vendredi, 11 mars 2005
Danse
Les lumière se sont éteintes. J’entre en scène. J’entrevois la beauté de ce corps qui se déplace dans une esthétique mesurée. Il occupe tout l’espace, son espace est volupté.
Je porte une robe blanche fluide. Mes pas glissent, j’angoisse, je te frôle, je te respire.
Sans y penser, je contemple avec adoration le grain de ta peau dans les lueurs indicibles.
Interdit.
Tu recules, invisible et l’errance de ma main voudrait caresser ton image. Instinct de l’instant, tu es mon pêché immortel. Pas un bruit. L’étole blanche s’affole autour de toi, attend que tu la regardes. Mais tu te recroquevilles, je ne t’atteints pas, tu as fermé les yeux à nos corps égarés dont l’un se fige à l’autre.
Plus tard je dépose un voile sur toi, c’est une esquisse que tu devines. Puis mes mouvements s’accélèrent, puis j’oublie la présence des visages qui m’entourent comme autant de masques blafards qui me condamnent dans un même rictus.
Faux-semblants.
Tes yeux me glacent et tu m’enivres encore. Danseuse laconique, je tremble en te regardant partir, j’implore cette chair que je ne peux chérir.
Valse tentation. Je me sens exposée, c’est toi qui est habillée, moi qui suis nue.
Face au symbole décadent du vide de la scène, je sanglote à ce corps à cœur éperdu. Le public est silencieux, j’aime ce silence avant les applaudissements.
F C-T.
10:15 Publié dans - Florence C. Thomas, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
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