mardi, 08 novembre 2005
Etat de siège ou l'absurde Renaudot
Entre deux fumigènes et un frigo tombé du toit, on ne parle plus de la grippe du poulet. Peut-être du comportement de ce que certains désuets appeleraient les "poulets".
"Mais, qui sont-ils?" nous interroge la presse, "forment-ils l'avant garde violente d'une révolution légitime?" En tous les cas la casse s'affranchie de l'appartenance des vitres qu'elle brise. Le petit frère n'ira pas à l'école - brûlée - le grand frère, lui, hésitera entre le train et les pas pour cause de voiture carbonisée où de bus détruit dans leur parc... Et pendant ce temps là le Goncourt. Voila ce que l'on voit, ça sent le roussie mais ça sent aussi la frustration. Mais comment faire la part des choses entre celui qui casse sans idéaux, celui qui casse par rage ou par ... haine. Et à Paris on remet le Fémina. Des enfants abandonnés, tisons dans les mains....Au delà des sombres éditoriaux l'Etat rameute la 1955, oui, on a bien entendu: le couvre feu. N'est-ce pas là pourtant le meilleur moyen de l'attiser ce feu. Ne sacralise t-il pas une victoire de la casse? La République revient d'un seul coup dans des quartiers qui n'ont jamais cessé, eux, d'être habités. Alors, le couvre feu n'est-il pas une suite logique, voir pathétique, de ce réinvestissement soudain. Un contre feu pour ne pas avoir vu sous le feu ce qui couve, et, si c'est trop tard, réprimer la violence de manière "normale". La marginalisation c'est aussi la loi d'exception. Elle confirme, insinue, démontre le fossé des esplanades de bitumes aux velours littéraires. La possibilité d'une île, c'est aussi l'apprivoiser...
ml
19:25 Publié dans - M L, De vous à nous | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
Commentaires
J'aime beaucoup !
Ecrit par : leafar | mercredi, 09 novembre 2005
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