vendredi, 11 mars 2005

La fascination du pire

Sur un air de Verdi, non de Prokovief, lyrique, j’imaginais la prendre déjà dans le bar lorsque sous mes regards menaçant de transgresser les règles elle s’inclinait. Ta faute présumée s’inscrit sur ton visage petite, je vais te renverser tout droit dans le pêché.
Une fois inclinée, son pouls s’accélère toujours selon les mêmes modalités. C’est ma satisfaction contre la sienne, première et ultime qui me rend fou, qui gonfle pendant que je déverse divers arguments. Les faire jouir sans entraves toutes……… l’extase ne souffre pas d’exception.
Si j’en crois cette zone humide que je ne cesse d’infiltrer, je baigne dans la certitude du plaisir, arme sans faille contre l’ennui. Je suis accoutumé à défaire les liens aveuglement, fines bretelles, dentelles, talons, sans que le prénom même, la silhouette, le toucher ait une quelconque incidence... Persistez à penser que vous êtes uniques gentes dames, le loup est là ce soir pour vous servir. Je suis votre visiteur d’un soir, stupeur et sensations. Ne pensez nullement vous extraire de ce salon, je viens de surprendre votre désir, je vais vous édifier.
A la simulation j’ai pris goût vous dis-je, innombrables nudités qu’il me faut honorer, la mécanique se prive le plus souvent d’imagination, mais la belle me susurre son plaisir, voilà qui est acquis, invariablement. La parfaite naïveté de ces sculptures contre lesquelles je viens m’échouer me divertit grandement. Froideur et décadence, grandeur et fulgurance.
La vague effrénée déferle enfin sur moi, cette chaleur proche de l’enfer, une disparition de moi-même à l’intérieur de vous-même. Il m’est venu comme une systématisation de ces gestes renouvelés qui me procurent un incomparable sentiment d’accomplissement.

Cassure et lamentation. Un beau matin de bavure, usé d’avoir trop baisé, je ne cesse de me foutre des claques. Vous toutes l’avez conduit à expirer, elles ont osé me faire ça. Il s’est arrêté sans préavis, comme un vulgaire aspirateur qui vous claque entre les doigts, repu pour l’éternité...

Je pénètre dans la fascination du pire châtiment qu’il puisse m’être donné de vivre, des corps étrangers s’agitent désormais sous moi sans qu’aucune réaction ne m’habite. Je tremble en la déshabillant, il se rétrécit, s’annule, déclenche l’hilarité. Je vis reclus et apeuré, je vis châtié pour ne pas dire castré du pire.

F C-T.

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