vendredi, 29 juillet 2005

De la peau

medium_ff.jpgTa langue entre mes doigts, je m’apprête à toi, à te verser au dessus de moi.

T’interdire.

L’appât de toi se résorbe si peu,

Amputé souriant du morceau repoussant,

Là.

Je me blesse de toi comme ta langue entre mes doigts.

Paisible caresse de tes crachats. Répandre.

J’avale le sable de toi, la pierre et la terre de toi.

Ma bouche.

Elle se déchire de ton goût.

L’air s’impose et s’arrête et tu es là.

M’approcher pour te toucher et je ris.

Je suis celui qui te voit, qui absorbe tes secondes et ton regard,

qui se dresse autour.

Ma main.

Pénétrer et posséder un peu et le croire au moins un peu.

Et le croire encore un peu.

Se rappeler ta sueur et ta langue entre mes doigts.

Elle est toi qui parles en murmure, en sons.

Ecouter ce que tu es.

Ma langue entre en toi,

Destin savoureux.

T’aimer.

Et revenir au bruit métallique, à l’ouverture.

Au début débordant.

De nouveau ta langue entre mes doigts, glisse entre mes doigts, au centre, au sensible.

Enfin s’imprégner.

Toi. Tant de fois.

Julien Brousse

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