lundi, 15 mai 2006
Histoire 2
Histoire 2
Comment t’écrire que je t’aime, que je m’approche de toi parfois, juste pour t’effleurer.Comment t’écrire que j’absorbe toujours plus ton être, que je te pense à chaque mot.
Comment t’écrire mes doigts tremblant de ta vie, de ton souffle transparent.
Comment t’écrire que nous sommes toi et moi si loin de tout, de chaque absence.
Comment t’écrire que le temps me rapproche toujours au plus près de toi, de l’unique nous.
Comment t’écrire que les jours s’ennuient parfois au-delà du présent, de la répétition fatiguée.
Comment t’écrire la disparition organisée du quotidien, la limite infime qui nous bascule.
Comment t’écrire les espaces pessimistes, les signes indignes qui s’immiscent.
Comment t’écrire les regards évidents qui évitent le choix, qui frôlent parfois le rien.
Comment t’écrire que tu t’éloignes dans le temps sans bruit, que je le sais depuis peu.
Comment t’écrire que je m’approche de l’absent, que je le deviens et l’attends.
Comment t’écrire les restes de toi que je compte encore un peu, que j’avale en crachant.
Comment t’écrire les visages qui se multiplient et le désir envahissant de toi disparu.
Comment t’écrire que tu partiras puisque je ne sais pas le faire, que je t’attends partie.
Comment t’écrire que je répète toujours les mots de toi, de ton départ venu trop tard.
Comment t’écrire les passages lents du vide, que l’absence occupe tant de place.
Comment t’écrire le rythme d’une journée sans toi, sans le silence entre tes mots.
Comment t’écrire l’imaginaire intense de toi sur mon corps, que je vie encore.
Comment t’écrire la disparition paisible et certaine de toute image, de l’avant.
Comment t’écrire la simplicité de l’oubli.
JB23:05 Publié dans - Julien Brousse, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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