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lundi, 26 mars 2007
Six heures
Dans la pénombre, je crois encore entendre un murmure. Petite voix qui grésille, tu titubes. Rien d'autre en fait que tes yeux fixes. Noir. Embués dans ton silence. Appels, au confin de l'imaginaire. Solution pour te faire mourir. S'éteindre, arrêter de voir. Arrêter de te voir, je les entends déjà sur les bancs de chaines.
Las, juste un fond de vie au fond de ces yeux là. Position clairicale, facile. Intengible bastion de ceux qui prêchent le sacerdoce absolu. S'attendre mourir. Encore, le soleil perçe maintenant au creux de la chambre. Six heure, tu as sans doute perdu à tout jamais ces notions que ceux qui nous jugerons guident encore.
Scandale, battemements de paupières et yeux ouverts qui signifient pour toi, je veux dire légalement, le droit de souffrir pour ce qui doit te paraître une éternité. Ton éternité. Cloches suisses, Mairies belges, droits d'ailleurs qui hantes des nuits que tu n'as plus. Tu n'as plus rien du tout d'ailleurs.
Ma petite pénitence, ombre blanche. Deuil irréel. Tu attends en vain que le soleil se couche. Il y a un ailleurs, un autre part. Juste une infime tension entre ton regard vide et le mien. La honte tu ne connais plus, l'humiliation tu ne connais plus. Il ne nous reste, ma chère, que deux existences. C'est moi qui regarde toi en train de ne pas mourir et toi qui rien du tout.
Il est sept heures. Je pars. Je pleures, il ne te restes même pas ça.
Plus tard,
encore un matin jaune et bleu. Rien à voir pour tes yeux, là. Ils sont trop fragiles, trops faibles. La chambre est ton habitude. Celle que je te propose. Aujourd'hui je change l'abat-jour. Attention folle, je construit du peut-être ... à ton corps défendant?
Tu me dis qu'il est des jours qui sont trop pâles, qui peinent à fuir vers leurs ombres. Télépathe, sans "s" peut-être. Nos rites, ceux qui nous appartiennent. Ou bien je suis seul, et toi aussi. Ta veste est posée là depuis si longtemps. C'est toi qui l'a repassée, tu le sais. Bienséance tranquille, ma petite cendrillon. J'ai bien pensé à un chien: trop dangereux, à la mer: trop chaud, un oiseau peut-être, trop sale...
Je vais te laisser quelques heures. Il est sept heures, tu ne trembles pas sous ton armure.
ml
13:35 Publié dans - M L , De vous à nous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note