lundi, 11 juillet 2005

Larmes amères et amères armes

"Il pleut sur Paris" je répête "il pleut sur Paris", ici Radio Londres "La Tamise est calme". D'aucun dirait que l'Europe file à l'anglaise et pourrait ajouter que les jeux partent avec. Ce n'est pas sur l'ile qu'on se sent le plus isolé mais bien sur la terre ferme, il faut bien constater qu'au delà du simple enjeu olympique le risque d'une super dépression est possible. Le jour d'après il pleut sur Londres et c'est le blitz, comme si la grande anglaise semblait christallisée à ce moment toutes les craintes et les angoisses de l'Europe occidentale. On s'arrache pour des jeux qui forgeront sans nul doute le moral du pays vainqueur (pas des jeux eux-mêmes, cela est anecdotique, mais bien de leur réalisation), et, tandis que s'affiche au grand jour le mal de nos pays: l'absence d'espoir ou tout du moins d'espérance, vient la déchirure. Le crime infame, aveugle, désapointant de cruauté. Il vient nous rappeller que d'autres pays ont choisi d'entretenir la peur en guise de route, de ligne d'horizon. Il vient, et c'est le pire, conforter les fascinés du protectionisme. On parle de guerre, on dit qu'elle est totale, et on doit evidemment combattre ces instigateurs. Mais, ne doit-on pas, en même temps, commencer enfin un travail de rapprochement avec les autres "mondes", n'est-ce pas ça l'esprit olympique. Il est certe imprudent et sans doute même maladroit de raisonner ainsi mais on ne soigne pas le mal que par le mal. Nous sommes tous londonniens et éthiopiens et afgans. Tentons la synthèse, peut-être au delà d'une marginalisation tiermondiste d'une telle démarche. Il faut terroriser les terroristes, certe, mais il faut sûrement et à long terme, forcer le rapprochement.

ml

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