mardi, 17 mai 2005

Brûle mon féminin

Je te pense souvent, ton image s’impose à moi, là sur le bord de l’ardoise, en sortant de la douche ; ma mère s’inquiète pour toi, elle sait que tu cherches mais elle à peur que tu te perdes. Moi aussi. Je vais t’écrire une lettre, tu me brûleras moins les mains, je te saurais informé de ce toi que je vois. C’est un peu la vraie vie.com, une sorte de réveil. Il est difficile, je peux dire que la réalité s’impose à moi comme elle ne s’est jamais imposée. Tu peux en être fier au moins. C’est comme une envie de violence, un trou, je te vois du fond de mon sommeil qui s’échappe et qui te laisse partir au fur et à mesure. Je suis à la dérive parfois du manque de toi, de la couleur et de l’odeur de ta peau. Au fond je ne t’ai jamais quitté, j’ai juste eu peur de pouvoir te perdre plus si nous étions ensemble.
Merci pour la claque, en personne raisonnée et cartésienne, j’arrive à penser qu’elle sera salutaire. Merci mon petit chéri pour la révélation par ton absence. Tu vois en fait je délire, te prend comme point de repère universel pour ma vie, une folie. Encore ce matin je sentais ta présence, tes yeux qui rodent, qui n’osent qu’à peine regarder mon corps. Tu me pilles du coin de l’œil, tu t’approches sans le montrer, comme sans le vouloir. Ta timidité est démoniaque, au delà du sensuel, tu confines à l’érotisme. Pas celui des bouquins, celui qui rend les choses brûlantes, qui s’interpose entre le coin de mes lèvres et tes yeux. Encore, la peau brûlante je retourne en l’image de toi. Presque anodine ton image est banale, si banale que je sais que je suis la seule à connaître son pouvoir. J’ai envie de crier ho Georges ! que tu t’assoies sur moi, j’ai les joues chaudes, et mes mains sentent ton parfum.
Je vais te dire, mais tu t’en doutes, j’en suis sûre, que pour t’oublier je vais devoir apprendre à te détester. Ton parfum me donnera envie de vomir, tes mains seront moites. Ta timidité obscène et répugnante. Tu auras des yeux morts et vicieux, ils traîneront au milieu de ta sale figure. Tu me feras peur à me regarder ainsi, à chercher avidement mon désir qui n’existera plus. C’est encore toi qui m’appelleras, moi qui feindrai tout et n’importe quoi pour ne pas entendre ta voix haletante.

Matthieu Lefranc

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