vendredi, 25 novembre 2005

S.T.A.G.E

medium_photo_223.jpgS.T.A.G.E, un beau sigle mais qui, sauf à vouloir jouer à l'attribution de mots (Son Travail Agréable est Gratuit et Effectif), transcrit avant tout l'existence d'une catégorie de travailleurs le plus souvent peu ou pas payés. En vocabulaire de stagiaire le salaire deveint l'indemnité et le travail, l'appentissage ou la "découverte". Seulement voila il y a tellement de réalités que tous les coups sont permis à commencer par les coups financiers pour les entreprises. Stage de colégiens d'une à deux semaines, en alternance, en apprentissage, stages "bidons" couverts par des conventions de stage qui n'ont de réelles que le côté administratif...

Mais qu'est-ce qu'une convention de stage pour certain stagiaire: un billet pour l'emploi, une étape obligée où, comme au temps du servage ou d'autres pratiques, on doit au vassal de un à douze mois (vous avez bien lu) de travail gratuit ou payé aux environs de 300 € (au delà l'entreprise doit, hô! malheur, payer des charges sociales). Le stagiaire remplace en réalité souvent un CDD qui aurait été employé pour un accroissement temporaire d'activité, son niveau est souvent égal (d'un point de vu universitaire) à ces collègues de travail, la seule différence étant que lui ne touchera rien à la fin du mois. Je connais des stagiaires aux 35 heures, qui assistent aux réunions et participent donc de manière intégrale à la vie de leur entreprise, ils ont aussi une pression quant aux résultats (l'avis du maître de stage sur le rapport est en jeu). Le comble c'est que les stagiaires ne sont pas comptabilisés avec les chômeurs...

Bien utiles ces stagiaires tout de même, tiens au fait, comme ça, comment se fait-il que certaine entreprises (y compris des entreprises publiques) accueillent chaque année le même nombre de stagiaires? Cet accueil ne viserait donc pas à un plan de recrutement interne? Peut-être que ces entreprises forment ces jeunes aux profits des autres? Ou peut-être qu'elles profitent de ce système?

Quoi qu'il en soit pensez y quand vous en croisez un, il ne vaut pas moins que vous, c'est le principe qui vaut moins que lui.

ml

P.S: le club lecture recrute des stagiaires pour pallier à l'orthographe lamentable des textes diffusés, convention de serbo-croate, de science des écureuils acceptées... Indemnités: 1/25 de carte orange...

jeudi, 24 novembre 2005

Du côté de la FNAC, heu, de la FAC

medium_medium_hj.2.jpgL'égalité des chances semble régner et pourtant ça et là se glissent des détails qui peuvent provoquer l'échec de tous. La globalité donne heureusement un handicap commun à tous : celui du lent décalage, des petites fissures qui morcellent peu à peu l'idéal universitaire.
A la rentré c'est la « mise en groupe » obligatoire, bof, cela est sans conséquence paraît-il, pourtant le groupe du « numéro sept » aura cour le vendredi jusqu'a l'heure du même nom toute l'année, pourquoi ne pas alterner au deuxième semestre, mystère…
Au chapitre des notes quelle surprise de découvrir sur les panneaux d'affichages distillant les relevés de notes officielles quelques points ajoutés ça et là pour on ne sait quel motif et pourtant dûment estampillés par le secrétariat tous puissant de l'UFR...Coté cour la participation ne semble pas récompensée et on doute parfois de la volonté des professeurs à conserver l'anonymat des copies qui est confié a leurs bons soins. En matière de copie on plaint le professeur qui doit parfois en corriger plus de trois cent - pour une même épreuve-, mais; on plaint aussi l'élève dont la copie est en bas du tas...le professeur aura t-il déjà dépassé son quota de notes moyennes et son petit florilège de bonnes notes...L'impact du "saccage" n'est donc pas des plus menaçant, du reste l'intégrité et plus encore l'équitabilité de la notation, au final, semble être compromise, sauf, a intégrer une nouvelle discipline, véritable tronc commun: la stratégie scolaire....Les options se greffent à tous les parcours universitaires et pour certaines rivalisent de frivolités, il est commun de se retrouver dans une option débutante -notamment en langues ou en sports avec de véritables pros qui ont déjà plusieurs années de pratique; l’effet immédiat est la "concourisation" des épreuves et partiels où le débutant en bon progrès est un mauvais incomplet...

SL

samedi, 19 novembre 2005

Hô Tunis

medium_photo_177.jpgDe mémoire y a t-il déjà eu une liberté de la presse en Tunisie? Si oui une telle assertion ne nécéssiterait-elle pas une étude faite sur place et donc, par définition, interdite?

Comment le Président Ben Ali, une sorte de cher leader du trou noir internet, ne réalise t-il pas que de telles attitudes ont comme résultante la perte du pouvoir. Notons que refouler le Secrétaire Général de Reporter Sans Frontière en plein conseil de l'ONU sur l'information apporte peut-être un avantage pour le pays ou pour le Président. Mais lequel, on sait pourtant le Président fin tacticien. En réalité il semble se noyer dans le comportement grossier et maladroit: tabassages de journalistes, filatures d'intellectuels dignes des plus grands "Pierre Richard" ou encore pentalonnade de mots à la tribune onusienne pour ne pas associer le mot internet à celui de liberté. Voila, cher Président, vous devenez un dictateur comme un autre, mégalomane et aveugle au point de mettre en danger votre propre pouvoir.

Certain régimes s'y sont essayés mais, si ignobles fussent-ils, ils avaient au moins l'alibi ou l'aliénation religieuse. Là on ne voit pas, il ne reste alors plus que des mots venus de l'étranger; consternant, indigne ou encore "fou du pouvoir". Les troupes silencieuses n'en sont que plus puissantes et, qu'elle soit de jasmin, de rose ou de sang, la révolte est à craindre.

Il n'est pas temps de partir mais peut-être de s'honorer à risquer le jeu de la liberté de penser. Hô Tunisie, que tu es belle mais si triste de silence.  

ml

 

mercredi, 16 novembre 2005

100 jours pour convaincre, trois mois pour...

medium_94c7cfba8f7441b5a089f03a3bb1e347_51660_2.jpegComme le faisait remarquer un jeune homme brillant et issu de l'immigration sur un plateau télévisé, aurait-il été invité sans les "émeutes"? l'émission aurait-elle eu lieu? Si oui, pour parler de quoi? Non, il aurait peut-être été invité sur un programme court et à France Trois (Sagacité) ou bien encore sur un plateau artésien à moins que Direct 8 n'ait un plateau à composer. Sans cautionner les sacages menés dans les banlieues on peut légitimement s'interroger sur leur "utilité finale". Le parti pris est certe tengeant et c'est peut-être pour cela même qu'il est peu couru par les médias. Pour aborder cette question, et pour assurer le lecteur de l'indépendance de ces lignes, demandons nous si des tentatives d'alertes pacifiques ont déjà eu lieu. Des tentatives comme des album de rap (IAM décrivant des quartiers tournés sur eux-même, NTM décrivant la vie des fils de banlieues, Assassin peignant lui aussi le décor) qui sont distribués par les grands réseaux, des démonstrations de testing débouchant sur une jurisprudence homologuant le testing comme preuve du délit, et puis les chiffres à disposition de toutes les autorités politiques ou administratives. Alors oui, on peut légitimement penser que, sans être réfléchis ni coordonnés, et donc de manière individuelle plutôt crapuleux, ces délits en masse constitus aussi une révolte débouchant sur une réelle prise en compte. La violence utile à la compréhension n'en est pas pour autant acceptable mais, en l'occurence, elle débouche sur de réelles avancées à commencer par la reconnaissance, au plus haut niveau, d'une certaine passivité de l'Etat à l'égard de situations délictuelles: racisme à l'embauche ou au logement ou encore non-respect d'un engagement pour les 20 % de logement sociaux.

Ne peut-on pas croire que l'exclusion d'une partie de la population des cent jours de Villepin ait conduit cette même population à commettre les trois mois de Sarkozy. On peut être non-violent et reconnaître qu'après coup, l'avenir des quartiers, tout en restant précaire par la fragilité des engagements, prend au moins une direction nouvelle. Pour le choix des mots dont il est tant question pensons aux différences entre: émeutes, violences et ... révolte. La légitimité ne s'obtient pas par les coups mais par les ... Révolutions.

ml

samedi, 12 novembre 2005

Vie

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En revenant de là-bas, je suis fatigué, épuisé de m’être autant éloigné de moi.

Sans comprendre je m’assoie, tout près, juste à coté de là où j’avais été.

Alors je te parle, avec des mots courts, quelques lettres, à peine.

Je veux te dire ce que j’ai vu, sans que tu puisses l’imaginer.

Te décrire le peu, l’invisible mouvement que j’ai suivi, envahissant et proche.

Franchir le chiant de la vie, le pénible et le précoce, la limite invivable.

Que tu comprennes qu’il faut, sans attendre, se blesser au matin.

Se couper un peu plus, couler un peu plus, sentir un peu plus. 

Survenir de là où seul un cri émeut et s’affaiblir pour craindre.  

Puis je continue, j’ajoute quelques détails évasifs, quelques signes évadés.

Puis j’arrête, je cesse de parler, soulagé d’avoir à peine murmuré.

En moi je crie, tout au fond, loin dans mon ventre, loin derrière la peau.

Tu ne bouges pas, rien d’autre qu’un peu d’air qui rentre et qui sort.

Avaler cet air, avaler ton air, le garder un peu, le respirer et cracher.

Ne rien dire puisque je ne sais pas, ne rien disperser de plus, recracher.

Avancer un doigt, revenu lui aussi du bout de mon bras, le poser, appuyer.

Tu ne cesses pas, je propulse encore des mots, je précise à peine.

Figée d’un sourire, tu attends ma mélodie mélancolique et cyclique.

Rien ne t’amuse plus que ces minutes, lasses et indécentes où je suis.

Retour de là-bas à la lumière rampante, sous l’amicale éclairage de ton visage.  

Quelques mots viennent encore pour te vibrer d’images imprégnées.

Alors j’investis l’obligatoire silence, celui qui restera le moment d’après.

Puis tu parles, d’un trait, et dans le bruit de tes mots je reçois.

Tu continues encore, d’autres phrases se délassent, je présume.

Je t’écoute, je t’écoute et je m’essouffle, je t’écoute et je m’endors.

J.B.

medium_dscn1090.jpgRien que pour ça, s’écraser là, manger la méthode et lier le lent, s’épanouir et se blesser, s’envahir et casser, mettre le mot debout, se soumettre, commettre le geste et la phrase indigeste, ridicule ouverture de quelques impasses, se laisser passer et négliger l’abcès, ne rien opposer et s’infiltrer, sans influence, dans le brut et le sens, tout peser de silence au bout de la pensée, miniature de vie à l’allure de l’oubli, limite de l’évidence et présence impliquée, sans déposer la peau ni l’intimité, sans reproduire le faux et l’impunité, ne rien dépasser de l’après, n’apaiser que l’enjoué, ni le mieux, ni le peu, rien d’autre que respirer.

Julien Brousse

Tu

Tu ouvriras ta main,

Tu seras le mot,medium_photo_174.jpg

Tu donneras un lien,

Tu baiseras ma peau,

Tu ouvriras les yeux,

Tu poseras ton air,

Tu suivras le creux,

Tu t’étendras vers,

Tu souffleras le sel,

Tu verras l’espèce,

Tu toucheras celle,

Tu seras sans cesse,

Tu t’apaiseras là,

Tu écriras le vide,

Tu diras pourquoi,

Tu concéderas une ride.

 

Julien Brousse

Maintenant

medium_photo_033.jpgJe mange parce qu’il le faut, j’aime quand j’y pense, je vis puisque je suis né et je m’assois souvent le cul sur le sol, plus près d’en dessous, pour attendre un peu, voir le peu qui apparaît et m’absorbe.

Je regarde et je palpe l’hostilité ambiante et vivace. Je conçois si peu, dans le méticuleux réveil, dans la longueur, dans le jour épais. Je regrette par habitude, je ris du bruit et du son sinueux des mots, des touches impartiales, du message invariable et fini.

Assis près du bas je ne tombe pas et je regarde en accompagnant les départs. Je perçois sans plus les rires de ceux qui s’appuient, qui s’endorment en douceur, en laissant partir un peu, en laissant la symbolique pleurer dans son coin.

Alors je suis bien puisqu’il convient de l’être, je m’adresse au sol rugueux et couvert de millimètres, je lui parle longtemps, des idées nobles écrites autour, des messages minables et sublimes, des matins acrobatiques et des théories épiques.

J’abreuve le bol de l’imposteur, je me nourrie de peu tout en charmant la langue, en abaissant le sens au plus près du malaise, juste pour mûrir sans regret et vieillir dans la sagesse des cadavres.

Un miracle se fout de ma gueule tranquillement, sûr de sa distance et de sa finesse nécessaire. Rien ne nous sépare sauf l’existence, rien de plus.

Julien Brousse

Etat

medium_dscn1091.jpg

Puisqu’il faut subvenir à l’outrance et se baigner d’aigreur,

S’emballer en souriant jusqu’au bord de l’heure,

Sans ménager, sans avaler, en sachant devenir.

Celui qui subie un dernier souvenir.

Même comme un retour, comme un simple signe,

Comme avancer sans lécher les lignes,

Sans se vêtir de restes et d’insipides morsures,

Juste ouvrir un peu plus les quelques fêlures.

Julien Brousse

mardi, 08 novembre 2005

Etat de siège ou l'absurde Renaudot

medium_photo_245.jpgEntre deux fumigènes et un frigo tombé du toit, on ne parle plus de la grippe du poulet. Peut-être du comportement de ce que certains désuets appeleraient les "poulets".

"Mais, qui sont-ils?" nous interroge la presse, "forment-ils l'avant garde violente d'une révolution légitime?" En tous les cas la casse s'affranchie de l'appartenance des vitres qu'elle brise. Le petit frère n'ira pas à l'école - brûlée - le grand frère, lui, hésitera entre le train et les pas pour cause de voiture carbonisée où de bus détruit dans leur parc... Et pendant ce temps là le Goncourt. Voila ce que l'on voit, ça sent le roussie mais ça sent aussi la frustration. Mais comment faire la part des choses entre celui qui casse sans idéaux, celui qui casse par rage ou par ... haine. Et à Paris on remet le Fémina. Des enfants abandonnés, tisons dans les mains....Au delà des sombres éditoriaux l'Etat rameute la 1955, oui, on a bien entendu: le couvre feu. N'est-ce pas là pourtant le meilleur moyen de l'attiser ce feu. Ne sacralise t-il pas une victoire de la casse? La République revient d'un seul coup dans des quartiers qui n'ont jamais cessé, eux, d'être habités. Alors, le couvre feu n'est-il pas une suite logique, voir pathétique, de ce réinvestissement soudain. Un contre feu pour ne pas avoir vu sous le feu ce qui couve, et, si c'est trop tard, réprimer la violence de manière "normale". La marginalisation c'est aussi la loi d'exception. Elle confirme, insinue, démontre le fossé des esplanades de bitumes aux velours littéraires. La possibilité d'une île, c'est aussi l'apprivoiser...

ml

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