jeudi, 25 mai 2006

Habéas corpus en nuit forme mon scandale

Tu viens me voir et c’est déjà un scandale. A la façon d’une petite truie je t’ai imaginé à mon regard. Quand je te voyais, avant de pouvoir imaginer posséder ton corps, comme un fantasme humide. Las, encore, pour quelques secondes avant que nos corps ne se froissent. Il arrivera le moment où nous le diront. Ou l’un de nous, sûrement en usant d’une haute sémantique, interdira à l’autre le rivage de nos ports. N’est pas Pedro Almodovar qui veut, pas même en doublure. Tu as fini de m’adresser un regard de Jupiter anxieuse. Comme je te déteste déjà de savoir qu’après la nuit je serais incapable de t’aimer. Je devrais vivre seul,  l’appétit, fut-il sexuel, n’implique que subsidiairement la compagnie. En semblant de poète j’évite à ton écoute des pensées graveleuses qui me traversent. Je suis tellement lâche.

A ta façon de me deviner faussement je te présenterai bien ce que tu ne vois pas flotter en mon esprit, ce que je fais honte à ton corps. Comment je transforme le mien en taureau bestial triomphant. J’aime pourtant ta tendresse, mais d’une manière ridicule, égoïste, et peut-être hautaine. Je ne t’appellerai jamais ma petite truie, tu ne le seras donc jamais.

 

ml

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