samedi, 12 novembre 2005

Maintenant

medium_photo_033.jpgJe mange parce qu’il le faut, j’aime quand j’y pense, je vis puisque je suis né et je m’assois souvent le cul sur le sol, plus près d’en dessous, pour attendre un peu, voir le peu qui apparaît et m’absorbe.

Je regarde et je palpe l’hostilité ambiante et vivace. Je conçois si peu, dans le méticuleux réveil, dans la longueur, dans le jour épais. Je regrette par habitude, je ris du bruit et du son sinueux des mots, des touches impartiales, du message invariable et fini.

Assis près du bas je ne tombe pas et je regarde en accompagnant les départs. Je perçois sans plus les rires de ceux qui s’appuient, qui s’endorment en douceur, en laissant partir un peu, en laissant la symbolique pleurer dans son coin.

Alors je suis bien puisqu’il convient de l’être, je m’adresse au sol rugueux et couvert de millimètres, je lui parle longtemps, des idées nobles écrites autour, des messages minables et sublimes, des matins acrobatiques et des théories épiques.

J’abreuve le bol de l’imposteur, je me nourrie de peu tout en charmant la langue, en abaissant le sens au plus près du malaise, juste pour mûrir sans regret et vieillir dans la sagesse des cadavres.

Un miracle se fout de ma gueule tranquillement, sûr de sa distance et de sa finesse nécessaire. Rien ne nous sépare sauf l’existence, rien de plus.

Julien Brousse

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