeu....cher P.R

medium_images_copie.jpgQuatre points de suspensions au lieu des trois académiques (prononcez bien z'académiques), j'écris donc la règle du jeu. Je suis, je suis... Bon on fait appel au public. Mais il n'y a personne en salle, alors le joker, on va appeller votre ami "Squal" pour répondre à la question.

 "- Allo, je suis, je suis, J.P.F, je suis, je suis, alors Squal je suis" , "- Non ici c'est la boucherie Sanzot".

Bon ok on va lancer les dés, j'appelle donc Luc R, dit l'Homme Dé qui bien qu'entravé de chaînes va les lancer les, les, les... dés. Bon alors je résume un double six et vous pouvez lancer deux fléchettes "indices", un double cinq et vous rentrez chez vous avec une boite de jeu...

Double cinq, ho c'est, c'est ... ballot bien sûr. Et bien merci Pascal R, de Marseille, je crois. Et finalement je crois que c'est moi qui ait gagné. Si vous voulez rejouer appellez moi au 06.82 .. .. .8.

ML

jeudi, 25 mai 2006

Habéas corpus en nuit forme mon scandale

Tu viens me voir et c’est déjà un scandale. A la façon d’une petite truie je t’ai imaginé à mon regard. Quand je te voyais, avant de pouvoir imaginer posséder ton corps, comme un fantasme humide. Las, encore, pour quelques secondes avant que nos corps ne se froissent. Il arrivera le moment où nous le diront. Ou l’un de nous, sûrement en usant d’une haute sémantique, interdira à l’autre le rivage de nos ports. N’est pas Pedro Almodovar qui veut, pas même en doublure. Tu as fini de m’adresser un regard de Jupiter anxieuse. Comme je te déteste déjà de savoir qu’après la nuit je serais incapable de t’aimer. Je devrais vivre seul,  l’appétit, fut-il sexuel, n’implique que subsidiairement la compagnie. En semblant de poète j’évite à ton écoute des pensées graveleuses qui me traversent. Je suis tellement lâche.

A ta façon de me deviner faussement je te présenterai bien ce que tu ne vois pas flotter en mon esprit, ce que je fais honte à ton corps. Comment je transforme le mien en taureau bestial triomphant. J’aime pourtant ta tendresse, mais d’une manière ridicule, égoïste, et peut-être hautaine. Je ne t’appellerai jamais ma petite truie, tu ne le seras donc jamais.

 

ml

samedi, 20 mai 2006

Dites moi que vous savez qui je suis et je...

medium_images.4.jpgIl s'agenouilla, à l'abris sous le bob qu'il venait d'acquérir. Pas trop sûr quand même de son anonymat, il commanda benoîtement un café. Il savait qu'il était en fait plus mythomane que connu. Qu'il se grisait tous seul de se croire reconnu, triste penchant amère de l'écrivain raté. Qui se souvenait des quelques rôles, justement anonymes, de ces dix dernières années. N'empêche, sous le soleil brûlant, masquer sa voix à ce serveur lui faisait le plus grand bien. Les rues grouillaient de peintres éphémères. Il en dégustait d'autant plus son café. Caché sous ses mimiques, un sourire lui pendait maintenant aux lèvres.... Encore imprégné de ce que son travail lui avait demandé de réflexion il cherchait peu à peu à plonger dans ce long week-end qui s'offrait à lui. Rien à faire, sa dernière note occupait toujours un coin de sa tête. La chaleur rendait la vue flottante, rien ne pouvait plus être vraiment net. Au creux de l'été, tapis sous cette terrasse, il mettait en oeuvre les quelques jours libres à venir. Bien sûr comme dans toute réverie il y avait un "elle",  elle s'imposait maintenant en douceur sur sa dernière note de travail. Recouvrait ostensiblement les caractères noires. Infime, au début, elle allait devenir le but de cette trêve estivale. Encore quelques minutes et elle serait une réalité à l'ombre de cette terrasse. Il rougissait déjà, elle apparaissait au coin de la rue...

ml

lundi, 15 mai 2006

Histoire 2

Histoire 2

Comment t’écrire que je t’aime, que je m’approche de toi parfois, juste pour t’effleurer.
Comment t’écrire que j’absorbe toujours plus ton être, que je te pense à chaque mot.
Comment t’écrire mes doigts tremblant de ta vie, de ton souffle transparent.
Comment t’écrire que nous sommes toi et moi si loin de tout, de chaque absence.
Comment t’écrire que le temps me rapproche toujours au plus près de toi, de l’unique nous.
Comment t’écrire que les jours s’ennuient parfois au-delà du présent, de la répétition fatiguée. 
Comment t’écrire la disparition organisée du quotidien, la limite infime qui nous bascule.
Comment t’écrire les espaces pessimistes, les signes indignes qui s’immiscent.
Comment t’écrire les regards évidents qui évitent le choix, qui frôlent parfois le rien.
Comment t’écrire que tu t’éloignes dans le temps sans bruit, que je le sais depuis peu.
Comment t’écrire que je m’approche de l’absent, que je le deviens et l’attends.
Comment t’écrire les restes de toi que je compte encore un peu, que j’avale en crachant.
Comment t’écrire les visages qui se multiplient et le désir envahissant de toi disparu.
Comment t’écrire que tu partiras puisque je ne sais pas le faire, que je t’attends partie.
Comment t’écrire que je répète toujours les mots de toi, de ton départ venu trop tard.
Comment t’écrire les passages lents du vide, que l’absence occupe tant de place.
Comment t’écrire le rythme d’une journée sans toi, sans le silence entre tes mots.
Comment t’écrire l’imaginaire intense de toi sur mon corps, que je vie encore.
Comment t’écrire la disparition paisible et certaine de toute image, de l’avant.

Comment t’écrire la simplicité de l’oubli.

JB

dimanche, 14 mai 2006

Notre symphonie

medium_juh.jpgDeux secondes encore, et c'est magique. Simple comme du babillement. Las de l'indiscible, du Roméo en sueur encore et toujours pendu à son balcon. Juste au creux de ma simplicité. Juste s'avançer. Des pas. Traces invisibles comme le rien des mots, juste suspendu à la pluie ou au brûlant du soleil. Plus de mystiques "chérie comme an again", rien de moins et donc plus de cris sur mms, de si suaves salés sussurements sur sms. Encore, à deux doigts de nos souffles, et de ce qu'il est bon de nous toucher. Ils s'étaignent les démodés décors, décousus et embarrassés de "tu sais", mimiques improbables aux buts à peine tranchant. Je sens maintenant ton souffle. Il n'est rien de plus romantique à nous que ce silence ponctué de nos souffles. Pas besoin, je crois, de s'imaginer à l'autel de nous. Ils sont fades ces rouges sublimatiques, trop arrogants pour leur prêter quelques crédits. Je n'ai pas besoin de le dire au passé simple, à l'imparfait, d'être un tant soit peu dans ma démesure verbale.

Reste, entre nous et le silence que le bruit parasite si doux de la ville qui palpite de ses nous. Pour nous, et c'est peu dire, à ce moment, nous survolons les bruits et les silences. Voila une vrai symphonie.

ml

vendredi, 12 mai 2006

L'ordre de l'alphabet

L’ordre de l’alphabet.

 

Je suis toujours surpris par votre présence indicible, par l’étrange et le paisible.

Rien ne dit plus que vous au moment de dire. Rien.

Parfois, simple mime, je deviens une virgule, je croise le peu que j’imagine.

Tout s’attaque autour, tout retrouve le vous de votre vertu symbolique.

Petite limite au registre insignifiant.

Si seulement vous saviez quand les multiples retours apparaissent,

Quand je ressens le moment d’être celui qui suit le sens.

Vous abreuvez tant et sans autre visage que l’intimité.

Pour aller où, pour surmonter qui ma très chère minuterie ?

La simplicité parle peu finalement, vite dit et labouré de lèvres.

Je me dresse devant vous sans comprendre la chaleur empressée.

Je ne cherche qu’un peu de votre intérieur effarant, de votre enveloppe finalement.

Pour en savoir un peu plus, il m’arrive de penser en suivant les lignes,

Sans plus, au cas où, pour voir, juste pour voir. Rien de plus.

D’autres fois, il me semble que vos suintements s’amenuisent,

Que vous glissez moins bien le long de votre virulent décor,

Que votre lenteur sereine s’ennuie et que vous tremblez.

Ne riez pas, vous tremblez parfois,

D’un tremblement éteint et lasse, minutieux. Puis plus rien.

Mais vous tremblez encore.

Alors, en peu de choses, je me décime à vos cotés,

D’un geste futile, insolent, je tends vers vous, vers vos versets impudiques.

Un peu apparaît alors, aucune symétrie dans les restes,

Tout s’entasse, sinueux dans mes doigts effarés,

Le lisse s’étouffe de transparence et je suis au devant de vous,

Pour devenir un mot, celui que j’écris puisque vous êtes.

JB

mercredi, 03 mai 2006

Histoire

Je regarde tes pieds,
Je rie de te voir là,
Je m’aperçois du beau,
Je me demande où cela va,
Je m’éprends du sol,
Je parle doucement,
Je t’accompagne au bord,
Je simplifie tes yeux,
Je ferme les mains,
Je repense encore à ça,
Je parle toujours trop,
Je savoure la lumière,
Je m’étonne de ton absence,
Je m’essouffle déjà,
Je t’adresse les restes,
Je soupire en silence,
Je te dédie mes riens,
Je pers mes forces,
Je te dépasse un peu,
Je dénie tes formes,
Je m’entraîne au-delà,
Je subie ton image,
Je m’endors sans air,
Je pleure de savoir,
Je te découvre presque,
Je réfléchie parfois,
Je m’exerce à demain,
Je t’interdis de mots,
Je m’exerce à toi,
Je dessine à peine,
Je m’informe encore,
Je découpe cette heure,
Je  t’avise de loin,
Je te vole ce geste,
Je mélange tes pas,
Je te disparais.

JB

lundi, 24 avril 2006

La lettre est en port dû

EPISODE II  - 25 avril 2006 -

Votre chantier, vous m'avez cité René Char, je n'ai pas rebondi. Vous avez envoyé la lettre, non-affranchie, vos règles du jeu. Vous ne voulez pas déflorer les lignes. Vous me reprochez en fait de faire irruption, le contrat est entaché. Je n'ai eu pourtant qu'à passer par là, attendre que vous finissiez une conversation et me baisser. Vous n'avez pas la beauté de la tristesse. Je remarque plus encore vos doigts enflés. Preuve pour contrat de votre statut. Vous les exibez à dessain, j'en suis sûr.

Vous poussez la méfiance au paiement du port, vous créez l'engagement. Avez-vous devinez que je vous sais déjà un vantard? M'avez-vous jugé, à quelle valeure? René Char qui disait, j'ai oublié mais ça me reviendra...

ml

 

 

 

dimanche, 23 avril 2006

Mais qu'est-ce que vous faites là ?

EPISODE I  - 24 avril 2006 -

medium_klk.jpgVous vous êtes installé sous la cabine, en fait à côté. Vous n'avez pas le genre à faire la manche, je devrais dire, pas le genre habituel. Votre polo est sale, mais trop clair. Vos yeux trop claires aussi. Je vous propose un café, j'ai une proposition à vous faire. Je sais que je ne doit pas être mythomane, simple. Je vous écoute, c'est un contrat. Je ne vous dois rien et inversement.

J'ai bien vu que vous écriviez tous les jours. Vos notes? "laissez à autant de gens", vous m'interpellez. Vous faites du théâtre, êtes érudis. On n'a pas envie de vous aider mais de vous voir exposer vos talents. Ca commence comme une rencontre banale, sauf que vous êtes dehors. Une lettre à mon nom et à mon travail, vous avez écrit dessus "à poster le 2 mai", donc à suivre...

ml

jeudi, 20 avril 2006

So love is an addict attitude

Courbé à l'idée de vous voir, sans chicungunia. Presque boiteux sans béquilles mais avec la boule au ventre. Expression de mangeur de po-corn, R avalé, voir maché, j carremment broyé. Prêt, pour être avec vous à assister à un concert d'Elton John, au barbecue de l'association "stop à la chasse au ragondin". Bref, addict attitude for your love my little baby. But you are a monstre, not a gentille plante verte. If vous m'obliger à tant de dangerous comportments. And my job, craindrais-je isnt'I. Sans oui je reste addict, juste rivé à votre feel in love.

Again more time and I will be totaly spice or funk or crisprols. Je crois que je ne peux pas mieux vous shower my wonderfull love.

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Pour ceux qui se reconnaissent: restez zen, mettez vous à une collection et surtout soyez fou mais pour vous (ça marchera mieux).

 

ml

mercredi, 19 avril 2006

Fugace tu étais

La lumière s'allume, sous les projecteurs je suis. Toi avec. Encore un peu pour que la chaleur suffise. Pour animer ce qui peut l'être. De toi à moi. Ce soir tu deviens ma Juliette, moi ton R. Comme dans un message à la Libé. Parce que trop "banquebable" à ce moment là, dans la team. Rien à paraître qui lisse et glisse sur ton regard. En finir entre deux suaves baisers. C'est la parodie réussie des remakes tant de fois avortés. Presque jusqu'au bout ils étaient. Et là, pourquoi ... il est vrai que j'entrouvre un peu plus ce que tu veux de moi. A mon jour où tu vois le mien. Ils ne tuent pas car pas ridicules ces moments. Redevenir animal, un jour, peut-être, il suffit d'une seconde.

Méandres, flottements ahuris et lumières vertes. Juste tendus pour que le charme fasse. Ce qu'il devait faire, c'est ce qu'il faut croire. Sourires en coins et coins pour sourire. En idéal moment tu te transportes à moi. C'est toujours plus beau qu'en rêve. Nous le savons maintenant. Sans les spleens de couleurs ou avec, sublime tu es. La futilité s'est offerte comme la plus belle lumière. Rugir, encore, le presque impossible est decidemment très joli...

ml

samedi, 08 avril 2006

La jeunesse n’est qu’un mot (d'actualité?)

             « A chaque âge ses plaisirs » ; voilà l’adage souvent utilisé pour justifier l’insouciance reprochée à la jeunesse. Pourtant, si l’on parle des jeunes comme d’un groupe homogène structuré, on peut se demander ce qui unifie la jeunesse. Quand Bourdieu dit, non sans provocation, que « la jeunesse n’est qu’un mot », il soulève une interrogation : que désigne-t-on par la « jeunesse » ?

            Pour reprendre le titre d’un ouvrage de Michel Foucault, il existe en effet un hiatus entre « les mots et les choses » : si le mot fige une réalité, cela est ici d’autant moins évident que l’essence de cette réalité est d’être en évolution.  Dans quelle mesure la jeunesse peut-elle se définir de manière qualitative, sinon de manière quantitative ? La division statistique, qui apporte une tranche précise, les 15-25 ans, révèle plus  de clivages qu’elle ne donne une définition de la jeunesse.

            S’il apparaît que la jeunesse n’est qu’un mot au sens où elle est relative à une époque, et objet d’enjeux de lutte plus que réalité palpable, il semblerait toutefois qu’il existe au-delà de la notion d’âge transitoire et de jeunesse statistique, une survivance du concept de jeunesse, certes romanesque, mais peut-être plus révélateur de ce qui lui est propre.

            Derrière cette formule, « la jeunesse n’est qu’un mot », qui pourrait d’ailleurs se lire comme une reprise détournée d’un poème d’Aragon, « L’amour qui n’est pas un mot », Bourdieu cherche à mettre en évidence la relativité de notion de jeunesse ainsi que les enjeux implicites qui incitent à définir qui est jeune et qui ne l’est pas.  La division des âges, si elle est selon Bourdieu, arbitraire, participe à tout le moins de clivages.

            En premier lieu, il faut entendre le propos de Bourdieu dans son contexte : au même titre que l’opinion publique est un artefact, la jeunesse n’a pas de substance, de réalité en elle-même. Dans l’article éponyme, entretien de 1978 et repris dans Questions de sociologie, il opère une comparaison avec le paradoxe de Pareto : on est toujours le « vieux » ou le « jeune » de quelqu’un. Par ailleurs, il faut relativiser la notion de « jeunesse » par rapport à l’époque où celle-ci est définie. Chez Aristote, l’homme atteint un âge mûr où il peut faire de la politique à soixante ans, et n’est sage qu’à quatre-vingt ans. La division des âges est indissociable de cette relativité temporelle. S’il serait inexact de ne pas reconnaître qu’il existe un consensus autour de la tranche d’âge des « jeunes », correspondant en fait à la définition statistique des 15-25 ans, parfois réduite aux 18-25 ans, souvent élargie aux 15-30 ans, au vu de l’allongement de la durée des études, de l’espérance de vie et de certains comportements médians ou parfois au-delà de trente ans on semble avoir affaire aux mêmes comportements, la jeunesse serait alors plus un jugement .

            Pourtant, si l’on peut se demander si la jeunesse en tant que recherche et construction de soi est un « travail », il est sûr que certains jeunes travaillent et d’autres pas : là où Bourdieu  refuse de voir derrière le terme de « jeunesse » un groupe homogène, c’est justement parce qu’entre un jeune qui commence à travailler à quinze ans et un jeune qui fait encore des études, il ne semble y avoir aucun point commun sinon l’âge : peut-on considérer que l’âge est une caractéristique structurante des comportements ? Pour autant, s’il n’existe pas de classe homogène, de « jeunesse » au singulier, on pourrait plutôt parler de « jeunesses » comme s’intitule d’ailleurs le dossier paru dans Marianne, n°409, de la semaine du 19 au 25 Février 2005, « Enquête sur les deux jeunesses françaises », qui met en évidence le fait qu’il existe plutôt, non pas une jeunesse mais deux, scindées par des inégalités scolaires et sociales. Il existe une idéologie de la jeunesse, phénomène aujourd’hui qualifié de « jeunisme » qui consiste à glorifier une forme de virginité du corps et de l’esprit, voisine d’un idéal de pureté et largement véhiculée par les médias. L’originalité de la pensée de Bourdieu est de montrer que cette valorisation esthétique, physique de la jeunesse, cette volonté de porter aux nues une forme d’insouciance voire de superficialité qui serait justement le propre de la jeunesse n’existe pas uniquement aux dépends des autres classes d’âge, quand bien même cette glorification serait une forme de violence symbolique. Si l’on réserve l’insouciance à la jeunesse, c’est aussi pour mieux réserver aux classes d’âge plus mûres, plus aguerries, des qualités comme la sagesse, l’expérience et par là une aptitude à s’accaparer le pouvoir. En ce sens, ce n’est pas vouloir nier l’existence de la jeunesse que de dire qu’elle n’est qu’un mot, mais plutôt souligner que la division des âges est surtout construite parce  qu’ enjeu de luttes plus que donnée objective.

            En deuxième lieu, si l’on peut donc considérer la jeunesse comme un flou autant statistique que verbal qui se définirait finalement plus par élimination, un « no man’s land »,  il n’en demeure pas moins que ce champ lexical, « la jeunesse », « les jeunes », « une bande de jeunes », relève d’une construction idéologique précise. En effet, s’il faut s’attarder sur cette distinction entre construit social et donnée objective, pour « sortir du sens commun », c’est parce que, comme le souligne Patrick Champagne, lui-même élève et collaborateur de Bourdieu, dans son ouvrage Médias et traitement des problèmes sociaux, l’emploi qui est fait des « jeunes », notamment dans la presse ou la télévision, relève d’un champ lexical relatif à des clivages et des sous-entendus, « discours qui tend à renforcer les opinions de M. Tout le monde. » selon  P. Champagne. On parle des « jeunes » comme d’une classe sociale qui aurait des valeurs et des comportements communs. Ce discours, caractéristique d’une idéologie qui vise à opérer une forme de marginalisation insidieuse, aboutit à des aberrations linguistiques telles que « un jeune des quartiers », expression vide de sens mais qui produit une image précise sur le public.

            Enfin, s’il existe un consensus latent autour de ce que serait la jeunesse, entériné par des institutions telles que la Brigade de protection de la jeunesse ou des notions juridiques comme l’émancipation ou la majorité sexuelle, droits qui confèrent à l’existence d’un stade intermédiaire où, sans avoir atteint la majorité on n’appartient plus à l’enfance, introduit une notion de responsabilité relative sur certains points, L’état de jeunesse semble d’autant plus flou et mouvant que l’on voit aujourd’hui repoussées les limites au delà de la trentaine, ce qui laisserait penser que la jeunesse est plus un esprit, un mode de vie qu’une tranche définie. La génération proclamée « gloubi-boulga », complexe de Peter Pan moderne relatif aux trentenaires nostalgiques réfugiés dans une exaltation de la culture musicale et télévisuelle de leur jeunesse. Il existe néanmoins, quand bien même la limite serait ténue, un stade ou la qualification de jeunesse pour un individu deviendrait anecdotique ou ironique, « ne plus être de première jeunesse, de toute jeunesse ». La vieillesse serait plus facile à définir que la jeunesse au sens où elle se caractérise par une dégénérescence physique  évidente. On pourrait cependant faire le même reproche à la tranche des « seniors » ; catégorie qui semble aussi unifiée que la « jeunesse » et participant au même titre d’une imagerie précise. Mais il n’existe, de la même manière, aucun lien réel entre une personne âgée en situation précaire et une personne âgée qui jouit d’un patrimoine et profite de sa retraite.

            Il y a donc une distinction à faire entre la jeunesse statistique –soit les 15-25 ans- qui apparaît certes discutable, arbitraire et relative mais consensuelle, et le concept de jeunesse, en ce qui la définit, la caractérise. S’il faut aussi se garder de confondre les caractéristiques de la jeunesse, les qualités qu’on lui attribue, et son essence ; l’aspect romanesque, quasi-mythique qui entoure ce concept, le « champ des possibles » qu’elle est réellement, et c’est peut-être en cela que, si elle n’est qu’un mot, lui survivent des caractéristiques qui l’unifie.

            Si la jeunesse n’est qu’un mot, il ne faut pas négliger tout l’aspect implicite qui connote ce concept : le caractère mythique de le jeunesse tient pour beaucoup à la façon dont elle est définie aujourd’hui.

              On parlera  dans un premier temps pour la jeunesse de « l’âge des possibles », quand tout est encore à faire. Par ailleurs, on lui reconnaît aujourd’hui cette qualité de phase transitoire, de transformation, qui se rapprocherait de l’adolescence, même si ce terme est plus connoté par cette transformation, quand  la jeunesse exprimerait une ascension. Le consensus autour de l’insouciance, de la recherche de soi, du passage de l’état d’enfant à l’âge adulte s’illustre par exemple dans le livre de Françoise Dolto, Le complexe du homard ou dans le roman Sa Majesté des mouches. L’ouvrage de Dolto a permis de populariser l’idée que l’adolescence, si elle n’englobe pas à proprement parler le terme de jeunesse s’y rapporte largement, est aussi une recherche des limites et caractéristique d’une période de mal-être. Cette recherche semblerait être sinon une exigence, du moins un atout de la jeunesse. Par là, qu’exige-t-on de la jeunesse, sinon le devoir de mémoire ? Pour reprendre une citation de Courteline, « Il vaut mieux gâcher sa jeunesse que de n’en rien faire du tout. », il existe dans l’imaginaire collectif une recherche des limites, de l’insouciance qui ne serait allouée, et par là même presque exigée qu’à la jeunesse. En ce sens, une jeunesse conformiste pourrait ne plus être tout à fait jeunesse. Cette exigence apparaît à tout le moins participer de cette imagerie romantique, du mythe, qui comme tout mythe possède ses icônes. De Rimbaud à James Dean pour ne citer qu’eux, on semble reconnaître aux jeunesses consumées un certain panache romantique. Rimbaud illustre par là de manière très forte la jeunesse, « l’éclatant désastre », qu’il définit lui-même dans Illuminations, Jeunesse 3, « Vingt ans » : « Ah ! l’égoïsme infini de l’adolescence, l’optimisme studieux ! », vers moins connu qui corrobore  le fameux « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans ». A l’inverse, une jeunesse prometteuse, si elle est alors dépourvue du romantisme des génies foudroyés, ne perd par sa qualité noble, hautement nostalgique, empreinte d’une certaine majesté comme l’exprime le seul titre de la biographie de Pierre Péan sur François Mitterrand, Une jeunesse française.

            Il existerait donc, sinon une essence de la jeunesse, à tout le moins des caractéristiques, certes diffuses mais communes à celle-ci. Cette symbolique s’exprime fort bien dans la « Lettre à la jeunesse » d’Emile Zola, publiée en 1897 à l’occasion de l’affaire Dreyfus. S’il commence par s’adresser aux « jeunes gens », sa lettre prend le chemin d’une harangue allégorique, « Ô jeunesse, jeunesse ! Je t’en supplie, songe à la grande besogne qui t’attend, tu es l’ouvrière future, tu vas jeter les assises du siècle prochain. […] jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont enduré […] »  Cet appel, qui semble souligner l’existence d’une unité au moins idéologique -fût-elle la seule- trouve son pendant contemporain dans un titre du groupe anarchiste des années 80 Les Béruriers Noirs,  « La jeunesse emmerde le Front National. », slogan qui trouve lui-même écho dans la forte mobilisation de la jeunesse lors des manifestations du 21 Avril 2002

Ainsi, si le terme de jeunesse ne semble pas recouvrir une classe sociale, au vu des disparités sociales qui la divisent bien plus que l’âge ne l’unifie, la notion de « choc biographique » élaborée par Henri Pentecouteau dans sa thèse sur le « Devenir Bretonnant » en 2002, semble expliquer pour partie l’absence actuelle de grand mouvement unificateur. Le « choc biographique » serait en effet le propre de certaines classes d’âge qui, fort d’une expérience marquante telle que la guerre, ou pour prendre des exemples plus concrets, la guerre d’Algérie ou Mai 68, seraient apparue comme « une jeunesse » à un moment donné : si les disparités sociales ne disparaissent pas pour autant, il demeure néanmoins un événement qui structure les actes et les destins d’une génération : en ce sens, on peut parler d’une génération 68, moment de l’Histoire ou une classe se pose en refus de l’ordre social. Avec toute la précaution qui s’impose lorsque l’on s’essaie à une analyse présente, il semblerait - sans tomber dans le poncife du « no future »  qui existait déjà du temps de Musset, le « mal du siècle » - que l’absence véritable revendication ou même de « choc biographique » soit l’explication d’une difficulté à définir une « jeunesse » qui pourrait s’identifier à une lutte ou à un événement particulier. Le seul « choc biographique » identifiable, qui n’en est pas réellement un parce qu’il n’a pas, a posteriori, de réelle ampleur, quand bien même la jeunesse se définit souvent par rapport à lui, le 21 Avril 2002, date ou Jean-Marie Le Pen, leader du Front National, atteint le second tour de la présidentielle. Ainsi, le 21 Avril 2002, s’il semble unifier une partie de la jeunesse à un moment donné, ne semble pas avoir a posteriori plus d’ampleur que les J.M.J ou les rave parties. Dès lors, la jeunesse d’aujourd’hui apparaîtrait effectivement au vu des disparités sociales et scolaires et de l’absence de mouvement ou d’idéologie unificatrice, comme un mot sans existence réelle.

Pourtant, s’esquisse un paradoxe au sein de cette notion de « choc biographique », événement, expérience qui pouvait à un moment permettre à la jeunesse d’apparaître comme un seul homme, à savoir que l’expérience, serait ce qui sépare la jeunesse de la maturité ou de la sagesse. Dans cette approche, on peut se demander dans quelle mesure l’expérience « tuerait » la jeunesse. La préface d’Aden Arabie écrite par un Jean-Paul Sartre amer qui porte un regard sur la jeunesse de sa génération, se pose comme une prétérition provocatrice : « Et puis nous voilà vieux. Nous avons tant de fois trahi notre jeunesse qu’il est simplement décent de la passer sous silence. […] Vingt ans, oui, j’ai du les avoir, mais j’en ai cinquante-cinq aujourd’hui et je n’oserai pas écrire : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Cette phrase donne une perspective à la fois ingrate et amère de la perception d’une jeunesse : celle de Sartre, comme celles de beaucoup d’autres, s’est construite de pair avec un idéal, une croyance en des idées. Ceci semble apparaître encore comme un motif structurant de la jeunesse : celle de croire en des idées et en la possibilité de leurs réalisations. Si l’on reprend le concept de « perfectibilité de l’homme » de Rousseau, on peut se demander si la jeunesse tire profit ou du moins devrait tirer profit non seulement des découvertes, du savoir et de l’expérience, mais encore de toutes les errances de ses aînés. Par là, on peut s’interroger : après l’effondrement des grandes idéologies au 20e, que reste-t-il à la jeunesse sinon de prendre acte des échecs la précédant ? Comment la jeunesse peut-elle tenter, sinon dans une fuite complaisante vers l’hédonisme, d’être insouciante ou férue de conviction ? Dans un documentaire réalisé par Pierre Carles, La sociologie est un sport de combat, dont il est l’objet, Bourdieu dit lui-même : « Ce qui m’intéresse encore aujourd’hui, malgré tout, c’est de travailler avec la jeunesse, avec cette jeunesse, qui a des rêves et qui veut les réaliser. Je suis là pour les aider à mener à bien ces rêves. » 

En conclusion, il apparaîtrait que comme « l’amour qui n’est pas un mot » mais une sensation plus diffuse comme l’illustre le poème d’Aragon, la jeunesse ne soit ni une réalité ni un mot, mais un état d’esprit ; que ses pères s’inquiètent pour elle autant qu’elle ne s’inquiète de son avenir, pour reprendre Nietzsche : « l’homme peut-il définir le propre de l’homme ? », la jeunesse certes alerte de son temps et consciente de son devoir de mémoire, en restant sourde aux griefs qu’on lui porte et qu’on lui a toujours porté, qui pourrait, mieux qu’elle-même, la définir ? Dans l’émission « Cultures et dépendances » du 23 Février 2005, où étaient invités Alain Touraine, Edgar Morin et Georges Steiner, ce dernier parlait de la jeunesse en ces termes : « L’espoir est une grande erreur magnifique. Si l’on ne laisse pas ça à la jeunesse, que leur laisse-t-on ? »

 

E O

vendredi, 31 mars 2006

VOS UNES

VOS UNES

"Dans un an je dissoudrai le CPE" J.C de Corrèze

"Pierre Bourdieu explore la jeunesse, Vileppin la délimite"

SL

mercredi, 29 mars 2006

Wrangler, gigot et compagnie...

medium_08_-_hoover.3.jpgLes administrations sociales sont donc pour la majorité hors du budget de l’Etat, de même pour les collectivités locales. Celles-ci doivent toujours plus gérer, tant la volonté décentralisatrice est forte depuis 1980. Départements, régions, communes et à présent communautés de communes se voient remettre les clés  de la France.  Les débudgétisations abondent, du coup certains impôts locaux flambent. Ca et là les élus sont toujours plus accessibles et ont du mal à jouer le rôle de sorcier et de politique. Les horizons se confondent en certains lieux, et l’Etat, d’envoyer ses fédéraux de l’éducation nationale pour résonner les individus bradant ou dénaturant l’école. Les routes, elles, n’ont plus de nationales que le nom, de même que l’aspect public des autoroutes dans l’imaginaire collectif. La décentralisation fait bon lit au libéralisme, et les caisses diverses du social se voient diabolisées. Ce sont des gouffres, en faite, ce sont des flèches. Ces flèches qui relient non imposables et sécurité sociale, entreprise et chômage. Quel but nous fait donc courir? A-t-on bien jaugé la croissance, ce gigot. Les contraintes européennes finissent de cuire le gigot à la sauce américaine, bien sur. Dans une soirée décalée autour d’un verre, il refait ce symbolique lâché de colombe et chacun rit de sa naïveté. L’Europe des capitaux est évidente à présent et feindre de lutter contre est déjà utopique mais surtout démodé. L’élite se rajeunit et accepte sans jeux stupides les règles du jeu : la mondialisation évidente intégrée. La nationalité européenne fait rire le Texan qui l’est autant qu’américain. Les sphères du découpage y semble granitique et chaleureux, Roy répare sa Wrangler c’est la loose – A plus Bob…

 

SL

mardi, 28 mars 2006

Mise en demeure -Attention tu paaassssses-

Un roman ça commence toujours par un train...

medium_train.gifAlors voila, tu descends toi, de ce train là. Tu sais déjà que ma présence n'est pas l'absurde, le rien ... pour toi. Elle veut forcément dire quelque chose. Tu n'as qu'à prendre les choses en main, m'intimer. Faire les brefs et les souffles. Ce que tu crois que je vaut. Encore quelques secondes et je t'indiquerais par plus qu'un regard ce que, au delà de mes désirs, et tu les connais, me provoque ta venue. C'est juste à l'éphémère que j'aurais pu apprendre, une fois encore, comment ne pas verser à l'eau de rose mon histoire. Manque de consistance, charisme préhistorique, engueulade du moi et du sur-moi. Me faire croire que j'hésite quand je prépare déjà des mots doux dans ma bouche. L'envie passagère est comme le train qui passe. Fausse extase de toi descendant du train, abscès romantique, je suis maintenant tout à mon désir de croire en ton amour. Tu me possèdes à peine plus loin qu'en descendant du train. Je suis venu te dire que..."ça me fait plaisir que tu sois là". Je fixe précisémment le moment où ma lacheté ne m'est plus perceptible. Elle s'échappe en grains d'humours, légers, que je fleuris autour de toi. Fleurs jaunes, araignées empêtrées dans leurs chagrins du matin, tonnes de vitres cassées aux refrains de cent ans de malheurs. Plus qu'il n'en faudrait pour ne pas tendre ma bouche vers la tienne. Ca y est nous sommes à quai. Cachés sous notre impudeur, j'ai la flême romantique qui me taraude en plus de mes désirs les plus ... primitifs. Oui, donne moi ta main. J'étais venu te dire que ... "tu m'as manqué". Je suis athé de toi, je m'emporte en sussurements qui, une heure auparavant, emportaient mon écoeurement. J'étais un R E B E L L E, c'était le bon vieux temps. Le train part, nous somme toujours collés. Je suis en train de redescendre, l'instant romantique est déjà rance. Van Gogh mal éclairé, pas rassurant, luminaire blanc avec un globe opaque, ampoule sur la main jaunie, plafonnier de voiture encrassé,  évier avec du riz passé au fond ... vite je chuchote déjà nos désirs et s'évanouissent les disneys moribonds. Dans la nuit ou au réveil ils reviendront ...

ml

dimanche, 19 mars 2006

Again world, juste un peu de flex

J'étais en train de déguster un bon moka au mox de chez Cogéma, tranquillement installé dans ce qui restait de "le vrai Paris" au quartier St Michel, quand soudain j'entendis les trois lettres du moment, C P E. D'abord, en bon journaliste vierge de notoriété, je saisis la chance du bel article. Se lever, courir vers l'information juste à côté. Las, plus personne. Comment rendre original le sujet CPE, première phase démystifier le cycle, alors: le CPE c'est le Contrat Première Embauche. A part ça, bah rien. Zéro, le vide. Juste l'idée de créer un nouveau ghetto sous forme de tranche d'âge éligible, légaliser une période d'essai de deux ans. Alors quoi ? Que dire ? Pour redynamiser l'emploi on doit donc libérer les employeurs de leurs liens avec les salariés, seraient-ils des boulets ? Et le CDD, l'Interim, les contrats saisonniers, l'apprentissage, le contrat alternance, les stages ? Non vraiment je devais retourner à mon café Mox pour réfléchir à la situation, moi qui écrit à la pige m'imaginer une pige de deux ans... Au fait attend deux ans et peut-être que tu pourra lire l'article en étant sûr que tu travailles lundi.

ml

  

 

lundi, 06 février 2006

Un cinq à six vos mieux qu'un sept à huit

M comme Mythique, comme Mylène de Farmer ou bien comme M...E. Mais pourquoi cela me gêne t-il de voir une nymphe exangue sur le plateau de sept à huit? Peut-être tout simplement car c'est sur tf1. Non, j'aurais pû dire merde tf1 plus simplement. L'absence de couleur sous cette chair fraiche, bof, pas plus désarçonnant qu'un épisode de Derrick...

Non MF et son mythe un dimanche soir sur une chaine à grande audience ça fait chier. Et c'est bon de le dire comme ça. Non que vos chansons soient remarquablement critiquables mais à cause de cet air d'excuse. Ce minaudement qui veut faire la clarté pour obscursir un mythe qui n'en devient que plus ridicule. Parlez nous plutôt de votre business Mylène, dites-nous comment vous avez sû mettre en scène une forme de mal-être tinté d'agoraphobie. Faites l'édito de Capital et nous serons apprécier votre part de mystère: celle de l'argent. Soyons pur et disons le si désanchantée vous puissiez être aussi peu désargenté vous devez être.

Mylène, ce n'est pas que je ne vous aime pas, mais vous, sept et à huit, et une audience à faire vomir un clown, vraiment, vous êtes trop libertine.

ml

vendredi, 30 décembre 2005

BONNE ANNEE A TOUS

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vendredi, 25 novembre 2005

S.T.A.G.E

medium_photo_223.jpgS.T.A.G.E, un beau sigle mais qui, sauf à vouloir jouer à l'attribution de mots (Son Travail Agréable est Gratuit et Effectif), transcrit avant tout l'existence d'une catégorie de travailleurs le plus souvent peu ou pas payés. En vocabulaire de stagiaire le salaire deveint l'indemnité et le travail, l'appentissage ou la "découverte". Seulement voila il y a tellement de réalités que tous les coups sont permis à commencer par les coups financiers pour les entreprises. Stage de colégiens d'une à deux semaines, en alternance, en apprentissage, stages "bidons" couverts par des conventions de stage qui n'ont de réelles que le côté administratif...

Mais qu'est-ce qu'une convention de stage pour certain stagiaire: un billet pour l'emploi, une étape obligée où, comme au temps du servage ou d'autres pratiques, on doit au vassal de un à douze mois (vous avez bien lu) de travail gratuit ou payé aux environs de 300 € (au delà l'entreprise doit, hô! malheur, payer des charges sociales). Le stagiaire remplace en réalité souvent un CDD qui aurait été employé pour un accroissement temporaire d'activité, son niveau est souvent égal (d'un point de vu universitaire) à ces collègues de travail, la seule différence étant que lui ne touchera rien à la fin du mois. Je connais des stagiaires aux 35 heures, qui assistent aux réunions et participent donc de manière intégrale à la vie de leur entreprise, ils ont aussi une pression quant aux résultats (l'avis du maître de stage sur le rapport est en jeu). Le comble c'est que les stagiaires ne sont pas comptabilisés avec les chômeurs...

Bien utiles ces stagiaires tout de même, tiens au fait, comme ça, comment se fait-il que certaine entreprises (y compris des entreprises publiques) accueillent chaque année le même nombre de stagiaires? Cet accueil ne viserait donc pas à un plan de recrutement interne? Peut-être que ces entreprises forment ces jeunes aux profits des autres? Ou peut-être qu'elles profitent de ce système?

Quoi qu'il en soit pensez y quand vous en croisez un, il ne vaut pas moins que vous, c'est le principe qui vaut moins que lui.

ml

P.S: le club lecture recrute des stagiaires pour pallier à l'orthographe lamentable des textes diffusés, convention de serbo-croate, de science des écureuils acceptées... Indemnités: 1/25 de carte orange...

jeudi, 24 novembre 2005

Du côté de la FNAC, heu, de la FAC

medium_medium_hj.2.jpgL'égalité des chances semble régner et pourtant ça et là se glissent des détails qui peuvent provoquer l'échec de tous. La globalité donne heureusement un handicap commun à tous : celui du lent décalage, des petites fissures qui morcellent peu à peu l'idéal universitaire.
A la rentré c'est la « mise en groupe » obligatoire, bof, cela est sans conséquence paraît-il, pourtant le groupe du « numéro sept » aura cour le vendredi jusqu'a l'heure du même nom toute l'année, pourquoi ne pas alterner au deuxième semestre, mystère…
Au chapitre des notes quelle surprise de découvrir sur les panneaux d'affichages distillant les relevés de notes officielles quelques points ajoutés ça et là pour on ne sait quel motif et pourtant dûment estampillés par le secrétariat tous puissant de l'UFR...Coté cour la participation ne semble pas récompensée et on doute parfois de la volonté des professeurs à conserver l'anonymat des copies qui est confié a leurs bons soins. En matière de copie on plaint le professeur qui doit parfois en corriger plus de trois cent - pour une même épreuve-, mais; on plaint aussi l'élève dont la copie est en bas du tas...le professeur aura t-il déjà dépassé son quota de notes moyennes et son petit florilège de bonnes notes...L'impact du "saccage" n'est donc pas des plus menaçant, du reste l'intégrité et plus encore l'équitabilité de la notation, au final, semble être compromise, sauf, a intégrer une nouvelle discipline, véritable tronc commun: la stratégie scolaire....Les options se greffent à tous les parcours universitaires et pour certaines rivalisent de frivolités, il est commun de se retrouver dans une option débutante -notamment en langues ou en sports avec de véritables pros qui ont déjà plusieurs années de pratique; l’effet immédiat est la "concourisation" des épreuves et partiels où le débutant en bon progrès est un mauvais incomplet...

SL

samedi, 19 novembre 2005

Hô Tunis

medium_photo_177.jpgDe mémoire y a t-il déjà eu une liberté de la presse en Tunisie? Si oui une telle assertion ne nécéssiterait-elle pas une étude faite sur place et donc, par définition, interdite?

Comment le Président Ben Ali, une sorte de cher leader du trou noir internet, ne réalise t-il pas que de telles attitudes ont comme résultante la perte du pouvoir. Notons que refouler le Secrétaire Général de Reporter Sans Frontière en plein conseil de l'ONU sur l'information apporte peut-être un avantage pour le pays ou pour le Président. Mais lequel, on sait pourtant le Président fin tacticien. En réalité il semble se noyer dans le comportement grossier et maladroit: tabassages de journalistes, filatures d'intellectuels dignes des plus grands "Pierre Richard" ou encore pentalonnade de mots à la tribune onusienne pour ne pas associer le mot internet à celui de liberté. Voila, cher Président, vous devenez un dictateur comme un autre, mégalomane et aveugle au point de mettre en danger votre propre pouvoir.

Certain régimes s'y sont essayés mais, si ignobles fussent-ils, ils avaient au moins l'alibi ou l'aliénation religieuse. Là on ne voit pas, il ne reste alors plus que des mots venus de l'étranger; consternant, indigne ou encore "fou du pouvoir". Les troupes silencieuses n'en sont que plus puissantes et, qu'elle soit de jasmin, de rose ou de sang, la révolte est à craindre.

Il n'est pas temps de partir mais peut-être de s'honorer à risquer le jeu de la liberté de penser. Hô Tunisie, que tu es belle mais si triste de silence.  

ml

 

mercredi, 16 novembre 2005

100 jours pour convaincre, trois mois pour...

medium_94c7cfba8f7441b5a089f03a3bb1e347_51660_2.jpegComme le faisait remarquer un jeune homme brillant et issu de l'immigration sur un plateau télévisé, aurait-il été invité sans les "émeutes"? l'émission aurait-elle eu lieu? Si oui, pour parler de quoi? Non, il aurait peut-être été invité sur un programme court et à France Trois (Sagacité) ou bien encore sur un plateau artésien à moins que Direct 8 n'ait un plateau à composer. Sans cautionner les sacages menés dans les banlieues on peut légitimement s'interroger sur leur "utilité finale". Le parti pris est certe tengeant et c'est peut-être pour cela même qu'il est peu couru par les médias. Pour aborder cette question, et pour assurer le lecteur de l'indépendance de ces lignes, demandons nous si des tentatives d'alertes pacifiques ont déjà eu lieu. Des tentatives comme des album de rap (IAM décrivant des quartiers tournés sur eux-même, NTM décrivant la vie des fils de banlieues, Assassin peignant lui aussi le décor) qui sont distribués par les grands réseaux, des démonstrations de testing débouchant sur une jurisprudence homologuant le testing comme preuve du délit, et puis les chiffres à disposition de toutes les autorités politiques ou administratives. Alors oui, on peut légitimement penser que, sans être réfléchis ni coordonnés, et donc de manière individuelle plutôt crapuleux, ces délits en masse constitus aussi une révolte débouchant sur une réelle prise en compte. La violence utile à la compréhension n'en est pas pour autant acceptable mais, en l'occurence, elle débouche sur de réelles avancées à commencer par la reconnaissance, au plus haut niveau, d'une certaine passivité de l'Etat à l'égard de situations délictuelles: racisme à l'embauche ou au logement ou encore non-respect d'un engagement pour les 20 % de logement sociaux.

Ne peut-on pas croire que l'exclusion d'une partie de la population des cent jours de Villepin ait conduit cette même population à commettre les trois mois de Sarkozy. On peut être non-violent et reconnaître qu'après coup, l'avenir des quartiers, tout en restant précaire par la fragilité des engagements, prend au moins une direction nouvelle. Pour le choix des mots dont il est tant question pensons aux différences entre: émeutes, violences et ... révolte. La légitimité ne s'obtient pas par les coups mais par les ... Révolutions.

ml

samedi, 12 novembre 2005

Vie

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En revenant de là-bas, je suis fatigué, épuisé de m’être autant éloigné de moi.

Sans comprendre je m’assoie, tout près, juste à coté de là où j’avais été.

Alors je te parle, avec des mots courts, quelques lettres, à peine.

Je veux te dire ce que j’ai vu, sans que tu puisses l’imaginer.

Te décrire le peu, l’invisible mouvement que j’ai suivi, envahissant et proche.

Franchir le chiant de la vie, le pénible et le précoce, la limite invivable.

Que tu comprennes qu’il faut, sans attendre, se blesser au matin.

Se couper un peu plus, couler un peu plus, sentir un peu plus. 

Survenir de là où seul un cri émeut et s’affaiblir pour craindre.  

Puis je continue, j’ajoute quelques détails évasifs, quelques signes évadés.

Puis j’arrête, je cesse de parler, soulagé d’avoir à peine murmuré.

En moi je crie, tout au fond, loin dans mon ventre, loin derrière la peau.

Tu ne bouges pas, rien d’autre qu’un peu d’air qui rentre et qui sort.

Avaler cet air, avaler ton air, le garder un peu, le respirer et cracher.

Ne rien dire puisque je ne sais pas, ne rien disperser de plus, recracher.

Avancer un doigt, revenu lui aussi du bout de mon bras, le poser, appuyer.

Tu ne cesses pas, je propulse encore des mots, je précise à peine.

Figée d’un sourire, tu attends ma mélodie mélancolique et cyclique.

Rien ne t’amuse plus que ces minutes, lasses et indécentes où je suis.

Retour de là-bas à la lumière rampante, sous l’amicale éclairage de ton visage.  

Quelques mots viennent encore pour te vibrer d’images imprégnées.

Alors j’investis l’obligatoire silence, celui qui restera le moment d’après.

Puis tu parles, d’un trait, et dans le bruit de tes mots je reçois.

Tu continues encore, d’autres phrases se délassent, je présume.

Je t’écoute, je t’écoute et je m’essouffle, je t’écoute et je m’endors.

J.B.

medium_dscn1090.jpgRien que pour ça, s’écraser là, manger la méthode et lier le lent, s’épanouir et se blesser, s’envahir et casser, mettre le mot debout, se soumettre, commettre le geste et la phrase indigeste, ridicule ouverture de quelques impasses, se laisser passer et négliger l’abcès, ne rien opposer et s’infiltrer, sans influence, dans le brut et le sens, tout peser de silence au bout de la pensée, miniature de vie à l’allure de l’oubli, limite de l’évidence et présence impliquée, sans déposer la peau ni l’intimité, sans reproduire le faux et l’impunité, ne rien dépasser de l’après, n’apaiser que l’enjoué, ni le mieux, ni le peu, rien d’autre que respirer.

Julien Brousse

Tu

Tu ouvriras ta main,

Tu seras le mot,medium_photo_174.jpg

Tu donneras un lien,

Tu baiseras ma peau,

Tu ouvriras les yeux,

Tu poseras ton air,

Tu suivras le creux,

Tu t’étendras vers,

Tu souffleras le sel,

Tu verras l’espèce,

Tu toucheras celle,

Tu seras sans cesse,

Tu t’apaiseras là,

Tu écriras le vide,

Tu diras pourquoi,

Tu concéderas une ride.

 

Julien Brousse

Maintenant

medium_photo_033.jpgJe mange parce qu’il le faut, j’aime quand j’y pense, je vis puisque je suis né et je m’assois souvent le cul sur le sol, plus près d’en dessous, pour attendre un peu, voir le peu qui apparaît et m’absorbe.

Je regarde et je palpe l’hostilité ambiante et vivace. Je conçois si peu, dans le méticuleux réveil, dans la longueur, dans le jour épais. Je regrette par habitude, je ris du bruit et du son sinueux des mots, des touches impartiales, du message invariable et fini.

Assis près du bas je ne tombe pas et je regarde en accompagnant les départs. Je perçois sans plus les rires de ceux qui s’appuient, qui s’endorment en douceur, en laissant partir un peu, en laissant la symbolique pleurer dans son coin.

Alors je suis bien puisqu’il convient de l’être, je m’adresse au sol rugueux et couvert de millimètres, je lui parle longtemps, des idées nobles écrites autour, des messages minables et sublimes, des matins acrobatiques et des théories épiques.

J’abreuve le bol de l’imposteur, je me nourrie de peu tout en charmant la langue, en abaissant le sens au plus près du malaise, juste pour mûrir sans regret et vieillir dans la sagesse des cadavres.

Un miracle se fout de ma gueule tranquillement, sûr de sa distance et de sa finesse nécessaire. Rien ne nous sépare sauf l’existence, rien de plus.

Julien Brousse

Etat

medium_dscn1091.jpg

Puisqu’il faut subvenir à l’outrance et se baigner d’aigreur,

S’emballer en souriant jusqu’au bord de l’heure,

Sans ménager, sans avaler, en sachant devenir.

Celui qui subie un dernier souvenir.

Même comme un retour, comme un simple signe,

Comme avancer sans lécher les lignes,

Sans se vêtir de restes et d’insipides morsures,

Juste ouvrir un peu plus les quelques fêlures.

Julien Brousse

mardi, 08 novembre 2005

Etat de siège ou l'absurde Renaudot

medium_photo_245.jpgEntre deux fumigènes et un frigo tombé du toit, on ne parle plus de la grippe du poulet. Peut-être du comportement de ce que certains désuets appeleraient les "poulets".

"Mais, qui sont-ils?" nous interroge la presse, "forment-ils l'avant garde violente d'une révolution légitime?" En tous les cas la casse s'affranchie de l'appartenance des vitres qu'elle brise. Le petit frère n'ira pas à l'école - brûlée - le grand frère, lui, hésitera entre le train et les pas pour cause de voiture carbonisée où de bus détruit dans leur parc... Et pendant ce temps là le Goncourt. Voila ce que l'on voit, ça sent le roussie mais ça sent aussi la frustration. Mais comment faire la part des choses entre celui qui casse sans idéaux, celui qui casse par rage ou par ... haine. Et à Paris on remet le Fémina. Des enfants abandonnés, tisons dans les mains....Au delà des sombres éditoriaux l'Etat rameute la 1955, oui, on a bien entendu: le couvre feu. N'est-ce pas là pourtant le meilleur moyen de l'attiser ce feu. Ne sacralise t-il pas une victoire de la casse? La République revient d'un seul coup dans des quartiers qui n'ont jamais cessé, eux, d'être habités. Alors, le couvre feu n'est-il pas une suite logique, voir pathétique, de ce réinvestissement soudain. Un contre feu pour ne pas avoir vu sous le feu ce qui couve, et, si c'est trop tard, réprimer la violence de manière "normale". La marginalisation c'est aussi la loi d'exception. Elle confirme, insinue, démontre le fossé des esplanades de bitumes aux velours littéraires. La possibilité d'une île, c'est aussi l'apprivoiser...

ml

vendredi, 28 octobre 2005

Il eu fallu écrire

medium_jj.jpgA l'abris de la terrasse tu me regardes de loin, il eu fallu l'écrire, là aussi. Encore un petit coin du jour pour connaître en coeur nos silences, où quand je regardais le début de la fin du bout de ton regard. Filmer peut-être, il eu fallu filmer...et encore, aurais-je pu saisir ce que nous n'apercevions que quelque secondes. Comme si ça devait rester caché. Derrière ta bouche j'aperçevais, je le crois, un autre souffle. Encore, à l'écrire j'en ai quelques frissons. Ils se répendraient entre nous s'ils échappaient à ces lignes. Trop romantiques maintenant, elles eussent été moins flègmes ces lignes, moins signeuses. Et ces mots sûrement moins mièvres, moins endormis en leurs sens. Il eu fallu écrire , alors laissons là les lignes lasses.

ml

mercredi, 26 octobre 2005

Ho poulet !!!

medium_photo_171.jpgOn achève bien les ... poulets en ... Roumanie.
C'est bien ainsi que commence la plupart des jt du moment, mais qu'est ce que cette grippe avière qui n'a de grippe que le nom et de contour symptomatique que la peste. Est-ce possible qu'elle est déjà touchée des concitoyens au point que ceux-ci, touchés par les premiers signes caractéristiques de "l'avière", se précipitent vers des vaccins anti-gripaux qui n'ont absolument aucun effet sur la grippe du poulet. C'est en tous cas déjà ça la vraie pendémie qui s'abât par ricochet sur la déjà très souffrante vielle dame (NDLR la SECU); en tous les cas certains responsables politiques ont contracté depuis longtemps une variante encore méconnue: la grippe autruchière. Ces effets sont pourtant diaboliques: pertes de mémoire, vosciférations volatiles... En attendant la grippe, où tout du moins qu'elle aie passé la frontière RDV au KFC. Signé: les poulets victimes de la gippe et non coupables!!!
ml

samedi, 22 octobre 2005

Vos genres

Vous êtes plutôt

medium_CAO62KJR.jpg

 

DE VOUS A NOUS: éditos en tous genre, humeurs et adrénalines salés...

POEMES: définition à trouver, peut-on dire "beau à entendre, à lire et à se sussurer"

TEXTES: lettres tintées, écrites, machées, réécrites et puis qui se donnent à lire...

samedi, 01 octobre 2005

Parano.com et autres contes

Le club lecture est heureux de faire cette rentrée tardive en votre compagnie. L'été s'en est allé avec son lot d'évênements qui n'en ont pas fait un désert d'actualité. JWB en pleine tornade, NS trompé, rivalisé par DDV ou encore expulsés devant troquer (à l'approche de l'hiver) des immeubles insalubres contre des ... jardins publics.
On serait tenté de dire "réagissez" mais la mécanique est souvent implacable car régit par des réthoriques aussi légales qu...'implacables. Ainsi, un nouveau CDI est en fait potentiellement un CDD de trois ans lui même potentiellement un CDI. L'éxécution d'un arrêté de mise en péril est une mesure humanitaire conduisant à des actions pour le moins peu humanitaires. Il paraît que la France à besoin de ses forces vives (où sont-elles?) pour relancer la croissance, le gouvernement entend réformer faisant sien l'adage on ne construit pas du neuf sur du vieux (même pour les immeubles insalubres?). Alors, réforme de l'ISF (l'Ile de Ré restera un peu sauvage et monsieur Mulliez pourra peut-être enfin passer des "vacances" en Belgique), projet sur le droit du sang car il paraît que les comoriennes profiteraient de l'hôpital de Mayotte, pour...ne pas risquer de mourir à l'accouchement.
Dites nous que nous vulgarisons la politique où hotez nous d'un doute: n'existerait-il pas de cohérences en ce moment? En tous cas ce n'est certainement pas une raison pour rappeler Poujade et autre baron borgne aux portes du pouvoir, car eux n'attendent qu'une chose faire régner l'ordre dans toute ... sa cohérence.

ml

samedi, 24 septembre 2005

Maître aes titres - vos titres -

Proposez nous vos titres, ils seront si beaux...Quelques thèmes, juste pour s'inspirer:

Actualité du 18/10/2005: "25 en quarantaine", "Ici S'arrête le Fric", "Grippe avière, même pas nous", "Elles ont des dents...et la grippe"

Actualité du 27/06/2005: "Deux ans d'essai en débat", "Le coup de Trafalgard", "l'Iran alllume le brut"

Actualité du 24/06/2005: "Sarkosy lessivé?", "Canicule : Sarkosy commence à avoir chaud", "Sarkosy Le Pen-ible". "Contre la canicule: le karcher", "charter, karcher en ministère"

Actualité du 21/06/2005 : "Qui Blair gagne", "Chirac : j'ai décidé de dissoudre l'Europe", "Plan B, plan Blair?", "L'Europe file à l'anglaise".

Actualité du 20/06/2005: "Iran: deuxième tour pour la démocratie" - "Big Ben Dum essoufle Indianapolis"

Actualité du 15/06/2005: "Dernière solde à la Sama" - "La Samaritaine: inventaire final" - "Juin au Bourget l'A380 fait son numéro" - "La Sama, fermeture définitive après travaux?"

Actualité du 13/06/2005: "Bienvenue à la maison" - "Place de la République"

- le "non"
- l'arrivée de M De Villepin
- les relations UE - Chine

mais aussi tous ce que vous voudrez bien nous montrer...
Nous ouvrons le bal:

"Ainsi parlait l'union" - "Ils ont répondu non" - "l'Unon Européenne" - "Ici Radio Londre: le mouton noir est dans le pré" - "Non de pauvre et pauvre non" - "les français disent oui au non"

Autre possibilité :

"Le non fait la force?" - "Près non Jacques" - "Le oui trépasse, Chriac passe près" - "Chirac : le non dit" - "Chirac, le CDD de trop?"

"Pour un CDD de trois ans" - "100 jours pour convaincre"

vendredi, 29 juillet 2005

De la peau

medium_ff.jpgTa langue entre mes doigts, je m’apprête à toi, à te verser au dessus de moi.

T’interdire.

L’appât de toi se résorbe si peu,

Amputé souriant du morceau repoussant,

Là.

Je me blesse de toi comme ta langue entre mes doigts.

Paisible caresse de tes crachats. Répandre.

J’avale le sable de toi, la pierre et la terre de toi.

Ma bouche.

Elle se déchire de ton goût.

L’air s’impose et s’arrête et tu es là.

M’approcher pour te toucher et je ris.

Je suis celui qui te voit, qui absorbe tes secondes et ton regard,

qui se dresse autour.

Ma main.

Pénétrer et posséder un peu et le croire au moins un peu.

Et le croire encore un peu.

Se rappeler ta sueur et ta langue entre mes doigts.

Elle est toi qui parles en murmure, en sons.

Ecouter ce que tu es.

Ma langue entre en toi,

Destin savoureux.

T’aimer.

Et revenir au bruit métallique, à l’ouverture.

Au début débordant.

De nouveau ta langue entre mes doigts, glisse entre mes doigts, au centre, au sensible.

Enfin s’imprégner.

Toi. Tant de fois.

Julien Brousse

dimanche, 24 juillet 2005

Contre l'humanité tapis dans l'ombre

La stratégie de la terreur est donc lancée, planifiée peut-être. Une ville d'Egypte vient compléter le tableau noir, décidemment sombre et peu lisible. Faut-il être un fin limier du contre-espionnage pour envisager une lecture cohérente de ces actes. Ou bien ceux-ci ont-ils pour seul objectif de terroriser des populations, un mode de vie, qui engloberait pèle-mèle les Etats-Unis, l'Espagne, le Royaume Unis ou encore l'Egypte...
Bush a certainement enflammé le monde en montrant que les Etats-Unis faisaient peu de cas des principes onusiens, mais que veulent-ils? Sont-ils une multitude de fascinés? Ont-ils des contacts avec des Etats? C'est bien ce statut de nébuleuse obscure qui engendre fatalement une sur-angoisse. Le loup est fourbe et attise tous les feux sur tous les fronts. Il brouille les cartes, creuse les antagonismes et tue des innocents.
Ce n'est que dans ces eaux troubles qu'il déploie ses malheurs, sans limites, peut-être jusqu'à ce que sa disparition devienne une cause vraiment mondiale.

ml

lundi, 11 juillet 2005

Larmes amères et amères armes

"Il pleut sur Paris" je répête "il pleut sur Paris", ici Radio Londres "La Tamise est calme". D'aucun dirait que l'Europe file à l'anglaise et pourrait ajouter que les jeux partent avec. Ce n'est pas sur l'ile qu'on se sent le plus isolé mais bien sur la terre ferme, il faut bien constater qu'au delà du simple enjeu olympique le risque d'une super dépression est possible. Le jour d'après il pleut sur Londres et c'est le blitz, comme si la grande anglaise semblait christallisée à ce moment toutes les craintes et les angoisses de l'Europe occidentale. On s'arrache pour des jeux qui forgeront sans nul doute le moral du pays vainqueur (pas des jeux eux-mêmes, cela est anecdotique, mais bien de leur réalisation), et, tandis que s'affiche au grand jour le mal de nos pays: l'absence d'espoir ou tout du moins d'espérance, vient la déchirure. Le crime infame, aveugle, désapointant de cruauté. Il vient nous rappeller que d'autres pays ont choisi d'entretenir la peur en guise de route, de ligne d'horizon. Il vient, et c'est le pire, conforter les fascinés du protectionisme. On parle de guerre, on dit qu'elle est totale, et on doit evidemment combattre ces instigateurs. Mais, ne doit-on pas, en même temps, commencer enfin un travail de rapprochement avec les autres "mondes", n'est-ce pas ça l'esprit olympique. Il est certe imprudent et sans doute même maladroit de raisonner ainsi mais on ne soigne pas le mal que par le mal. Nous sommes tous londonniens et éthiopiens et afgans. Tentons la synthèse, peut-être au delà d'une marginalisation tiermondiste d'une telle démarche. Il faut terroriser les terroristes, certe, mais il faut sûrement et à long terme, forcer le rapprochement.

ml

dimanche, 03 juillet 2005

Rangaine de dégaine

Encré, identifié, labélisé. Notre ministre de l'intérieur devient une référence, une icone d'une certaine manière d'aborder la politique. Jovial viril, partagé entre une agressivité latente et une compréhension trop "aware" des masses. Inspiré des repas de Valéry ou bien des rencontres de Pompidou, il est en course pour l'équilibre difficile entre fonction ministérielle et symbiose populaire. Mais cette fonction symbolique est-elle la mission d'un ministre? Ne pourrait pas t-on dire à Monsieur Sarkozy que la proximité c'est bien mais ce n'est pas le travail d'un ministre d'Etat. Est-ce normal, déonthologique et éthique de dénoncer l'exercice de la justice?
A trop porter de jugement ne devient-on pas un éditorialiste qui se doit de poser des questions pour que les pouvoirs réagisses? En réalité, cette tache serait parfaitement dévolue à un président de parti politique qui ne serait pas ministre. A un président de parti politique qui se doit de déclancher ces stimulis. Bien sur que l'on vous reproche votre poujadisme, votre tendance à réagir de manière impulsive à des évènements qui, le plus souvent, ne sont analysables que dans le recul et la complexité. Encore une fois, et comme vous le disiez de manière maladroite et peut-être injuste à un fonctionnaire de l'autorité publique, chacun doit rester à sa place. Le danger est alors, au delà d'une quelconque prise de position sur vos propos, d'être au final perçu comme un usurpateur en campagne et en critique mais jamais au travail.
Les notes blanches des RG ont-elles à être commenté fussent-elles sur votre famille, les décisions de justice n'ont pas à être condamné fussent-elles vecteurs de popularité...Les effets d'annonce c'est bien mais ce n'est pas le rôle d'un...

ml

mardi, 21 juin 2005

Rouge de gris, et suite en rouge

Tu t’agenouilles, juste le temps d’un soupir. Comme un soir de fête, tu viens encore te hanter à mon image plus tout à fait présente à ton esprit. A la manière de Julien B les murs sont déjà gris et froid. Juste une touche de rouge distillé à ton esprit. Dernière trace de moi, piquante comme une ambiance à la Elsa FO, elle ne peut grossir et pourtant elle semble scintiller de plus en plus.
Tu te tournes vers elle, la regarde comme un sort, hypnotique vision qui ravive ce rouge que tu portes en toi. La chaleur de cette fantaisie attire à l’indécision, peut-être même, à se plonger dedans comme dans un film de Florence CT. Il faut tourner les talons, se pencher sur ces autres comêtes, un jour, au loin, d’autres astres, pour être, encore au summum de ta béatitude.

ml

lundi, 20 juin 2005

L’insoutenable légereté visuelle

medium_uyiyi.jpgL’insoutenable légereté visuelle

Qui a regardé le reportage consacré à la situation des Mongs au Laos, jeudi dernier à Envoyé Spécial ?
On peut dire que le reportage était pour le moins spécial, puisqu’il montrait ni plus ni moins une sorte de «troupeau humain » condanné à l’halalie permanente. Mais, qui sont ces chiens prêts à poursuivre ces fils et petits fils d’anciens enemenis ?
Sous nos yeux d’occidentaux, nous avons pu découvrir un peuple en lambaux, vétu de vêtements tous droit sortis (ou survécus) de l’époque coloniale. Lors même que certains reportages sur la « mort assistée » font l’objet de nombreux débats, qui rebondi sur le spectacle atroce de ces morts vivants ? Sans tomber dans le tiermondiste exacerbé ne peut-on pas s’interroger sur notre capacité à éviter des génocides annoncés ou en cours ?

Quid des yeux crevés, quid de cette plaie béante purulante et attirant les insectes, quid encore de cet homme âgé, chef de tribu pleurant devant les siens à la seule vue de ces occidentaux lui accordant quelques minutes de pélicules ? Comment résumer au mieux notre frustration face à ces hommes armés de fusils (qui ressemblent plus à des accessoires de western spaghetti) observant avec déséspérance les survols d’un hélico de l’armée du Laos. On s’oblige a regarder, à faire ce mince geste d’humanité, on pense participer ce jeudi là en regardant ce reportage là a une prise de conscience collective forcément constructive.

En fait ils retomberont dans l’oubli, les appels pourtant précis de ce vieux chef à l’ONU ne déboucheront que sur un massacre de plus. Ils seront donc, sous nos yeux avertis, à jamais des dannés, traqués, condannés à leur désespoir de survivant. Les Mongs ont en tous les cas raison lorsqu’ils prétendent qu’ils n’existent pas.

ml

dimanche, 05 juin 2005

Non de dieu (ainsi est l'UE)

medium_photo_422.jpg Trop conjoncturelle, pas assez structurelle. Peut-être est-ce l'appréciation que beaucoup d'électeurs ont voulu laisser à la constitution proposée. Evidemment on ne peut pas ignorer le fait qu'un certain M Jacques C à, comment dire, inciter un certain nombre vers le vote, heu, négatif.
En laissant de côté ce vote "national", ne peut-on pas souhaiter que l'Europe nous propose une constitution plus rassurante et donc plus ancrée dans une certaine intemporalité. Est-ce le rôle de ce texte, premier et fondamental, de se calquer sur les inquiètudes des temps présents? Et, inversement, doit-elle s'ériger comme un repère par rapport à ces mêmes inquiétudes?
Non, c'est bien là le rôle des traités qui entérinent, eux, des décisions prenant acte de la conjoncture. Pensons plus simplement au sens même de ce mot constitution qui incite à l'apologie de valeurs fondamentales qui doivent devenir des repères primitifs et intemporels. Un sociologue pourrait dire qu'elle peut-être un élément tangible de l'appartenance à une même société. Le marché est lui un fait, un mécanisme, qui, par définition, répond à des logiques plus temporaires. "Les hommes naissent libres et égaux en droit", voila une phrase qui, je l'espère, peut être inscrite dans le marbre blanc de la "longue histoire", mais, la place des "services publics", doit-elle être définie sur ce même marbre?
Messieurs les constituteurs, dites nous avant votre prochaine copie, ce qu'est une consitution.

Matthieu Lefranc

dimanche, 22 mai 2005

Caresse son sanglot

medium_dscn0983.jpgJe te parles de ce vieux voisin strict que j’ai entendu appelé son chien « Choupie », c’est, je te l’explique sa part d’enfance. Tu ris et je te raconte comme j’ai regardé son visage, comme je lui ai volé, à son insu, ce moment de tendresse. Ce voisin est strict et laid et con. Je te dis « là, il m’offre ce qui a passé depuis longtemps, il m’a plongé dans le spleen ». Tu passes ta main dans mes cheveux, a envie de me secouer, tu veux que je sorte le « Choupie » de mon sac.
Tu sais maintenant que la lettre prune ne suffie pas, qu’elle restera fermée. J’entend presque couler ton sanglot, je le devine qui se faufile sur tes joues. C’est un peu comme la fin de l’été ces sanglots, notre mousson. Tu sembles devoir t’en accommoder, vivre avec. Demain, sensiblement à la même heure, debout derrière cette même porte, je viendrais les écouter. Ils s’immiscent en moi, font ton écho. Je t’appelle alors doucement au travers de ce halot blanc. Toujours un peu plus fort que ton souffle tassé par tes larmes. Voilà que tu pleurniches à présent, te mouches, puis, tu tues ton calme et reprends ta tristesse méthodique. C’est bien ce côté régulier, presque scolaire, qui m’inquiète. J’essaye de m’y faire un espace, de passer entre les gouttes. Je ne peux pas te dire à quel point tu es belle quand tu pleures, comme tu es magnifique. La porte, je la pousse doucement, avec une infinie lenteur. Comme si en l’ouvrant brusquement je pouvais te casser, c’est un peu ce que je crains. Tu deviens ainsi aussi mon habitude, ma douceur de toi qui pleures sur toi pour toi. C’est ton ombre, ta magnifique durassienne. Après la porte tu vois mon visage, et moi je voie ta petite mine renfrognée, tes adorables joues gonflées et ta peau qui sens le sel. Tu me regardes d’un air désolé et amoureux. Tu me regardes désolé d’amour. Je crois et j’aime le croire. Je ne sais jamais à quel moment je dois te laisser, je veux dire à quel moment cela peut te faire le plus de bien. Peut-être lorsque tes larmes se remettent à couler. Il est à toi aussi, tu sais, ce moment où je m’éloigne derrière ma porte. Il est à toi ce moment où je m’envole, où j’explose parfois dans mon silence glaçant. Il est à toi, je veux te le dire ce ressentiment. Je te raconterais comment je pars courir, couper du bois ou fumer une cigarette que je ne sens pas. Il faudra que je te raconte, ma petite pleurnicharde comment je pense à toi dans ces moments là. Après tu es si calme, puis peu à peu toi même. Ou toi comme je te connais, te reconnais. Encore un petit peu et tu m’embrasses. La guerre est finie, la porte vole en éclat.

Le problème c’est l’habitude. Elle forge. Fait prendre forme. Donne envie de tuer son inéluctabilité. Je vois bien que ces moments me rattrapent maintenant le soir, qu’ils deviennent vivant, font parti de mon quotidien. Je crois que c’est peut-être, mon petit cœur, ce que l’on appelle la haine.

Matthieu Lefranc

mardi, 17 mai 2005

Brûle mon féminin

Je te pense souvent, ton image s’impose à moi, là sur le bord de l’ardoise, en sortant de la douche ; ma mère s’inquiète pour toi, elle sait que tu cherches mais elle à peur que tu te perdes. Moi aussi. Je vais t’écrire une lettre, tu me brûleras moins les mains, je te saurais informé de ce toi que je vois. C’est un peu la vraie vie.com, une sorte de réveil. Il est difficile, je peux dire que la réalité s’impose à moi comme elle ne s’est jamais imposée. Tu peux en être fier au moins. C’est comme une envie de violence, un trou, je te vois du fond de mon sommeil qui s’échappe et qui te laisse partir au fur et à mesure. Je suis à la dérive parfois du manque de toi, de la couleur et de l’odeur de ta peau. Au fond je ne t’ai jamais quitté, j’ai juste eu peur de pouvoir te perdre plus si nous étions ensemble.
Merci pour la claque, en personne raisonnée et cartésienne, j’arrive à penser qu’elle sera salutaire. Merci mon petit chéri pour la révélation par ton absence. Tu vois en fait je délire, te prend comme point de repère universel pour ma vie, une folie. Encore ce matin je sentais ta présence, tes yeux qui rodent, qui n’osent qu’à peine regarder mon corps. Tu me pilles du coin de l’œil, tu t’approches sans le montrer, comme sans le vouloir. Ta timidité est démoniaque, au delà du sensuel, tu confines à l’érotisme. Pas celui des bouquins, celui qui rend les choses brûlantes, qui s’interpose entre le coin de mes lèvres et tes yeux. Encore, la peau brûlante je retourne en l’image de toi. Presque anodine ton image est banale, si banale que je sais que je suis la seule à connaître son pouvoir. J’ai envie de crier ho Georges ! que tu t’assoies sur moi, j’ai les joues chaudes, et mes mains sentent ton parfum.
Je vais te dire, mais tu t’en doutes, j’en suis sûre, que pour t’oublier je vais devoir apprendre à te détester. Ton parfum me donnera envie de vomir, tes mains seront moites. Ta timidité obscène et répugnante. Tu auras des yeux morts et vicieux, ils traîneront au milieu de ta sale figure. Tu me feras peur à me regarder ainsi, à chercher avidement mon désir qui n’existera plus. C’est encore toi qui m’appelleras, moi qui feindrai tout et n’importe quoi pour ne pas entendre ta voix haletante.

Matthieu Lefranc

lundi, 16 mai 2005

Edito (UE oblige)

Et tu verras l'Europe...

Peut-on concilier l'exercice de l'écriture et une plongée dans ce qui fait l'actualité, à cette question nous répondons oui.

En pleine période de pré-confirmation, alors que l'on nous annonce que la grande étoilée sera ou ne sera plus après le 29 mai 2005 où le débat se situe t-il? Doit-on parler de ce à quoi aspire les gens, ou doit-on examiner ce texte sous ses angles les plus et les moins favorables? Car ce qui fait débat au fond n'est-ce pas l'aspect consensuel de cette constitution? Ne sommes nous pas outrés par le fait que celle-ci avalide en quelque sorte le monde dans lequel nous vivons? En étant de gauche ou de droite on reste pensif à l'idée que cette consitution, si elle peut être considérée comme un progrès ou une reculade: structurelle, sociale, économique, n'en est pas moins un acte qui clarifie la position européenne dans le monde. Non l'Europe n'est pas une exception culturelle et sociale par rapport au reste du monde, oui l'Europe est parfaitement intégrée aux systèmes économiques mondiaux et participe ainsi à sa marche. Ce constat ne doit pas être perçu que comme une critique mais comme un élément existant qu'une certaine pudeure, au moins française, nous empêche d'évoquer. Dans ce contexte le 29 mai 2005 n'est-il pas une date où l'on doit se rendre compte, ou l'on prendra acte...

ml

mardi, 19 avril 2005

Pluie d'été

En réalité la « maison » me tenaillait parfois, elle me prenait un soir que je rentrais avec Alice. Je restais silencieux et je sentais que le mal me gagnait. Un mélange de remords et d’interrogations. Je regardais Alice tendrement et je voyais qu’elle le discernait déjà. Elle me prit les bras et je crois qu’elle m’aida à avancer. Je lui parlait de Tania, puis de ma mère, j’omis de lui parler de Vanessa qui tenait une grande part dans ce qui me hantait. Déjà je commençais à pleurer, déjà, tremblant je prenais appuie sur elle. Nous avions été manger sur un bateau sur le Rhône, Charlotte et Stéphane avaient décliné au dernier moment l’invitation. C’était monté au moment du dessert, je fut comme absorbé, obsédé par mon statut d’absent. De moi sans ma mère qui repense un de ces soirs à sa sœur Yvonne couchée dans sa voiture sous la pluie. Elle est là magnifique qui veille sur sa sœur qui est comme endormie. La pluie paraît si apaisante, si protectrice d’un choc. Seule sous la pluie dans ce linceul de fer, elle est couverte de pluie, déjà emportée ailleurs. Ma mère la regarde et mon père m’empêche d’aller la chercher, de courir vers elle. Elle s’agenouille lentement à peine dérangée dans son ombre par les gyrophares des pompiers, à peine seule sous la pluie battante sur sa petite sœur en ruine. Elle n’entend que son silence, celui du cœur de sa sœur qui ne bat plus, et peut-être un peu du sien qui bat si peu. Elle s’agenouille toujours plus, la pluie les recouvre toutes les deux, lui donne à entendre ses cris de elle sur sa sœur. Elle remonte dans la voiture dit « on y va » puis ne parle plus pendant longtemps. Ferme ses yeux qui ont la couleur de l’eau. Qui lui rappellent sûrement la tôle d’eau. Le dessert est amer et je ne sens plus mon poids de moi sur cette chaise, sur ce bateau avec Alice. Je coule, et nous partons, marchons à présent dans la rue. Seul le corps chaud d’Alice me tient à la réalité, je ne peux plus me dépêtrer du visage de Jeanne sur Yvonne, de moi qui voit Jeanne regarder Yvonne derrière les bras de mon père. J’en ai écrit des lignes dis-je à Alice sur cette soirée là. Je lui dit doucement que je lui ferait lire que je ne l’ai pas écrit depuis peut-être trop longtemps, où qu’elle n’ont pas été assez lu où pas par les bonnes personnes. Je bafouille, pleure plein de morve dans le nez. Comme si j’avais froid, comme s’il pleuvait. Alice est là qui me veille, qui éponge mon angoisse. Elle voit et je le sais ces images, elle me chuchote doucement comme à son enfant. Je vois maintenant le visage d’Alice.

ml

jeudi, 24 mars 2005

Anthologie des correspondances névrotiques - Chapitre III -La fascination du pire





Voilà qui est bien. Je suis immobile, je m’oublie, je m’enfonce dans la réalité assise. Quand tout défilait devant moi déjà j’ai été passive, oisivement dégoûtée. Je regarde tes gestes, tu ne me vois pas, tu ne me voyais pas déjà avant ou maintenant c’est pareil, pour solde de tout compte, une ombre derrière toi. Tu ne vois pas mon regard assassin, ma perception exorbitée, tu ne vois rien. Je pose les yeux ailleurs que sur ta masse informe. Vengée soit mon ombre docile. Ailleurs c’est aussi tout ce que je déteste et qui m’insulte en présence. Je regarde le cirque immobile qui m’entoure, ça hurle de partout, ça dégueule par les murs l’insanité, ça crache le vulgaire, prise à la carotide, évidée, je suis tuméfiée, ta violence, ma passivité, mon oubli encore provoque quelques légers spasmes, on pourrait croire à un hoquet mécaniquement débile. Je cherche encore les détails du pire, çà et là, sans forcer, c’est comme mettre les deux doigts dans la gorge, regarder la cuvette blanche et sourire, les entrailles enfin apaisées. Je voudrais que tout soit pire pour m’asserter encore le spasme, le reniement de s’être trouvée là, chaque fois comme la première fois, toujours vierge, la douleur, toujours. Je suis comme illuminée de toi, illuminée par les objets qui crient leur reconnaissance en toi, se revendiquent de ce pire, doux chérissement de leur propriétaire. Dis, c’est quoi le contraire de la mort, peut-être respirer et sentir la contamination confluente de l’inerte, c’est une avalanche silencieuse et lente, c’est moi qui meurs par morceaux. Parfois tu te détournes distraitement vers cette ombre qui tressaute. Je voudrais te crever les yeux pour que ce soit le monstrueux du pire, pour que tout soit encore à en crever, pour pouvoir regarder, sentir deux fois plus, pour te contempler jaillir, mon empire des sens. Je suis terrifiée et attentive, je cherche quelque part ou ce pourrait être encore mieux, encore pire, encore plus vil. Je ne suis pas consciente, je ne suis consciente de rien, j’ai voulu ceci comme cela, presque orchestré pourtant. Je regarde comme détachée de ma surface, je suis bientôt en haut comme quand on dit c’est d’être mort, je nous regarde coupables et toi qui n’entendais rien encore, cet instant de violence inouïe, me lever ouvrir la fenêtre ou me réinventer humaine, mais n’ai-je pas déjà franchi la limite, je reste prostrée et contemplative, ma part de liberté.
Qu’est-ce que ça serait ma mort, phantasme cher à tout égocentrique, qu’est-ce que c’est mon corps crevé sur le bitume, qu’est ce que ça serait tes larmes couchées sur le cercueil. Je plonge dans un rêve aux relents morbides qui devient réel, ce n’est plus moi, je ne suis plus dans la rue, je suis à ton enterrement, au mien, les sentiments qui pourraient être me saisissent, se mélangent, je change de réalité, je suis toi, moi, je suis passée dans le monde où tu es morte, où je suis mort, pour quelques minutes j’y suis vraiment, au bord de cette obsession névrotique, je réfléchis aux détails, méthodiquement, par quelques éclairs de lucidité je me dégoûte un peu plus que jamais, la mise en scène, à présent ce qui m’exhortait tout à l’heure n’existe plus autour de moi que comme un prétexte latent qui signifie le halo de ta présence. Je suis ébahie, abolie, je signe la défaite dans un wagon aux lueurs violines, je suis violée par le sens saisi subitement, le tout qui t’entraînait plus loin de moi, je suis violée par les murs, écartelée : ce que ça veut bien dire d’être l’ombre de nous deux.

E O.

lundi, 14 mars 2005

Ta plus faible incandescence


Juste un instant, comme ça,
De balancer de douceur,
Mûr comme du coton blanc,
Juste pour leur en donner à voir,

Encore, un peu, maintenant,
S’approcher pour mieux sentir,
Ce que la vieille odeur de bougie sent encore,
Juste une trace, à peine envahissante,
Que tu peux contempler,

En vers et contre tous tes sens,

Pas du carmin piquant,
De l’or à luire au fond des yeux,
Juste un peu de moi,
Facile, fable folle encore qui file,
Pour se fixer dans tes yeux,
En donner, mon herbe folle,

Juste par plaisir, comme un matin,
Juste à peine effleuré,
Encore, avant que je devienne,
Mon nom à l’imparfait.

ml

vendredi, 11 mars 2005

La fascination du pire

Sur un air de Verdi, non de Prokovief, lyrique, j’imaginais la prendre déjà dans le bar lorsque sous mes regards menaçant de transgresser les règles elle s’inclinait. Ta faute présumée s’inscrit sur ton visage petite, je vais te renverser tout droit dans le pêché.
Une fois inclinée, son pouls s’accélère toujours selon les mêmes modalités. C’est ma satisfaction contre la sienne, première et ultime qui me rend fou, qui gonfle pendant que je déverse divers arguments. Les faire jouir sans entraves toutes……… l’extase ne souffre pas d’exception.
Si j’en crois cette zone humide que je ne cesse d’infiltrer, je baigne dans la certitude du plaisir, arme sans faille contre l’ennui. Je suis accoutumé à défaire les liens aveuglement, fines bretelles, dentelles, talons, sans que le prénom même, la silhouette, le toucher ait une quelconque incidence... Persistez à penser que vous êtes uniques gentes dames, le loup est là ce soir pour vous servir. Je suis votre visiteur d’un soir, stupeur et sensations. Ne pensez nullement vous extraire de ce salon, je viens de surprendre votre désir, je vais vous édifier.
A la simulation j’ai pris goût vous dis-je, innombrables nudités qu’il me faut honorer, la mécanique se prive le plus souvent d’imagination, mais la belle me susurre son plaisir, voilà qui est acquis, invariablement. La parfaite naïveté de ces sculptures contre lesquelles je viens m’échouer me divertit grandement. Froideur et décadence, grandeur et fulgurance.
La vague effrénée déferle enfin sur moi, cette chaleur proche de l’enfer, une disparition de moi-même à l’intérieur de vous-même. Il m’est venu comme une systématisation de ces gestes renouvelés qui me procurent un incomparable sentiment d’accomplissement.

Cassure et lamentation. Un beau matin de bavure, usé d’avoir trop baisé, je ne cesse de me foutre des claques. Vous toutes l’avez conduit à expirer, elles ont osé me faire ça. Il s’est arrêté sans préavis, comme un vulgaire aspirateur qui vous claque entre les doigts, repu pour l’éternité...

Je pénètre dans la fascination du pire châtiment qu’il puisse m’être donné de vivre, des corps étrangers s’agitent désormais sous moi sans qu’aucune réaction ne m’habite. Je tremble en la déshabillant, il se rétrécit, s’annule, déclenche l’hilarité. Je vis reclus et apeuré, je vis châtié pour ne pas dire castré du pire.

F C-T.

Novembre 2004

C’est la sensation du corps en premier. Le vôtre, impossible à parler, inventer, seulement sentir.
Il y a quelqu’un par dizaine accoudé au bar à qui échappe ce paradoxe, le choc de votre corps, la fumée qui enivre dans ce bar où il fallu que je sois.
Ce soir, il y a juste mon regard qui s’agite dans le vide, au-delà de vous. Il se répand au loin, la foule s’étire par delà votre corps. Vous devenez celle vers qui je voudrais me confondre. Je pourrais m’approcher, vous dire que je suis infiniment rescapé, sans que ça signifie rien pour vous, je suis l’insignifié.
Pour qu’il soit là, palpable, pour sentir sa chaleur, pour que s’électrisent vos mouvements à mon contact il faudrait une traversée de l’espace vers vous. Oui, j’ai ce verre à la main, je suis dans une paralysie de l’instant, c’est absurde, oui.
D’un commun accord avec moi-même je reste figé en une posture ridicule qui en aucune façon ne me pourrait faire basculer vers le mouvement. Esquisser un mouvement, conquérir le passage et me rapprocher alors que déjà l’espace se remplit de l’abondance du corps et que je ne bouge pas. Je suis pris d’une déferlante de moi-même, inexplicable, inexploitable ; je souffre d’un dédoublement d’être, à votre chair, en sa présence, surtout ne pas m’approcher. Je deviens irrésolu jusqu’à en être l’imbécile silencieux encerclé par son propre désir.
Au bout des heures, au bout du compte, l’alcool a raison de mon inertie, je sombre dans le fantasme de votre nudité, de votre peau. Je savoure ma faiblesse. Personne ne prend garde à moi, seulement des êtres éphémères broyés dans mes yeux qui ne fixent que le corps, qui le décompte mille fois.
Je me sens fait comme un rat. Mes pieds sont ensevelis par la pièce, par la musique, par la lumière trop forte où mon esprit me fait croire que j’accède à votre peau, juste sous votre nuque.
Je tiens toujours un verre plein qui me harcèle, je suffoque, je me remplis de votre corps. Je voudrais pleurer mon immobilisme dans ce petit carré où vous n’êtes pas.
Il se produit quelque chose qui ne se produit jamais. Je voudrais traverser cette pièce, recouvrir votre corps, sa nécessité en premier. Je ne peux pas vous toucher, pourquoi je ne sais plus. Je suis pris de statisme comme on l’est d’un fou rire et puis vous n’êtes plus là et c’est minuit moins le quart qui me fait souffrir.

F C-T.

Septembre 2004

J’ai poursuivi ta beauté jusqu’à ne me concentrer plus que sur elle. A répéter ta beauté jusqu’à l’aliénation, à m’enorgueillir de te contempler là. De tes yeux perçants qui me rendaient humble je retenais la lumière et levais le voile sur ta perfection avant même que de te satisfaire.
Je plongeais dans les nuits blanches de ma fascination d’alors où je m’apaisais en te regardant, habité de cette impression ridicule qu’en fermant les yeux tu allais disparaître. L’insoutenable injustice qui voulait que tu sois si belle me trouvait misérable à épier ton corps se mouvoir dans sa nudité scandaleuse.
Je ne comprenais pas toujours toute l’ironie de cette confrontation amère. Je me trouvais infirme, caricaturé dans cette relation à ton être, fantasme de l’infini. Tu détournais souvent le visage comme pour me signifier combien tu étais lasse de ma présence, que c’était assez, que j’agissais tel un miroir déformant, bon à rien. Il me brûlait de te demander ce que tu voyais lorsque je m’asseyais face à ta beauté comme pour la remercier de s’être accoutumée à mon faciès trop ingrat. Je soupçonnais pourtant qu’on s’habitue à la beauté jusqu’à ne plus la percevoir non à la laideur qui ne se banalise pas.
A travers tes longs cils s’échappait du mépris. Epris de malaise parce que je ne pouvais effleurer ton monde qu’avec douleur souvent, distraite, tes lèvres esquissaient un sourire comme une consolation surréaliste de compassion. C’était alors le triomphe de l’impertinence de ton insolente beauté.
De tes traits aux airs d’éternité tu t’esclaffais sûrement, doutant de ma lente agonie comme voulant l’effacer. Souvent je me disais que je frôlais le chaos, que j’étais moi-même de plus en plus chaotique, que j’allais sortir du cadre en titubant. De cette tyrannie, quelqu’un a ramassé les fragments de moi, esclave de ton image qui est venue se briser comme une marrée se retire.

Florence C. Thomas